LES ANNEES 30

PrÈfiguration ou antithËse des annÈes 90 ? Morceaux choisis et commentaires 1. Introductions Beaucoup de visions pas mauvaises du tout: rend l'optimisme aux prÈvisionistes et prospectivistes! La guerre a-t-il apportÈ le progrËs scientifique? Non - tÈlÈvision - automobile/aviation (ý rÈaction?* ?) - calculateur (Zuse) et mÈcanographie en gÈnÈral - organisation (jusqu'au taylorisme des camps) 1.1. L'enthousiasme Èpoque intÈressante en soi-mÍme grand dynamisme, fascination ne manquent pas d'optimisme souvent (Aisberg, mais aussi Dautry ou PonthiËre, au moins dans certains passage). rÈsultats positifs du taylorisme (dÈbat du dÈbut du siËcle, qui a portÈ ses fruits inconstestables) "Une crise? ... Non: le passage ý une nouvelle civilisation [Duboin 35] "Il semble y avoir trop de blÈ, trop de vin, trop de betteraves, trop de bÈtail, trop de chaussures, trop de tissus,trop d'automobiles, trop d'appartements ý louer. Pareille abondance de richesses devrait nous rÈjouir, et cepenant les magazins ont de moins en oins d'acheteurs, les industriels moins de comans, chacun se plaint de vior diminuer les moyens financiers dont ils dipose." "Le bon saute aux yeux, et il a de tous cÙtÈs ses innombrables thurifÈraires. C'est une diminution trËs sensible, presque une disparition de la misËre: j'entends la mise profonde et qui n'a pas honte de se montrer. Ceux qui ne trouvent pas de travail, ceux que la maladie ou la vieillesse atteignent sont secourus. Le confort s'est accru chez ceux qui ne le connaissaient guËre. Le nombre des taudis a ÈtÈ rÈduit. L'hygiËne s'amÈliore. On tue un peu moins de tout petits par ignorance. Des satisfactions inconnues ont ÈtÈ crÈÈes par l'extension rapide du tÈlÈphone, de la TSF, de l'auto, de l'avion, du cinÈma, voire du gramophone et du piano mÈcanique. On parle beaucoup plus de paux universelle et de justice absolue et l'on tente des efforts louables pour les rÈaliser: des efforts qui apportent dÈjý ý eux seuls une satisfaction mystique. La rÈpartition des peuples s'est faite un peu plus suivant le dÈsir des majoritÈs. Certaines contraintes ont ÈtÈ abolies, comme celles qui assujettissaient l'Alsace, la Pologne l'Irlande, etc., etc." [De Launay] "Ainsi se construisent parallËlement, avec la mÍme morgue audacieuse, des floraisons de cathÈdrales qui se nomment sorbonnes, centrales Èlectriques, offices de l'azote, facultÈs de mÈdecine, etc. " [De Launay] "L'Èpoque actuelle est donc avant tout... celle o˜, avec une rapiditÈ prodiieuse, les engins de transport mÈcaniques se sont substituÈs aux chevaux, o˜ les avions ont commencÈ ý se faire leur place, o˜ le monde entier a cru nÈcessaire de se relier par T.S.F. au xpostes de la Tour Eiffel, de Langenbreg ou de Daventry, o˜ le cinÈma a tuÈ le thÈ’tre, o˜ ont sÈvi la crise des domestiques et celle des logements. Ajoutez, dans nos logis, la gÈnÈralisation de l'Èclairage Èlectrique, du chauffage central, du tÈlÈphone et des ascenseurs qui sont dÈjý des vieilleries" [De Launay] 1.2. La crise Finis les grand enthousiasmes fusionnels de l'aprËs guerre - unificaion du monde (Ferrero) - SDN - chambre bleu horizon "L'atmosphËre est de plus en plus troublÈe. Le dÈsarroi des esprits, la confusion des idÈes, la crise morale, la crise Èconomique ont produit leurs consÈquences" (Le dud de guise, en rÈface de [Henri]). "Les phÈnomËnes lamentables qui se dÈroulent devant nous epuis vingt ans ne constituent pas, comme beaucoup le croient rop, une crise passagËre dont un peu de patience nous tirera" [De Launay] "Le monde a entiËremet perdu son Èquilibre parce qu'on a upprimÈ ses point d'appui anciens sans lui en fournir de ouveaux" [De Launay] "L'homme du vingtiËme siËcle, comme celui du moyen ’ge, abite une maison close aux murs faits de certitudes sans 'inquiÈtuer d'aller regarder dans les caves si sa tour de Babel e repose pas sur le nÈant" [De Launay] "Entre tous les habits que nous avons perdus, celui qui nous anque peut-Ítre le plus est le sens et le respect de la Loi" [De Launay] "C'est pour avoir refusÈ de s'abaisser ý hauteur d'homme, au niveau du rÈel, que notre culture se dÈfait. ImmortalitÈ acadÈmique (1), faux sublime officil, envolÈes ý la gloire d'un Descartes symbolique, on renonce ý la comparaison trop belle du vole d'Icare. Il suffira de dire tout simplement que la culture, faute de s'Ítre montrÈe "ý la hauteur" d'une t’che humaine a voulu se hisser au sublime, o˜ le siËcle bien trop heureux d'Ítre dÈbarassÈ de son contrÙle, la laisse poliment dÈpÈrir, en attendant de lui b’tir un mausolÈe (2)" (1) "Maigre immortalitÈ noire et dorÈe. Consolatrice affreusement laurÈe", Paul ValÈrie, de l'AcadÈmie franÁaise" (2) N'a-t-on pas proposÈ dÈjý l'Èrection d'un "Palais de l'Esprit" au centre de l'Expositino de 1937? On se demande non sans angoisse ce que ces messieurs comptent y mettre... [Rougemont 36] 1.3. Comparaisons et aujourd'hui, allons-nous vers une nouvelle guerre diffÈrences: pyramide des ages tueries de 14/18 durÈe de 20 ans entre 18/38 de 50 ans entre 44/94 la grande perte de la guerre y compris perte de mÈmoire ni GÈlinier ni MÈlËse ne citent Carmille ou PonthiËre (mais Lussato, sans doute) ý peine Taylor pourtant les firmes survivent jusqu'aux annÈes 70 la science, ý la fois base des technologie, mais modËle pour a conception des entreprises [PonthiËre], la philosophie Bergson] l'ONU marche beaucoup mieux que la SDN L'Islam ý l'Èpoque n'est guËre une force. On craindrait plutÙt un pÈril noir (africain mais aussi amÈricain) actuellement, dÈveloppement de la propriÈtÈ privÈe (qui s'est notamment faite par le biais du logement) 2. La nature et les sciences "L'homme moderne -en tant qu'il rÈflÈchit, calcule et prÈvoit- vit et meurt de la logique." [De Launay] "L'homme a un extraordinaire besoin d'affirmations et de certitudes. Il lui faut des catÈchismes o˜ toutes les questions trouvent leur rÈponse imprimÈe d'avance. Ces rÈponses qu'il demandait jadis aux religions, il les exie aujourd'hui de la science avec la mÍme conviction de les obtenir. Il n'admet pas qu'elle les refue, qu'elle hÈsite ou qu'elle diffËre. Au besoin, si elle ne le satisfait pas assez vite, il court chez le charlatan qui tient la boutique voisine" [De Launay] "La grande prÈtention moderne est d'introduire ý toute force la science lý o˜ elle ne devrait tout au moins intervenir qu'avec une extrÍme prudence, dans la littÈrature, dans l'art, dans le philosophie, dans la politique" [De Launay] "Le rÈalisme d'un Zola, le cubisme et le pointillisme, la thÈorie des milieux d'un Taine, l'Èvolution littÈraire d'un BrunetiËre, le comtisme, le marxisme sont des essais dÈjý anciens pour ramener toutes les opÈrtions de l'esprit, tous les raffinements du sentimet et du gošt sur le plan unique de la science. Cela donne facilement un air sÈrieux ý une fantaisie. On veut admirer chez les Grecs, non l'instinct gÈnil qui leur a fit trouver le secret des lignes harmonieuses, mais la codifiction que l'on peut en donner par l'algËbre. On n'est satisfait que l'orsqu'on a rÈussi ý mettre le ParthÈnon en Èquations et ý reproduire automatiquesmnet la Sonate pathÈtique par un agencement de mÈcanismes sans intervention nouvelle de l'esprit humain: donc sans initiative et sans beaut" [De Launay] 2.0. Les mathÈmatiques Le ver dans le fruit, la moisissure qui peut faire pourrir le grain pour lui apporter une nouvelle fÈconditÈ s'attache ý un grand nom de la logique formelle: Kurt G–del. Bien que son travail fondamental remonte ý 1930, il est restÈ largement ignorÈ des scientifiques et tout particuliËrement des mathÈmaticiens franÁais jusqu'ý ces derniers annÈes. Certes on en trouvait trace dans des compilations comme le tome "Logique et connaissance..." de la PlÈÔade. Plus rÈcemment, Hofstadter a fait un best-seller de son "G–del, Escher, Bach". Mais on en reste au niveau des conversations de salon, au jeu classique des paradoxes qui permettent, le temps d'un cafÈ, de sortir un peu du travail sÈrieux du mathÈmaticien ou de l'ingÈnieur. La vague g–delienne monte pourtant rÈguliËrement. En France, deux livres lui ont rÈcemment ÈtÈ consacrÈs. D'abord "Kurt G–del" de Hao Wang (Armand Colin, 1987), compagnon de G–del et d'Einstein. Puis "Le thÈorËme de G–del" qui comprend une traduction de l'article fondamental de 1931, et des textes d'Ernest Nagel, James Newman et Jean-Yves Girard (Seuil, 1989), reprenant et complÈtant le "G–del's Proof" de Nagel et Newman, 1958... trente ans de retard!). Pourquoi une aussi longue tenue ý l'Ècart, en France tout particulirËrement, d'un penseur pourtant important, dont l'article fondamental secoua le monde de la logique et des mathÈmatiques dans les annÈes 30? Un mathÈmaticien anglais, A.R.D. Mathias vient de consacrer un passionnant article ý cette question: "The Ignorance of Bourbaki" (The Mathematical Intelligencer, no3, 1992). Cette Ècole de pensÈe a en effet fortement marquÈ les mathÈmatiques franÁaises. Or elle a, dÈlibÈrÈment semble-t-il, fait pratiquement comme si G–del n'existait pas, comme s'il n'avait pas prouvÈ que la construction d'une mathÈmatique complËtement cohÈrence, projetÈe par Hilbert, Ètait fondamentalement impossible. Parmi les raisons possibles , Mathias relËve la possibilitÈ d'un certain chauvinisme franÁais, qui rappelle, notamment, la rÈsistance aux idÈes de Leibnitz sur les infinitÈsimaux, rÈsistance influencÈe par Descartes. De mÍme, PoincarÈ a longtemps traitÈ par la dÈrision les travux de Cantor et Russell. Il note aussi le tribut payÈ par les logiciens franÁais aux deux guerres mondiales (notamment CavaillËs et Lautman, fusillÈs en 1944 pour faits de rÈsistance). Enfin, il insiste sur la co-existence de sensibilitÈs diffÈrentes en mathÈmatiques: algËbre et gÈomÈtrie surtout, correspondant ý l'opposition maintenant classique entre les deux hÈmisphËres cÈrÈbraux. On pourrait y ajouter une raison en fait toute positive: l'extraordinaire fÈconditÈ des mathÈmatiques au cours des derniËres dÈcennies. Selon Marcel Berger (directeur de l'Institut des hautes Ètudes scientifiques, le Princeton franÁais, o˜ rÈside notamment RenÈ Thom), les mathÈmatiques ont produit plus de rÈsultats importants pendant les quarante derniËres annÈes que pendant toute la pÈriode prÈcÈdente, depuis l'origine de l'humanitÈ. La richesse des champs ý explorer et l'intÈrÍt des rÈsultats obtenus pour la science et de lý pour la technologie et notre vie de tous les jours, expliquent pour une bonne part le mÈdiocre intÈrÍt portÈ aux limites de la logique et de la formalisation. Des limites trop lointaines pour les dÈtourner de leurs constructions actuelles. Pourtant, Ècrit Mathias, "Je crois que ces questions sont importantes, car le groupe Bourbaki a eu une grande influence. Je ne conteste pas la valeur positive de leur livre, ni l'ampleur de de leurs rÈussites. Mais je suggËre que leur attitude vis ý vis de la logique et de la thÈorie des ensembles, qu'ils ont transmise aux jeunes gÈnÈrations de mathÈmaticiens, est f’cheuse, car elle empÍche certaines perceptions revigorantes de la nature des mathÈmatiques". 2.1. MinÈraux Chimie minÈrale: HydrogËne lourd, radioactivitÈ artificielle, le neutron, la fission de l'atome (notamment de l'uranium et du plutonium) le mÈson La nature continue ý l'occasion d'imposer sa loi: tremblement de terre en Inde, 50 000 morts 2.2. VÈgÈtaux Premiers examens biologiques au microscope Èlectronique Cristallisation du virus du tabac Productions vÈgÈtales: 1935. Production de biËre: Allemagne 50 MHl (70 MHl en 1911), Grande Bretagne 35 M (contre 61 en 1899) (bcp de chifrfes sur la biËre ý ces Èpoques dans [Clementel]) 1935(vers). Le rendement moyen en France pour le blÈ est de 17 ý 18 hectolitres ý l'hectare, atteint ý peine 10 hectolitres dans les causses du midi. 2.3. Animaux France: environ 300 000 anes Beurre: USA 800 000 tonnes, Canada 120 Danemark 160, Fraance 150 Angleterre 150 Pays Bas 120 Australie 170 Nouvelle ZÈlande 120, Argentine 50. En France 30% de la production de lait est transformÈe en beurre Un demi milliard de bovidÈs dans le monde. 145 millions aux Indes anglaises, surtout pour la traction. USA 65 M, BrÈsil 34 M, Argentine 28, France 13,5. 2.4. Sciences de l'homme ProgrËs de la prÈhistoire. Breuil, Teilhard, mais aussi les anglo-saxons 1932. G.E. Lewis: le ramapithËque 1936. Robert Broom dÈcouvre des cr’nes ý Sterkfontein (Afrique du Sud). 3. Les technologies 3.1. Technologies de base La mÈcanique L'ÈlectricitÈ Les ondes hertziennes "Depuis deux siËcles, la disparition des corporations, la dÈcouverte de Watt et les chemins de fer ont transformÈ la structure de l'Èconomie franÁaise" [Henri] "Deux notions empruntÈes ý la mÈcanique dominent le monde moderne: la vitesse et la masse" [De Launay] 3.1.1. La copie copie mÈcanique, manifold, dÈcalque (systËme ý liasses carbonÈes diffÈrenciÈes, sera encore largement utilisÈ dans les annÈes 60) Surtout basÈ sur le carbone, mais [PonthiËre] voit venir la photocopie: "Il existe des appariels photographiques de bureau qui donnent trËs rpidement et presque automatiquement des Èpreuves de tout document. On les utiliser pour reproduire en plusieurs exemplaires une lettre reÁue qui intÈresse plusieurs services. Ils touvent uassi un large emploi dan sles bnques pour la copie des comptes. Il y a lý tout un riche ensemble de techniques qui dÈcoulent toutes du me^me principe et ont permis la suppression du lent et cošteux travail de copie dans les bureaux modernes" 3.2. Transports. "Le premier de ces besoins est... celui du dÈplacement, de la vitesse; on veut ý tout tout prix Èliminer l'espace et le temps qui, cependant, donnent seuls quelque intÈrÍt au monde extÈrieur en manifestant sa variÈtÈ. Je ne coris ps qu'ý aucune Èpoque l'homme ait ÈprouvÈ un tel besoin de remuer pourremuer, indpendament de toute raison d'affaire ou de plaisir" [De Launay] "L'excËs de capacitÈ des moyens de transport actuels, du vieillissement du chemin de fer, du dÈsordre dans lequel se fait l'investissement de capitaux publics et privÈs pour la crÈation et l'emploi des moyens de transport". [Dautry] 3.2.1. Route "L'automobile a pris, dans les derniËre annes, une extraordinaire importante. Elle est l'une des trËs rares marchandises dont le prix ait sensiblement baissÈ depuis la guerre". [Dautry] "Beaucoup d'automobilistes sont prÈoccupÈs de la gÍne et du danger que le poids lourd ý grande bitesse prÈsentera bientÙt sur nos route, surout dans les contrÈes touristiques" [Dautry] La traction avant apparue depuis quelques annÈes. La 2Cv dans les cartons de CitroÎn. L'exode tÈmoigne de la montÈe automobile. Encore largement rÈservÈe aux classes aisÈes Quelques autoroutes (autostrades en Allemagne et en Italie) Premiers parcmËtres SinistralitÈ accidents 3.2.2. Fer. L'autorail "une solution parfaite qeu nous appliqueront, je l'espËre, en 1933" [Dautry] "Le container peut transformer la vie du rail et de la route" [Dautry] RÈseau total (1934-5) 42 000 km. 2000 ÈlectrifiÈs CrÈation de la SNCF (1938) "Le fait actuel (en 1931) est leur dÈficit" [Dautry]. Et toute une argumentation. complÈmentaritÈ route trois pÈriodes - 1842-57. construction des grandes artËres nationales, attteingnt 7500 km. rÈsultats finnciers satisfaisants - 1857-83. on achËve les lignes principales et on entreprerend les lignes moyennes, moins avantageux, mais encore grËs bon - ý partir de 1880, plan Feycinet. extension ý toutes les sous-prÈfectures - la route fut tuÈe et les chemins de fer eurent le monopole absolu des transports - le prix de revient des transports ferroviaires augmenta considÈrabement "En 1932, l'automobile se trouve, par la nÈgligence des rÈseaux qui l'ont dÈdaignÈe et des pouvoirs poublics qui ne l'ont pas susbtituÈe au rail, Ítre un terrible adversaire du rail". [Dautry] "Autocars et camions n'ont pas de mal ý ÈcrÍmer le trafic des grandes lignes et ý enlever celui des voies secnodaires" (en raison de l'inustice des contraintes et du fisc. 3.2.3. Mer. Le Normandie a bršlÈ Electronique de bord: radio de rËgle sur les navires 3.2.4. Air. TurborÈacteur (Whittle, 1937), avion ý raction (Heinkel, 1939), hÈlicoptËre (Sikorsky, 1939) "Actuellement, l'industrie aÈronautique est surtout une industrie de guerre. TrËs modeste en 1914, elle a crš trËs vite au cours des hotilitÈs...La production atteint une moyenne de 2000 appareils par an, dont les trois quarts sont destinÈs aux services de l'armÈe.[Clementel] "Dans l'ensemble et en 1931, les transports aÈriens ont trËs peu souffert de la crise". [Dauthier] mais "Je ne pense pas qu'il existe d'entrprises aÈriennes qui ne soient pas dÈficitaires, saur la Scadta..." Le rÈseau aÈrien franÁais comprent plus de 10 000 km de lignes, surtout internationales. 4 Cies: Cie Gle Entreprises aÈronautiques, Cie Intle de Navigation aÈrienne, Air-Union, StÈ Gle des Transporta aÈriens(anciennement Farman) [Clementel] 3.3. Technologies militaires Importance de l'arme aÈrienne ý partir de 1935 [Stehlin]. Le porte-avions. Le char, mais personne n'Ècoute de Gaulle [Stehlin] "MÍme la guerre est conduite par le bureau... Le chef de guerre se tient maintenant bien loin derriËre la bataille en quelque maison calme. Ses yeux ne voient rien de ce qui se passe, c'est le papier qui le renseigne. .... Quand un officier a prouvÈ sa valeur de chef, on lui enlËve son sabre et son revolver, on lui remet un porte-plume, on en fait un homme de bureau" [PonthiËre] 3.4. MÈdecine, technologies domestiques Vie quoditienne: le rasoir Èlectrique, le nylon Blanchisserie automatique MÈdecine: sulfamides, cortisone, facteur RhÈsus L'Alka-Seltzer J.L. Moreno: concept de "psychothÈrapie de groupe" 4. Technologies de l'information. "Le dÈveloppement des bureaux a provoquÈ la mÈcanisation de leur travail. Depuis une cinquantaine d'annÈes, il ne se passe pas de mois que les inventeurs et les industriels ne mettent en vente un nouvel instrument, une nouvelle machine, ou n'apportent n perfectionnement ý un instrument dÈjý existant" [PonthiËre] 4.0. Le bureau mobilier, bois, acier tables, "La table de travail a beaucoup ÈvoluÈ depuis ses origines. n a d'abord utilisÈ l'espace libre au-dessous de son plan rincipal en la munissant de tiroirs qui, disposÈs d'abord horizontalemen, sur une faible hauteur, on peut ý peu descendu jsuqu'au sol, laissnat seulement la place nÈcessaire aux jambes du travaillerur. Cette multiplication des tiroirs est une grande commoditÈ, puisqu'lle permet de ranger ý portÈe de main la plupart des instrumetns de travial courant et d'Èviter ainsi les dÈplacements" [Ponthiere] chaises, siËge de dactylo, hauteur ajustable, tournant, repose-pieds "On construit des siËges de bureaux dont la hauteur est adaptÈe ý celle des tables, par exemple, chaises et tabourets trËs hatus pour comtpbles et dessinateurs. Des chises de hauteur ajustable sont ý recommander" [PonthiËre] bibliothËques, armoires, vestiaires classeurs papier, carbone, reliures, papier infalsifiable fiche, cavaliers "Le classeent vertical des fiches est assez ancien, il date d'un siËcle et demi, mias c'est seulement depuis trente ou quarante ans qu'il s'est gÈnÈralisÈ dans les bureaux o˜ il opÈrÈ une vÈritable rÈvolution. Il n'y a plus de locaux administratifs o˜ l'on ne trouve des ficheirs et desclasseurs."[Ponthiere] "Leur construction fait chaque jour des progËrs. On les fabrique en diverses matiËres, qui se recommandent par leur prix, par leur soliditÈ, par leur ÈlÈgance. Le dÈveloppement et le roulement des tiroirs se prÍte ý des amÈliortions nombreuses. Ils se prÈsentent parfois sous forme de boites ou de tables creuses dont les variÈtÈs correspondent ý des commoditÈs diverses." [PonthiËre] timbre caoutchouc, dateur, copieur, duplicateur, imprimerie plieuse, ouverture du courrier machine ý adresser machine ý Ècrire "La machine ý Ècrire est, en quelque sorte, la mËre de toute la mÈcanique de bureau. Elle s'est imposÈe par la prÈsentation soignÈe qu'elle donne ý tout document administartif, lisibilitÈ parfite, alignements corrects, clartÈ complËte. Gr’ce ý elle, toute Ècriture devient aussi nette que l'imprimÈ. Elel a Ègalement inroduit au bureau une grande Èconomie en supprimnt les travaux de copie, le papier carbone introduit dans la machine permet d'Ètablir en une seule frappe une dizained'exemplaires d'un me^me document, meÍm si ces exemplaires ne doivent pas tous recevoir toutres les inscriptions du document original" "Les modËles de machines ý Ècrire sont maintenant trËs nombreux. La machine du type courant a ÈtÈ l'objet de cent amÈliorations. Les rouleaux porte-papier peuvent recevoir des parpiers de tous foramts. Des taquets de tabulation facilitent l'Ètablissemnt des tableaux en colonnes. Certaines machines se dÈmontent avec une grande aisance pour les nettoyages et menues rÈpartions. Sur d'atures, les caractËres sont montÈs sur barillets interchangeables et peuvent Ítre instantanÈment remplacÈs par des caractËres et signes ded toutes grandeurs et de toutes formers. D'autres Ècrivent ý palt sur feuilles volantes et livres reliÈs. Plusieurs sont silencieuses ou ne produitsent uqe peu de bruit. Les machines peruvent recevoir des totalisateurs mobiles qui exÈcutent automatique:ent l'addition, voire la soustraction des chiffres inscrits". "Certains modËles sont munis de moteurs Èlectriques qui exÈcutent la frappe dËs qu'une touche est effleurÈe. Les modËles lÈgers et portables se sont beaucoup multipliÈs depuis quelques annÈes". [Ponthiere] (on pourra lire aussi [Laufer]) machine ý dicter, (sur rouleaux de type phonographique stÈnotype (Grandjean) machine ý calculer, comptables "Nous ferons une distinction etnre les machines ý calculer et les machines comptables, quoique ces derniËres fassent aussi les calculs. Nous rÈserverons le nom de machines ý calculer ý celles sur lesquelles on lit le rÈsultat d'une opÈration, ce rÈsultat devant Ítre ensuite transcrit sur un document "Les machines ý calculer exÈcutent aujourd'hui toutes les opÈrations arithmÈtiques, addition, soustraction, multiplication, division, rËgle de trois, extractions de racines, etc. Certaines, dont la fabrication n'a d'ailleurs pas ÈtÈ industrialisÈe, exÈcutent mÍme des calculs algÈbriques". [Ponthiere] "Nous dÈnommerons appareils et machines comptables ceux qui permettent d'inscrire directement sur un document ý la fois des lettres et des chiffres. "Dans ses actes essentiels, la comptabilitÈ consiste ý reporter une opÈration sur plusieurs comptes. Tout dispositif permettnt... d'exÈcuter d'une seule fois au moyen de coarbone l'inscription au journal et les reports aux comptes simplifiera le tarvail comptable et supprimera le risque d'erreur ý la copie."[Ponthiere] timbre caoutchouc, dateur, copieur, duplicateur, imprimerie plieuse, ouverture du courrier machine ý adresser machine ý Ècrire (perfectionnements) machine ý dicter, stÈnotype machine ý calculer, comptables 4.1. Technologie fondamentale, unitÈs centrales Programme enregistrÈ en mÈmoire (Busch, 1931) 1937. Mark I ý Harvard. Aiken 1937. Sommatrice binaire (Stibitz), pour la Bell Telephone 1936-38. Carmille, Zuse (pendant la guerre, calcul sur V1, V2), Couffignal 1940. Georges Stibitz et Samuel Williams conÁoivent (selon Ettighoffer) la premiËre machine ý calculer ÈlectromÈcanique "calculateur ý nombres complexes". Les synchros "La synchronisation consiste essentiellemnet dans la conjugaison d'une ou plusieurs machiens rÈalisÈe de telle faÁon que les diverses fonctions de ces machiens s'effecteuent simultanÈment. C'est ainsi que dans la Synchro-Madas, par exemple, le seul fait de poser un chiffre ou un nombre sur le clavier de la machine ý Ècrire (ou comptble) synchronisÈe avec une machine ý calculer, inscrit ce ce chiffre ou ce nombre simultanÈment :a) sur le document qui se trouve placÈ sur le rouleau de la mchine ý Ècrire; b) dans un ou plusieurs compteurs placÈs sur la macchine; c) et l'enregistre dans la machine ý calculer. "Un nouveau genre de synchronisation vient d'Ítre crÈÈ: la S2lectric. Dns ce nouveau genre de machine, non seulemnt toutes les opÈrations de calcul sont automatisÈes,non seulemnet le nombre de totalisateurs est illimitÈ, mias encore tous les rÈsultats arithmÈtiques s'inscrivent d'eux-mÍmes sur le document ý convectionner ou sur la carte perforÈe par seimple frappe des touches de la machine ý Ècrire". Les ensembles a cartes perforÈes [Carmille]. "La machine ý statistiques est, avec quelques modËles de machiens ý calculer, la merveille du machinisme au bureau" ... "Elle est mÍme un instrument de comptabilitÈ. L'auteur de ce livre avait signalÈ cette particularitÈ dans un article publiÈ Ál y a une douzaine d'annÈes (voir Mon bureau, Aout 1921), mais le sidÈes font lentement leur chemin" "Il y a queqlues centaines d'installations de machiens ý cartes perforÈes en usage en France contre environ 20 000 aux ETats-Unis. Il est nÈcessaire, pour amortir le prix de ces machiens, de les farie tarvailler au maximum et par consÈquent de les appliqeur ý toutes les opÈrations dont elles sont capables. Moyennant quoi leur productigigÈ devient prodigieuse"[Ponthiere] Papier, reliures, fiches Caisses enregistreuses 4.2. PÈriphÈriques MÈmoire ofndametnt sur papier, cire, film capteurs, PremiËre expÈrience du radar (selon DuchÈ) Depuis 1935 au moins, nombreux types de machines ý adresser, machines ý affranchir. Agrafeuses: petits modËles de burau Imprimantes. La facturiËre (Moon de Burroughs) doit dater ý peu prËs de ce moment. Les tabulatrices (tÈmoignage de Carmille)., peut Ítre le TÈlex sont dÈjý bien prÈsents. L'imprimante donc pas complËtement ÈmergÈe des autres fonctions (totalisations de la tabulatrice ou de la Logabax). Pratiquement, ý l'Èpoque, toute la mÈmoire est sur papier, pr Ècriture ou perforation Film: arts gratphiques, intermÈdiaire temporaire, comme le plomb. Cependant, els photographes gardent leurs films. Et les cinÈastes. Le microfilm a ÈtÈ oubliÈ quelques cames et le disque pour le son 4.3. Logiciel 1940. Peirce diffÈrencie: indices, icones, symboles 4.4. DonnÈes 1940. Le manuel technique d'un avion de chasse comprend 1000 pages 4.5. RÈseaux. Mon pËre rappelÈ pour faire radio dans l'armÈe. Mon beau pËre aussi d'ailleurs. Binaire. Morse, tÈlÈgraphe. En septembre 40, tÈlÈ-calcul ý partir d'un tÈlÈscriptuer au Dartmouth College (400 km) Vocal (Sous le titre "Appareils de transmission de la pensÈe") "La plupart des dÈplacemnts autrefois nÈcessitÈs dans les burux par les Èchanges d'avis et de renseignements sont aujourd'hui supprimÈs par le tÈlÈphone privÈ. "Certains tÈlÈphones privÈs permettent les confÈrences entre plusieurs interlocuteurs. D'autres sont mÍme munis de hauts-parleurs. "La correspondance de service ý service peut Ítre Ègalemnet asurÈe par des appareils tÈlÈscripteurs. Un texte "frappÈ" sur un poste d'Èmission est Ècrit par un poste de rÈception. Les messages peuvent Ítre aussi tarnsmis par tube pneumique, qui sont des appareils transporteurs" (il cite aussi des sytËmes aý rail [Ponthiere] Image fixe. Le bÈlinographe dÈjý bien implantÈ [Aisberg] "Le problËme de la transmission de l'image est aujourd'hui trËs vaste; il importait d'observer une classification prÈcise et de bien dÈfinir les propriÈtÈs fondamentales auxquelles font appel les diverses solutions" (Edouard Belin, dans sa prÈface ý [Aisberg]. La transmission des images fixes. Le bÈlinographe. Image animÈe 1930. [Aisberg] 1935. TÈlÈvision aux Etats-Unis. PremiËre Èmission de tÈlÈvision ý la Tour Eiffel 1939. Inauguration de la TÈlÈvision FranÁaise (60 lignes). Servir notamment ý distraire les soldats allemands dans les hÙpitaux LA TELEVISION Le 31 mars dernier, une prÈsentation de la tÈlÈvision franÁaise d'Etat fut organisÈe dans la salle du thÈ’tre des Ambassadeurs. Elle fut prÈcÈdÈe de trois allocutions: la premiËre du ministre des P.T.T., la seconde de M. Jean Perrin, de l'AcadÈmie des Sciences, la derniËre de M. Marcel PrÈvost qui prÈside la section littÈraire du Conseil supÈrieur de Radiodiffusion. Voici le texte de cette derniËre allocution. Monsieur le ministre des P.T.T. et mon cÈlËbre confrËre, le professeur Perrin, ont traitÈ, tous deux, avec une prÈcision et une clartÈ que j'admire, le problËme de la TÈlÈvision franÁaise au point de vue technique comme au point de vue social. De ce cÙtÈ, ils ne m'ont rÈellement laissÈ rien ý dire qui puisse valoir ce qu'ils ont dit. D'autre part, s'il est vrai que, dans un passÈ lointain, j'ai entretenu quelques relations polytechniciennes avec la mathÈmatique et la physique, mon rÙle, ý la radiodiffusion, est aujourd'hui strictement littÈraire, et vous ne serez certes pas ÈtonnÈs qu'aprËs les lumineuses considÈrations savantes et pratiques que vous venez d'entendre, je veuille insister surtout sur le domaine, -comment dire ?- Èmotif et psychologique que la tÈlÈvision est appelÈe ý conquÈrir ý travers le monde. Non seulement en lui procurant un divertissement nouveau, d'une qualitÈ exceptionnelle, analogue par exemple, ý celui qu'a inaugurÈ le cinÈma mais en atteignant l'Ítre humain au delý de ses rÈceptivitÈs physiques et en exerÁant comme une interventio soudaine, magique, au plus profond de sa sensibilitÈ. Toutes les trouvailles de cet ordre, notons le, avaient ÈtÈ rÈalisÈes antÈrieurement, dans un but purement utilitaire: faciliter les Èchanges et, pour cela, rÈduire le temps que la distance oppose ý cette facilitÈ. Pareille rÈduction, l'homme primitif l'a demandÈe d'abord ý l'allure accÈlÈrÈe de sa marche, puis ý la vitesse de sa monture, au vent qui gonfle les voiles. Sa parole avait utilisÈ le porte-voix; il avait allumÈ sur les collines le feu des signaux. Mais, notez-le bien ! ý partir d'une date, dÈjý lointaine, ces rÈalisations n'ont progessÈ que lentement. On peut dire sans paradoxe que Louis XIV n'avait ý sa disposition, dans cet ordre d'idÈes, que le matÈriel et les moyens des rois mÈrovingiens: perfectionnÈs, embellis surtout, mais, au fond, les mÍmes. C'est le XIXe siËcle, surtout dans ses vingt derniËres annÈes, qui amorÁa les prodigieux rÈsultats du prÈsent. Aviation, tÈlÈphone, navigation sous-marine, etc... Tout cela, la fin du XIXe siËcle en lÈgua au XXe non pas seulement l'idÈe, mais une rÈalisation partielle. Au siËcle hÈritier, le nÙtre, Ètait rÈservÈ par le destin un achËvement presque intÈgral. Notre siËcle avait trouvÈ dans l'hÈritage du prÈcÈdent la possibilitÈ d'une communication jugÈe prodigieuse: le texte d'une pensÈe humaine pouvait se transmettre, dans un dÈlai assez rapide, d'un point du globe ý l'autre! Mais dÈjý c'Ètait trop peu pour le gÈnie moderne. La froideur et la concision tÈlÈgraphiques ne suffisaient plus. Dans la littÈrature du passÈ, combien de fois dÈjý l'Ítre humain s'est plaint de ne recevoir la pensÈe des absents que figÈe, glacÈe sur une page ? L'aspiration du monde vers la parole ý distance fut bientÙt trop pressante pour ne pas activer le gÈnie des inventeurs. Un jour vint o˜ non seulement la pensÈe, mais la voix humaine surmontËrent l'espace. Il faut reconnaÓtre que cette rÈalisation fut extraordinairement rapide. Ce qui Ètait de bon augure pour les problËmes encore non rÈsolus. Ceux-ci, la science les attaqua tout aussitÙt. Le premier problËme qu'elle attaqua, je vous prie, chers auditeurs, de considÈrer qu'il Ètait tout ý fait nouveau, profondÈment diffÈrent des autres, vraiment insolite. Les rÈalisations prÈcÈdentes avaient, avant tout, je vous l'ai signalÈ, un objet utilitaire: transmettre ý distance, par la voix mÍme, des informations pratiques. Cela accroissait le bien-Ítre gÈnÈral, facilitait les Èchanges, diminuait le danger des catastrophes: en somme cela amÈliorait les conditions de vie dans la guerre comme dans la paix. Pratiquement, cela suffisait. Un nÈgociant, traitant des affaires au tÈlÈphone, n'a pas un besoin absolu de voir la figure du correspondant. Pareillement, un gÈnÈral qui transmet un ordre aux avant-postes... Et puis... mon Dieu ! accessoirement, la vie sentimentale pouvait profiter de cette communication matÈrielle pour Èchanger... des propos de sentiments, voire d'amour. Entre gens qui s'aiment, c'est dÈjý quelque chose que de s'entendre, si on ne peut se voir. Mais un poËte latin l'a dit dans deux vers cÈlËbres: bien moindre est l'Èmotion transmise par les oreilles qui celle qui atteint les yeux. La tÈlÈvision allait rÈaliser ce miracle. DÈsormais, ainsi que l'oreille entendait, malgrÈ la distance, les yeux, ý travers l'espace immense, verraient. Tout ý l'heure, on vous a expliquÈ clairement l'admirable mÈcanisme de cette rÈalisation. Moi, c'est du point de vue de ses consÈquences intellectuelles et psychologiques que j'ai prÈfÈrÈ vous entretenir. J'insiste d'abord sur ce fait capital: par la tÈlÈvision, c'est la premiËre fois que la science apporte aussi directement ý l'humanitÈ non seulement un divertissement merveilleux, mais un tel pouvoir d'enrichissement de l'esprit et une telle source de joie morale. Je m'explique: Sur le bienfait intellectuel, inutile de discourir. Deux mots suffisent: cette suprÍme dÈcouverte nous annexe l'univers. le sens du mot voyage est changÈ: c'est le monde extÈrieur qui se dÈplace, vient ý nous, s'arrÍte devant nous. Un Ècolier - quand la tÈlÈvision scolaire sera dÈfinitivement accomplie - aura fait plusieurs fois le tour du monde... ý l'’ge de dix ans. Mais ce n'est pas seulement l'esprit humain que la tÈlÈvision Èlargit et enrichit, comme par un effet magique. Elle apporte ý l'humanitÈ une capacitÈ nouvelle de joies morales. Sans vaine sensiblerie, osons dire que, dÈsormais, ce mot "sÈparation" n'aura plus le mÍme sens qu'autrefois. La vue d'une mËre sÈparÈe de son fils ne sera-t-elle pas transfigurÈe si, au cours de la sÈparation, non seulement elle peut entendre la parole de l'absent, mais elle le voit lui parler ? Ne croyez pas, chers auditeurs, que j'exagËre ou que j'anticipe sur un avenir hypothÈtique, et que je prenne des possibilitÈs pour des rÈalisations. DËs ý prÈsent, dans deux grandes villes allemandes, distantes d'environ mille kilomËtres, des cabines publiques de tÈlÈvision sont installÈes, et les interlocuteurs se voient, comme ils s'entendent. On peut donc prÈvoir qu'en France, dans un avenir prochain, on aura chez soi l'appareil tÈlÈvisuel voisinant avec le tÈlÈphone. Et, trËs vite, ce prodige couvrira le monde. Or, c'est vraiment autre chose, j'y insiste, de voir que d'Ècouter. Notre parole humaine se dÈtache, pour ainsi dire, de nous quand nous la confions au tÈlÈphone; mais c'est nous-mÍmes que la tÈlÈvision rendra prÈsents et vivants, ý des milliers de kilomËtres, pour les regards anxieux qui nous cherchent. Voilý pourquoi, chers auditeurs, je vous convie aujourd'hui non seulement ý admirer le cÙtÈ pratique utilitaire instructif ou divertissant de la tÈlÈvision, mais surtout ce qu'elle contient de possibilitÈs et de satisfacions psychiques, ce qu'elle apporte de purement spirituel, de purement idÈal pour accroÓtre le bien-Ítre humain. Non seulement une commoditÈ, une facilitÈ, une distraction, mais une puissance de rÈconfortante Èmotion; osons dire le mot: une puissance de bohneur. L'absence est le plus grand des maux, roucoule l'un de ces deux voyageurs ailÈs qui (nous dit La Fontaine) s'aiment d'amour tendre. Eh bien ! nous cÈlÈbrons aujourd'hui la suprÍme dÈfaite de ce "plus grand des maux". Rendons ý ce propos hommage ý la science. A travers les ’ges, elle a poursuivi sa t’che bienfaisante. D'abord, elle permit ý l'absent d'exprimer instantanÈment sa pensÈe; puis ce fut sa parole... BientÙt, vous tournerez un bouton magique, et l'absent surgira devant vous. Regardez-le: il vous sourit, il vous parle, et les mots (qu'un autre miracle scientifique vous apporte), vous voyez sa bouche les articuler. Mesdames, messieurs (laissant systÈmatiquement ý part le domaine scientifique), j'ai tenu ý vous dÈcouvrir cet autre Èmouvant aspect de la tÈlÈvision, sa force Èlargissante sur notre esprit, son action bienfaisante sur la sensibilitÈ humaine, son rÙle comme instrument d'apaisement moral et de joie. Dernier acte de la science contemporaine, elle vient, aboutissement magnifique, de supprimer "l'absence". Marcel PrÈvost, de l'AcadÈmie FranÁaise. C'Ètait le 31 mars... 1939. Texte paru dans La Revue de France du 1er Mai de la mÍme annÈe. DU CINEMA ET DE LA TSF (Chapitre XXVI de [Simart]) Ces deux crÈations de l'esprit humain que notre gÈnÈration voit s'Èpanouir et s'Ètendre avec quelque effaremnet, sont d'une importance inÈgale quand ý l'Èvolution de l'art. La transmission par ondes, ý distance, des paroles et des mÈlodies, on peut dire qu'elle ne modifie en rien l'essence de la poÈsie et de la musique, pas plus que ne le ferait un procÈdÈ nouveau de gravure ou d'impression. On a multipliÈ les auditeurs, mais leurs oreilles n'ont rien entendu d'inÈdit, du moins jusqu'ici. Tandis que le cinÈmatographe, par les trucs de sa technique, apr la rÈalitÈ du paysage substituÈ au trompe-l'oeil du dÈcor peint, par l'ampleur donnÈe ý l'action et la possibilitÈ de faire leur place aux rÍves les plus fous, aux abstrations les plus symboliques, le cinÈma a permis l'Èdifiction, ý cÙtÈ de l'ancien thÈ’tre, d'un art absolument nouveau, avec ses moyens et son but propres. Mais du point de vue social, les deux inventions quasi simultanÈes concourent ý un rÈsultat commun. Elles partent d'un mÍme principe, qui est de centraliser la production pour la rÈpartir ensuite, principe moderne qui permet d'obtenir mieux ý meilleur marchÈ. Une multitude de petits thÈ’tres ne pouvant donner que de piËtres reprÈsentations remplacÈes par un seul studio gigantesque, armÈ formidablement, affectant une fortune ý la ralisation du rÍve d'un poËte, et qui rÈpand ensuite son impeccable production jusqu'aux moindres bourgades: voilý l'essence du cinÈma, socialemnet parlant. Le morceau de piano tapotÈ naguËre, ý la mÍme heure, dans cinq cent mille salons de France, par la demoiselle de la maison, remplacÈ par l'exÈcution d'une symphonie de Beethoven, avec deux cent cinquante musiciens, en un auditorium central et livrÈ ý tout l'Univers, voilý la T.S.F. Sous cet angle de taylorisation, de communisme, ces nouveautÈs valent d'Ítre considÈrÈes ici, car, de simples amusettes q'uelles furent, les voici devenues vÈritables centrales d'Ènergie, accumulateurs de jouissance et, comme telles, en passe de modifier la structure des sociÈtÈs modernes. Ainsi, on a parlÈ du dÈpeuplemnet des campagnes, de l'urgence d'un retour des hommes ý la terre: question fort grace, prÈoccupation instante, en effet. Les travaux des champs, qui sont les plus directement conditionnÈs par les phÈnomËnes naturels, demeurent toujours les plus pÈnibles, quelques progrËs qui puissent y Ítre apportÈs mÈcaniquemnet. Quand il pleuvre et qi'l faudra rentrer les foins, ý toutes les Èpoques du monde il faudra se mouiller, tandis que le camarade de l'usine aura les pattes au sec. Ces derniËres annÈes, la diffÈrence de traitemnet, de capacitÈ de vie, de confort, Ètait encore aggravÈe par la centralisation urbaine de toutes les distractions, notamment les thÈ’tres, les concerts, les bals. Si l'on y joint la diffÈrence considÈrables qui existait dans le logement et dans l'alimenattion, on n'a point ý chercher ailleurs la raison de la ruÈe des gards campagnards vers les usines de la ville, dËs le sortir du rgiment. Car la question salaire est au second plan; on dÈpense ý la ville en proportion de ce qu'on y gagne et, au bout de l'an, ce n'est pas aux mains du citadin bien payÈ qu'il reste le plus d'argent. Mais au moins, songe-t-il, il a vÈcu, vÈcu une vie amusante, tandis que le rural s'est dÈcrochÈ la m’choire ý bailler, les jambes lasses et l'esprit inactif, sitÙt le soleil tombÈ ý l'horizon. Le cinÈma et la T.S.F. y peuvent-ils quelque chose? Vraiment, ils viennent au bon moment. Le dÈpeuplement des campagnes, nous y remÈdions encore gr’ce aux races prolifiques, italienne ou polonaise, qui essaiemnt par le monde, mais dans quelques dÈcdes, ou dans quelques siËcles, ce pouvait Ítre la catastrohe. Voit-on l'homme mourant de faim faute de sucre, de ris ou de blÈ, au milieu ses admirables mÈcaniques? Le cinÈma et la T.S.F., bien qu'encore dans l'enfance, apportent au village une possibilitÈ de vie nouvelle. DËs aujourd'hui, un grand film qui a coštÈ un demi-milliards, o˜ s'entassent pour la joie des yeux les reconstitutions magiques,les figurations hallucinantes, les plus jolies filles, les plus beaux athlËtes, est ý la portÈe de la petite vachËre aussi bien que du raffinÈ de la capitale. Mieu mÍme: sans bouger de la ferme, le soir venu, les gens du labour s'assemblent sous la grange, et le haut-parleur rÈcipe pour eux les Perses, d'Eschyle, accompagnÈs des bruits de la foule athÈnienne. Si quelque finesse trop hellÈnique leur Èchappe, la grandeur du tragique les pÈnËtre et leur ’me s'en Èmeut profondÈment. Les nouvelles, glanÈes d'un champ de l'Univers ý l'autre, ils les apprennent en mÍme temps que quiconque. Les plus voluptueux airs hawaÔens, le dernier tango de New-York sont pour eux. Enfin, s'ils le veulent, la plus divine harmonie leur est prodiguÈe, et le lendemain matin, menant les bÍtes, le garÁon de ferme siffle machinalemnet du Schubert ou le Printemps de Mendelssohn... Le cinÈma, la T.S.F. ! Plus on pense ý ces deux crÈations humains, moins on se sent le droit d'en parler avec assurance. Il faut Ítre charlatan pour disserter de l'avenir d'un enfant au maillot. que nous donneront ces inventions effarantes? Effarantes pour nous seuls, d'ailleurs, qui nous souvenons d'un tempss o˜ elles n'Ètaient point, car pour nos fils elles font partie intÈgrante de leur vie quotidienne et normale. Ils ne s'en Èmerveillent pas plus que nous, enfants, des chemins de fer et de la lumiËre du gaz, qui pourtant... J'entends dire que, de tous ces progrËs, il pourra sortir beaucoup de mal, qu'ils seront de faciles instruments aux propagandes les plus nÈfastes. On augura autant de l'imprimerie, ý ses dÈbuts. Or, la libertÈ mÍme de la publicvation de la pensÈe a fait qu'un livre annule l'autre et que le public a eu tÙt fait de dÈvelopper son sens critique. Ainsi en sera-t-il, espÈrons le, de la propagande par le film et par la radio-diffusion. DÈjý, le peuple, qui a appris ý se mÈfier, n'avale pas bÈatemnet tout ce qu'on lui prÈsente. Quand un rÈcit est manifestemnt tendancieux, trop bien arrange en faveur d'une cause quelconque, il a un clignemnet d'oeil: c'est du cinÈ! dit-il en crÈant un mot, selon son habitude. L'enseignement ne sera-t-il pas lui-mÍme entraÓnÈ, par ces deux merveilles jumeles, vers des solutions pÈdagogiques plus efficaces que les nÙtres? Tant vaut le pÈdagogue, tant vaut la pÈdagogie, peut-on dire. C'est l'homme, en dÈfinitive, au-dessus de tous les programmes, qui fait les ÈvlËves bien ou mal instruits, bien ou mal orientÈs. Peut-Ítre paraÓtra-t-il judicieux ý nos descendants de diffuser sur tous les Ètudiants d'une rÈgion le cours magistral d'un grand professeur? Et chacun a dÈjý pensÈ ý la rapide ouverture d'esprit que crÈeront chez les bambins les projections cinÈmatographiques, quand, ayant acquis une importance officielle, elles ne seront plus seulemnet un maigre complÈment au cours, nÈgligÈ comme une amusette ou accordÈ comme une rÈcompense. Le cinÈma et la T.S.F. ! Nul n'ešt osÈ en concevoir la croissance ý ce point accÈlÈrÈe. L'industrie du film, non pas dans cent ans mais demain, est la premiËre du globe, par ses milliards investis et ses billions et ses trillions d'argent roulatn. Songez-y, et qu'il y a trente ans rien n'existait de cette fÈerie grandiose, et que c'est un fait nouveau dans l'histoire de l'humanitÈ qu'un divertissemnet prenne le pas sur les bseoins les plus pressants de notre corps. D'ailleurs, il est visible, pour ne parler que de l'art cinÈmatographique, que nous commenÁons ý peine ý deviner ce qu'on en peut tirer. Des premiers films muets, la plupart furent ineptes, en ce qu'ils copiaient platement le thÈ’tre: l'horizon des metteurs en scËne, sauf quelques prÈcurseurs comme MÈliËs, n'allait pas au delý de Rigadin pirouettant dans un dÈcor de salon. Il en est encore ainsi, lors de chaque nouveau perfectionnemnet, dont ne ne comprend pas tout de suite les possibilitÈs qu'il renferme. Etaint-ils asez pauvres et naÔfs et ridicules, les premiers films sonores et parlants ! Et pourtant, cette merveilleuse mise au point permet de mÍler ý l'image des sons harmonisÈs, bruits de nature, bruits de foule, grand cri traversant la scËne tragique comme une ligne de force acoustique! Et la couleur? Au lieu d'ajouter simplemnet du verts aux arbres, ce que notre cerveau faisait sans elle, ne nous incitera-t-elle pas ý composer, hors du dÈveloppement strict de l'intrigue, de vÈritables tableaux animÈs, aux teintes orchestrÈes et vibrant comme une symphonie? Les dessins animÈs et sonores ne sont-ils pas une innovation effarante par quoi l'homme, pour la premiËre fois, s'apparente au DÈmiurge, crÈant une vie plausible ý cours d'irrÈel? Et ce que le gÈnie scientifique de nos frËres et de nos fils dÈcouvrira tantÙt!En vÈritÈ, ý quoi ne pouvons-nous rÍver? En tous cas, tels que sont dÈjý et le cinÈma et la T.S.F., l vie quoditienne des sociÈtÈs peut Ítre bouleversÈe par cette facilitÈ dans la jouissance. C'est peut-Ítre la mort des thÈ’tres, et mÍme de tous les autres Ètablissemnets de spectacldes, le jour o˜ le cinÈma sans fil joint ý la radiotÈlÈphonie nous permettra at home la vision et l'audition d'un spectacle complet. On peut imaginer les consÈquences les plus sÈrieuses comme les plus plaisantes. La T.S.F., ne sera-ce pas la mort des mateurs? la disparition des pianos supportant la partition jaunie de PoËte et Paysan? Sans doute, mais il en rÈsultera un relËvement des Ètudes musicales, car il faudra des virtuoses hors de pair aux auditoriums internationaux. Et les musiciens en acquerront peut-Ítre un prestige grandi, une importance sociale nouvelle, une consÈcration bourgeoise... De ce qu enous apporter demain, nous ne savons rien. A chaque pas qu'il fait vers l'avenir, l'homme dÈcouvre un paysage insoupÁonnÈ. Ses plus sšres prÈvisions, la rÈalitÈ les contrarie. Je disais que le cinÈma tuera le thÈ’tre: rien n'est moins assurÈ. La T.S.F. a-t-elle tuÈ le gramophone? Tout au contraire, elle a Ètendu le nombre des mÈlomanes, elle a donnÈ le gošt, le besoin, la passion de la musique ý des gens qui vivaient sans s'en soucier et ý qui dÈsormais il en faut de toutes les sortes. C'est un fait commercial reconnu que la vente des disques est croissante, et proportionnelle ý la diffusion de la T.S.F. N'en soyons pas ÈtonnÈs. Quant la navigation ý vapeur est nÈe, les marins se rÈvoltËrent, craignant la mort de leur mÈtier; or jamais il n'y eut tant de maris que de nos jours. Et l'imprimerie, qui dut navrer les copistes? Elle a crÈÈ un appÈtit de lecture tel que des millions d'individus sont, sur la surface du lobe, occupÈs ý composer des livres et de journaux qui n'eussent point vu le jour sans Gutenberg. Ainsi le cinÈma a peut-Ítre simplement dÈcupÈ le dÈsir de se distraire. Quelque poupulaire que fšt le thÈ’tre, c'Ètait toujours une ÈvÈnemnt que d'y aller. Il se fallait habiller, et il Ètait prudent de louer ses places. Sauf dans un certain monde d'habituÈs, on de dÈcidait point impromptu de s'y rendre. Tandis que le cinÈma est bon enfant. On contente tout de suite l'envie qui vous prend. C'est devenu une habitude de la vie la plus modeste avec laquelle le budget familial doit compter. < Il est certain que ces sorties frÈquentes, dont la fatigue persiste jusqu'au lendemain soir, ne sont point propices aux jeux conjugaux. On est los, lorsqu'on se couche ý minuit passÈ, las et rassasiÈ. On n'a plus besoin de se distraire ý la faÁon des sim˜ples dont c'Ètait la seule joie. Il n'est pas douteux que Charlot et Mary Pickford ont empÍchÈ vien des enfants de naÓtre. Mais la roue tourne. La musique et les images par les ondes, chez soi, reconstitueront peut-Ítre la famille, que le cafÈ-concert et le cinÈma avaient contribuÈ ý dÈbiliser. Quand, bientÙt sans doute, on pourra tout voir et tout entendre de son fauteur, ou de son lit, on sortira moins de chez soi. Bien que, en vÈritÈ, il manquera toujours aux vrais amateurs le plisir du dÈplacement et le ragošt de l'Èmotion collective. [Simart] 4.6. MÈthodologies A la base, Taylor revu par Fayol. "A la base de cette science de l'organisation harmonique, nous avons placÈ l'oeuvre d'Henri Fayol, la Doctrine administrative" qui a exercÈ en Europe une large et bienfaisante influence. On peut regretter qu'elle se soit prÈsentÈe sous forme de "dcotrine"... une sorte de dogme... "Ce qu'il y a de passionnant dans les Ècrits de Taylonr, c'est le rÈcit vivant de ses travaux, l'exposÈ loyal de la faÁon dont il les a conduits, l'ardent souci de progrËs humain qui s'en dÈgage, mais pour comprendre la philosophie et l'idÈe directrice de son oeuvre, il faut lire le lumineux commentaire qu'en a fait M. Henry Le Chatelier". [Ponthiere] L'organigramme, dÈcrit par PonthiËre, tant comme description de l'organisation (avec la direction gÈnÈrale au sommet, comme il se doit), mais aussi comme description d'un processus (circulation de documents) Objectifs de PonthiËre: "Le bureau doit exÈcuter son travail: a) avec une dÈpense minimum; b)le plus rapidement possible". PonthiËre a une synthËse puissante au tour de son bureau moteur. Eole d'application du Centre de prÈparation aux affaires. Les graphiques, moyen de direction des entreprises [Satet) Une mÈthode pour analyser rapidement une entreprise [Satet] Jean Coutrot: Le systËme nerveux des entrepriss. Delmas Maurice PonthiËre: "Le bureau moteur", Fonction et organisation des bureaux. Delmas InspirÈ de la mÈcanique (mÈcanographie) "Le bureau moteur est dans l'entreprise une piËce de choix, une mÈcanique puissante et prÈcise qu'il faut soigner, choyer, astiqeur et tenir toujours en pleine forme" [PonthiËre] "Fabrique d'idÈes motrices" [PonthiËre] . L'esprit de systËme contestÈ "Tout ce qui tend ý la systÈmatisation de la volontÈ directrice leur paraÓt un abaissement" [PonthiËre] "Quand nous aurons poussÈ au maximum notre savoir expÈrimental, notre intelligence mÈcanique, les systÈmatisations de la pensÈe, nous nous herutons ý des zones de tÈnËbres ý travers lesquelles nous ne pouvons plus nous diriger qu'en faisant appel ý nos intuitions". [PonthiËre] Mais aussi besoin de synthËse: "Une thÈorie gÈnÈrale du bureau et de son activitÈ est indispensable pour l'orientation quotidienne de celle-ci. Les praticiens ne sauraient trop regretter que la philosophie ait tellement nÈgligÈ jusqu'ý prÈsent de diriger ses investigations vers les organismes travaillants et professÈ mÍme un certain dÈdain pour leurs activitÈs primordiales". [PonthiËre] Comparaison avec le systËme nerveux [Ponthiere]. Courants centripËte et centrifuge. ThÈorie gÈnÈrale de PonthiËre: "Les bureaux Èvoluent selon une tendance ý prendre conscience de tous les mouvements de l'entreprise antÈrieurement abandonnÈs aux rÈflexes spontanÈs des exÈcutants. "La premiËre opÈration du bureau est l'enregistrement des idÈes simples, la fixation par l'Ècriture de l'image d'une chose un d'un fait. L'Èvolution des bureaux tend ý l'enregistrement de notions de plus en plus nombreuses et de plus en plus prÈcises. "Le bureau est un organe d'intelligence mÈcanique qui Èlabore mÈcaniquement des idÈes complexes par voie d'analyse, de synthËse, de comparaison et de toutes autres associations d'idÈes simples. "Le bureau dÈgage les lois des activitÈs de l'entreprise. "Les bureaux Èvoluent dans le sens d'un accroissement des prÈvisions et des contrÙles "La volontÈ administrative est l'idÈe claire dÈgagÈe par les documents du bureau "Les bureaux Èvoluent et font progresser l'entreprise en substituant des volontÈs conscientes aux rÈflexes inconscients "Par leurs notations infiniment nombreuses qui Èlaborent l'idÈe complËte et vraie, les buraux ÈvoluÈs Èliminent les actes inutiles et pÈrilleux et dÈclenchent les actes dont le rÈsultat est certain. "Le dynamisme de l'idÈe administrative est mis en branle par la visualisation et la vision directe (par exemple, montrÈ par feuille de contrÙle ý l'ouvrier) "L'idÈe administrative n'est motrice que dans la mesure o˜ toutes les parties de l'entreprise sont saines et rationnellement organisÈes. Plus loin, il reprend sa thÈorie sous une forme plus concrËte: "Quelle que soit la focntion particuliËre d'un bureau, la vente, l'achat, la comptabilitÈ, etc. tous les buraux ont pour fonction gÈnÈrale d'animer et de rÈgler une activitÈ, et ils procËdent selon le cycle... A. La perception des faits. IdÈe reprÈsentative simple et son enregistrement. CrÈation du document. B. Magasinage des documents, leur stockage dans la mÈmoire de l'entreprise slon les principes de la science du classement. C. La combinaison des documents ou formation de l'idÈe administrative complexe. D. La promulgation de l'idÈe motrice: visualisation et vision directe. Abis. ConrÙle ou nouvelle perception des phÈnomËnes modifiÈs par l'idÈe motrice et recommencment du cycle sur les donnÈes anciennes si elles sont confirmÈes par le contrÙle ou sur des donnÈes nouvelels fournies par le contrÙle. " Il prÈcise: "La dÈcomposition de ce mouvement cyclique en opÈrtaions ÈlÈmentaires n'est pas toujours apparente, notamment lorsque le fait initial dÈclenche ý lui seul l'exÈcution conforme ý ses donnÈes. (notamment dans un epetite entreprise)... Dans un grand nombre de cas, au contraire, les diffÈrents temps du travail de bureau sont distincts et peuvent Ítre ÈtudiÈs sÈparÈment, comme nous allons le faire ici. PonthiËre insiste sur la symbolisation: "Le langage des documents administraifs est donc un langage abrÈgÈ dont on Èlimine tous les termes qui ne sont pas rigoureusement indispendables. sigles, symbole composÈ de chiffres, ou de lettre et chiffres, et parfois un dessins Il montre l'importance de "la colonne et la rÈglure" pour la qualitÈ du travail administratif, et qui pour une part conduire asu tableur. La fiche. DiffÈrents types de classement (alphabÈtique, numÈrique, alphanumÈriqeu, gÈographique, idÈologique (...), dÈcimal (hiÈrarchisÈ), chronologique. Puis la formation des idÈes complexes - combinaison des documents - comptabilit et statistiques - signalisation "le classement des fiches est en soi une premiËre statistique gÈnÈrale", - la machine ý statistiqeu (PonthiËre n'en voit pas du tout les applications que nous appelons aujourdhui "de production", et qui sont au contraire un aspect majeur du travail de Carmille) - le graphique (un long chapitre, assez actuel, y compris avec une Èbauche de diagramme de Gantt, mais pas histogrammes ni camemberts). Puis la promulgation, o˜ PonthiËre place le secrÈtariat. Enfin, le contrÙle. PonthiËre propose une mÈthode pour la conduite des Ètudes d'organisation. Comment on amÈliore un standard - observation du standard actuel - analyse du problËme - documentation - expÈrimentation - mise en pratique du nouveau stndard - maintien du standard. ... on n'est pas si loin des schÈmas classiques du dÈveloppement informatique Puis, amÈnagement du bureau - emplcement et distribution - circulation et communication - propretÈ, ordre, hygiËne - bruit - air, chauffage, ventilation - lumiËre (avec Ètudes de productivitÈ en fonction de l'Èclairage) - conclusion: l'analyse et le plan d'amÈnagement ConsidÈrations gÈnÈrles sur l'Èquipement de bureau (pour le dÈtail, voir le chapitre "technologies de l'information". Cet Èquipement Èvolue "On peut rÈsumer cette Èvolution en rappelant les principes qui l'ont dirigÈe. Le principe de l'Èconomie de mouvements apparaÓt surtout dans les appareils de transmissiond e la pensÈe orgale et Ècrite: tÈlÈphone, tÈlÈscriptuers, transporteurs de papier. Une grande Èconomie de temps et de travail a ÈtÈ rÈalisÈe par les instruments uqi ont totalemnte supprimÈ la copie manuelle: les machines utilisatnt les rubatns et papier carbone, les duplicateurs. Le principe de normalisation a jouÈ un grand rÙle, avec ses corollaires: mobilitÈ, interchangeabilitÈ, extensibilitÈ. Des rÈflexions rÈalistes sur le rendement. Par exemple: "Une machine dont les rouages sont trËs agiles peut comporter de la part de l'opÈrateur des opÈrations accessoires qui lui font perdre le bÈnÈfice de la perfection mÈcnique". Cependant "Le rendement du'ne machine de bureau est parfitement mesurable". Notes sur la "liquidation des documents". [Ponthiere] "La multiplication du travail administratif et le foisonnement des documents porte avec soi un danger de dÈsordre, d'encombrement, d'engorgement, de lenteur. Le pÈril n'est pas imaginaire; il n'est pas nÈgligeable. "Un document peut se trouver en trois endroits: sur la table de travila, au classement, aux archives. Enfin, il peut purement et simplement Ítre dÈtruit. Parmi les rËgles indiques, notons "En fin de journÈe, il ne restera aucun parpier sur la table, et ý plus forte raison sur lers chaises et rayons avoisinants". 1935. Le Larousse Commercial [Clementel] a un article "analyse du travail" 1936-38-42. Carmille (normalisation: dÈjý format commercial 21x27, et normes Din) En 1935 existe: Cnof Chambre syndicale de l'organisation commeciale Chambre syndicale de la mÈcanographie et deux expositions annuelles: - Salon de l'organisation sommerciale (en automne, par chambre syndicale du mÍme) - Hall du bureau moderne, ý la Foire de Paris 4.7. Applications "Ce qui caractÈrise l'industriel moderne, c'est de vouloir et de savoir mesurer ce qu'il reÁoit, ce qu'il utiliser, ce qu'il laisse perdre, de maniËre ý Ètablir son bilan final dans un esprit rigoureusement Èconomique" [De Launay] Recensement 1936. Feuilles de paie mÈcanographiques chez LMT Carmille: stocks, paie, facturation pour le sapplicaions de production, PonthiËre insiste plustÙt sur les machiens a adresser: "Parmi ces applications ctions: la sÈlection (ÈchÈances, abonnemnts), l'Ètablissemnet des listes (salaires, comptabilitÈ,s tocks), l'impresion des lettres personnelles vec l'adresse du destinatarie et la signature (pulicitÈ directe), l'impresion d'une texte d'imprimerie en mÍme temps que le texte individuel (quittances, gandes),e tc. Parmi les monographies publiÈes par Delmas, qui en fait la pubolicitÈ dans [Ponthiere] - Magazin gÈnÈral des matiËres de St-Pierre des Corps, de la Cie du P.O. - L'organisation scientifique aux usines de boitges mÈtalliques des Ètablissements J.-J. Carnaud et forges de Basse-Indre - L'organisation scientifique ý la socitÈÈ des hauts-fourneaux, forges et aciÈries de Pompey - L'organisation scientifique ý la Compagnie gÈnÈrale Èlectrique ý Nancy - L'organisation scientifique ý la Compagnie des minesd e Vicoigne, Noeux et Drocourt - L'organisation scientifqiue ý la sociÈtÈ des Chantiers et ateliers de St-Nazaire-PenhoÎt - L'organisation scientifqieu dans les Grands ateliers de locomotives de la Compagnie du chemin de fer de Pris ý OrlÈans - L'organisations scientifque ý la sociÈtÈ anonyme des hauts-fourneuax, forges et aciÈries de Denain et d'Anzin et ý la sociÈtÈ anonyme des Ètablissements Neu - L'organisation scientifque ý la sociÈtÈ franÁaise des constructions mÈcaniques Anciens Ètablissements Cail, ý Denain - RÈorganisation du garage des Galeries Lafayette (par Paul Planus) - L'organisation scientifique ý la sociÈtÈ anonyume des Forges de Strasbourg - L'organisation scientifqiue aux Grands moulins de Strsboug - L'organisation scientifique ý la SociÈtÈ de transbordemnet au port de Strasbourg (S.T.A.P.S.).  4.8. L'EIS vu par PonthiËre C'est le chapitre de conclusion de son oeuvre. Passionnant. LE BURAU SUPREME DE L'ADMINISTRAITON GENERALE Le principe de l'exception Par ses enregistrements, ses triturations, ses visualisations, le travail administratif projette ses idÈes motrices ý tous les Èchelons de l'entreprise. Il anime l'atelier, les transports, les fournisseurs, la clientËle, la caisse, par la vertu directe de ses documents provoquant partout des rÈflexes. Mais, en mÍme temps, ses perceptions et ses idÈes montent d'Èchelons et Èchelons, filtrÈes, ÈpurÈes, simplifiÈes, jusqu'au bureau suprÍme de l'administrateur ou directeur gÈnÈral. La fonction d'administration gÈnÈrale, nous l'avons ainsi dÈfinie: tracer la politique de l'entreprise, Ètablir les directives gÈnÈrales, examiner les documents de otutes sortes pour arrÍter son atention sur toute affaire exceptionnelle et d'importance capitale. Tel est du moins l'effet d'une correcte organisation administrative: aprËs qu'il a Ètabli les directives, le bureau suprÍme n'est plus saisi que des faits exceptionnels qui troublent l'exÈcution de ces directives, soit par un dÈsordre accidentel de l'organisation interne de l'entreprise, soit par une rÈaction imprÈvue de l'ambiance. Tel est le "principe de l'exception", loi d'une saine direction. Une direction malsaine est hyponcondriaque. L'hypocondre est anxieux. Il Ècoute et compte les battements de son coeur, il palpe son estomac, considËre d'un air navrÈ la couleur de sa langue; il est inquiet de rester sans nouvelles de ses reins, de son foie, de sa rate; ses poumons n'ont ils pas quelques lÈsions? Il lui faut tout savoir de ce qui se passe en lui-mÍme et ne rien ressentir de f’cheurs qui lui semble le prÈsage d'une maladie qui couve. La nature prÈvoyante nous a pourtant dispensÈs de ces alarmes. Elle a rÈglÈ une fois pour toutes le fonctionnement de nos organes et nous a enlevÈ l'effroyable souci que nous donnerait chacun d'eux si nous devions prendre sans rel’che conscience de leurs mouvements innombrables. Il nous suffit d'Ítre informÈs par la douleur ressentie en un point quelconque qu'il y a lý quelque dÈsordre auquel il faut parer. Beaucoup de chefs d'entreprise et de chefs de service souffrent d'hypocondrie. "C'est un spectacle dommun quoique un triste spectacle, dit F. Taylor, que de voir le directeur d'une importante affaire embourbÈ dans son burau au milieu d'un ocÈan de lettres et de rapports sur chacun desquels il pense que son devoir l'oblige ý poser sa signature ou son cachet. Il a la sensation que, gr’ce ý ce flot de dÈtails qui coule sur sa table, il se tient en contact Ètroit avec son entreprise entiËre. "Le principe de l'exception est exactement le contraire de cela. S'il s'en inspire, le directeur recevra seulement des rapports sommaires faisant toujours appara^tre les donnÈes comparatives, mais relatifs nÈammoins ý toutes les activitÈs. Il est mÍme dÈsirable que ces rapports sommaires soient d'abord examinÈs avec soin par un secrÈtires qui souligne les exceptions aux rÈsultats normaux et aux rËgles Ètablies, aussi bien les exceptions heureuses que les dÈfaillances accidentelles. Ainsi le chef prend en quelques minutes une complËte connaissance des progrËs rÈalisÈs ou des accidents constatÈs et garde son temps libre pour considÈrer les grandes lignes de son administration et pour Ètudier le caractËre et les aptitudes de ses collborateurs principaux." Le principe de l'exception est le principe supÈrieur du contrÙle. S'il n'st pas toujorus observÈ, cela tient quelquefois ý l'hyponcondrie du chef, ý la mÈfince maladive qui assombrit sa pensÈe, mais bien plus souvent encore ý l'absence d'organisation, de rËgles dÈfinies et de prÈvisions ÈtudiÈes. Faute de rËgles et de prÈvisions, il est impossible de savoir si un rÈsultat est normal ou s'il est exceptionnel. La rËgle et la prÈvision demeurant confuses dans le cerveau du chef, lui seul est en mesure d'appÈrÈcier le rÈsultat; il est positivemnt contraint d'examiner personnellement chaque dÈtail pour le comaprer ý la norme flottante qui n'est qu'en son cerveau. Il gaspille ainsi le temps le plus prÈcisux de toute l'entreprise, son propre temps de chef. Il n'est plus qu'un employÈ payÈ trop cher. Au contraire, si la rËgle et la prÈvision sont fixÈes en forme de document de bureau, la comparaison devient ý la fois possible et facile pour tout le monde, et les employÈs du contrÙle sont en mesure de remplir leur t’che. S'il s'agit, apr exemple, de contrÙler les crÈdits, il est nÈcessaires de fixer ý la fois le montant du crÈdit qui peut Ítre accordÈ ý chaque client sous peine de dÈpasser sa solvabilitÈ et le pontant total des crÈdits qui peuvent Ítre accordÈs ý l'ensemble de la clientËle en un mÍme moment sous peine de mettre en pÈril la liquiditÈ du capital et les facultÈs de la trÈsorerie. Ces prÈvisions faites, il suffit au chef d'Ítre informÈ des crÈdits individuels qui viendraient ý dÈpasser accidentellement le chiffre fixÈ et il n'a besoin d'Ítre informÈ du montant total des crÈdits que s'il leur arrive de s'approcher dangereusement du maximum prÈvu. De mÍme si l'on a pris soin de dÈterminer le rendemnt normal des ouvriers, des machines et des ateliers, le contrÙle personnel du chef ne sera mis en jeu que lorsque les documents font apparaÓtre soit un excÈdent de rendement qui permettra de rectifier les prÈivisons futures, soit une insuffisance qui rÈvËle un trouble dans le fonctionnemnet. Si une livraison promise pour une certaine date doit Ítre rÈellemnt faite au jour dit, tout va vien, et le chef n'a que faire d'encombrer son esprit de pareils renseignemnets. au contraire, si un retard dans les approvisionnemnets ou dans les ateliers met en pÈril les fabrications et les assemblages prÈvus au tableau d'avncemnt du travail, le chef doit en Ítre aussitÙt averti pour mettre en branle les initiatives techniques ou commerciales. Le principe de l'excption veut donc que le contrÙle soit parlant, car il a pour but de dÈgager une idÈe motrice, de corriger les activitÈs dÈficiatiers. Cette idÈe ne doit pas Ítre sous-entendue, mais formellement exprimÈe. La comparaison du rÙle des prÈvisions et du rÙle des rÈsultats aboutit toujours ý un plus, ý un moins ou ý une ÈgalitÈ; or les ÈgalitÈs n'ont pas besoin d'Ítre visibles. Il est meme dangereux qu'elles soient apparents, parce qu'els accablent l'esprit de leur multitude intutile, dispersent l'atention et dÈtournent la volontÈ des actions nÈcessaires. Un contrÙle, pour Ítre efficace, doit mettre en lumiËre les plus et le smoins et mÍme ceux-lý seulement qui s'Ècartent suffisamment de la rnorme pour jusifier une rÈaction. Les systËmes et les mÈcaniques de bureau s'efforcent de faire parler les contrÙles. C'est ainsi que les appareils de pointage ý la porte des usines marquent en encre d'une couleur spÈciale els entrÈes qui ont lieu aprËs l'heure, les seules qui nÈcessitent une rÈcation. La plupart des systËmes de fiches comporent des cavaliers et des voyants don tla forme, la couleur, l'emplacemnet, sont autant de signaux d'alarme. Les appareils ý graphiques signalent Ègalemnet les pÈrils par l'emplacement de noeuds ou cordelettes au-dessous et au dessus d'une ligne qui marque la normale. La traduction des travaux de chiffres en graphique a ussi pour but d faire crier les contrÙles au point nÈvralgique. Le contrÙle parlant et matÈrialisÈ dans le burau du chef c'est la planche de bord. La planche de bord Confortablement assis ý l'intÈrieur d'une automobile, il vous est bien difficile, ý partir d'une certaine vitesse, de vous rendre compte de l'allure ý laquelle vous marchez. Faites-vous 40 kilomËtres ý l'heure, 60, 80, davantge, ovus ne sauriez le dire. Avec un peu d'exercice, vous arriveriez peut-Ítre ý des apprÈciations approximatives, mais vous vous tromperiez encore bien souvent. Et si les conducteurs d'autos devaient se fier ý leur intuititon, les accidents de la route, qui, pourtant, ne chÙment pas, seraient bien plus nombreux. Mais il y a la planche de bord. Le conducteur a sous les yeux toute une sÈrie de cadrans sur lesquels l lit comme dans un libre les indications essentielles qui lui donnent une exacte conscience, non seulemnet de sa vitesse et de ses relations avec le monde extÈrieur, mais encore du fonctionnemnet interne de sa machine. Ce sont, d'ne part, le compteur kilomÈtrique, l'indicateur de vitesse, la montre, la carte, qui lui disent le passÈ, le rpÈsent et l'avenir de son voyage. D'autre part, c'est le compteur de tours-minute qui marque le rÈgime du moteur, l'indicateur de pressio d'huile, le niveau d'esence qui le renseignent sur ses approvisionnemnts, les lampes tÈmoins du fonctionemnet Èlectrique. Gr’ce ý la planche de bord, il manoeuvre avec sang-froid les leviers de comande et fanchit l'espace ý des vitessq qu'il y a trente ans on jugeait irrÈalisables. L'organisation e la conscience du concucteur dest poussÈe trËs loin sur les automobiles, le savions et, en gÈnÈral, sur toutes les mÈcaniques qui mettent en danger la vie de celui qui dirige et de ceux qu'elles emportent. C'est l'application des principes de visualisation et de vision directe. Le progrËs des entreprises industrielles, commerciales et administratives n'a guËre marchÈ moins vite que celui des instruments de locomotion. les erreurs de direction y sont moins sanglantes. MÍme en cas de faute lourde, il n'y a pas mort d'home, mais seulemnet chÙmage et ruine; c'est l'entreprise qui souffre et qui meurt. C'st pourquoi sans doute on attache moins d'importante cý l'organistion de ses fonctions de conscience. On ne les nÈglige certes pas. Le dÈveloppemnet considÈrable du travail de burfau depuis une quarantaine d'annÈes correspond pour la plus large part au beoin ÈprouvÈ par l'entreprise de se connaÓtre elle-mÍme et de connaÓtre son milieu. Perfectionnement comptable, multiplication des statistiqeus, servcices de documentation, inventaires permanents, analyuses du travail, analyses du marchÈ, tout cela n'a pour but que de placer des resnsignements certains, rapides et complets osus les yeux de ceux qui tiennent en mins les leviers de commande. Mais comme il arrive souvent, c'est l'Èovlution naturelle des chosse qui nous domine; nous lui obÈissont sans en comprendre clairement les tendances, car les choss ne parletn pas et nous laissent ý deviner leurs desseins. Ainsi, la plupart des gens sont sÈduits par des perfectionnemnets partiels dont ils apprÈcient confusÈment les avantages; mais le but central, l'idÈe maÓtrisse qui anime cette Èvolution, ils ne l'aperÁoivent pas. Tous les systËmes administratifs, tous ces procÈdÈs du travail de bureau qui nous rÈvlËent les phÈnomËunes du monde extÈrieur et les mouvemnets interns de l'organisme travaillant, nous les rÈsumons en des feuilels, en des tableux, que nous rangeons soigneusemnet en des cahiers, en des tirois, en des armoires. Bien rares sont les entreprises qui mËnent tous ces trvaux jusqu'ý leur objectif final, ý la planche de bord sous les yeux du grand chef. Feuilles rÈcapitulatives, tableaux, graphiques, osnt Èpars et dissimulÈs. Ils sont tenus ý jour ý intervalles plus ou moins espacÈs. La planche de bord, elle, est synoptique; elle rassemble tous les ÈlÈments de conscience dans le champ visuel. elle est toujours ÈtalÈe sous le regrade ce celui qui doit la consulter. Enfin, elle est animÈe, vivante; la mise au point est instantanÈe; les ÈvÈnements et leurs variations s'y incscivent au moment o˜ ils s'accomplissent. L'idÈe de desine. elle se rÈalise mÍme dans les services secondaires. Elle est ý l'origine du dispatachig: dans les chemins de fier, au cenre des zones principales, un dispatcher a devant lui un tableau o˜ s'inscrivent les mouvements rÈels des trains; il eput insi ý tout instant donner les ordrs nÈcessaise pour remÈdier ux irrÈgulraitÈs accidentelles du trafic. Dans les bureaux d'avancement du travil, c'st ý dire souvent au buefau du chef d'atelier, des tableaux d'avancemnet sont largemnt ÈtalÈs et mis au point au moment o˜ chaque ouvrier, chaque mchine, change de travail. Les modifications sont transmises au bureau par message oral, Ècrit ou tÈlÈphonique, et portes ausitÙt u tableau. Ce n'est pas encore l'enregistrement automatique d ela planche de bord. Cet enregistremnt automatique n'est plus ý inventer. Pour contrÙler la marche des machines, des connexioins Èlectriques allument des lampes dans le bureau qund la machine marche, less Èteignent quand elle s'arrÍte, tracent un graphique de marche sur un tambour tournant. Parfois les signaux lumineux sont actionnÈs par l'ouvrier. Celui-ci, ayant auprËs de lui un clavier, envoie au bufeau ý la fin de chaque travial le numÈro de la piËce terminÈe, et ce numÈro s'inscrit au bureau en chiffres lumineux. Ces mÈthodse sont ingÈnieuses. C'st la planche de bord qui se dÈveloppe et qui s'orgnise. Elle va son chemin dans les buraux techniques,s'y installe, amÈliore ses procÈdÈs, mais elle n'en est pas encore sortie pour entrer dan sle burau commercial et le burau administratif. Elle y a fait une timide apparition sous forme de gaphiques ý ficelles, de tableaux ý piËces mobiles que l'on rËgle ý la main et plus ou moins rÈguliËrement. Quant ý la planche de bord du grand chef, au talbeau mouvant largemnet ÈtalÈ devant lui, sur lequel viennetnt s'inscrire ý ahcque instant les chiffres index de l'activitÈ de l'usine, du burau de vente et du bureau d'achat, de la caisse et de la trÈsorerie, o˜ les insuyffisances, les retarnds, les accietn apparaisent aussitÙt qu'ils se produisent, elle n'a pas encore ÈtÈ que nous sachions, clairemnte conÁue ni mÈthodiquemnet organisÈe. De-ci de-lý, on en voit la frÍle Èbauche. Le sytËme de connexions Èlecgriques qui, partant de chaque burau, aboutira au bureau du chef pour y faire apparaÓtre instantanÈment sur un mur les idneces de toutes lesa cdtivitÈs de l'entreprise et singaler par un feu toute activitÈ dÈfaillnte t toute dÈviation, il ne faudrait pour le construire que bien peu d'ingÈniositÈ mÈcanique. Ce sera le couronnemnet logique de l'Èvolution la plus caractÈristique du bureau moderne. Le chef de dmain gouvernera son entreprise comme le pilote ocnduit son navire et son avion, les yteux fixÈs sur la planche de bord. ..... Vous vous souvenez de la caverne de Platon. Des hommes osnt enchaÔnÈs dans une caverne. Ils n'en peuvent voir que le fond, sur lequel se meuvent des ombres. Pour deux, ces ombres sont toute la rÈalitÈ. mais, parmi eux, Ètait un philosophe, c'est-ý-dire un cultieux. Il s'agitat tant et si bien qu'il brisa ses chaÓnes et vit derriËr elui des personnages rÈels qui se mouvaient; le soleil es Èclairait et projetait leurs obmres sur le fond de la caverne. Et Platon expliquait ainsi son apologue: le soleil, c'set le bien suprÍme. les personnagse sont les ides abstraites, seules rÈalitÈs dont les choses ne sont que l'ombre. Un cercle de tonneau n'est que l'ombre dÈformÈe d el'idÈe abstraie de cercle gÈomÈtrique Nous vivons dans un mode d'apprences matÈrielles que nous voyaons trËs mal; c'est l'IdÈe, seule vivante, qui crÈe et qui recre le monde. La plupart des philosophes pensent aujourd'hui d'autre maniËre. Pour eux, les choses ne sont pas le reflet de l'ide, mais l'idÈe est le reflet des choses. C'est parce que nous vons vu des cercles de tonneaux, des troncs d'arbrfs, des ondes concentriques dans une riviËre, que s'est formÈe dan snotre cerveau l'idÈe abstraite du cercle gÈomÈrtique. Mais c'est ý partir du moment o˜ l'idÈe abstraite s'est sublimÈe dans note esprit pour dÈposer en nous une image simplifiÈe, ujn concept des hcoses, que nous commenÁons ý les domainer et ý les gouverner. D'om˜ nous vient cette fcultÈe d'extarire l'idÈe pure, l norme des choses et des phÈnomËnes divers? Nous ne le savons pas. Mais ce qui semble crtain, c'st que l'IdÈe, si elle ne crÈe par les choses, gouverne les actes des humains. Ils agbissent selon l'iÈde pous ou moins nete, plus ou moins exacte, qu'ils se font du milieu o˜ ils vivent. Une idÈe se transforme en acte; l'idÈe est force. Les entrepries ont longtemps vÈcu sans idÈes claires sur les ÈlÈments internes et extgernes de leur activitÈ. Elels vivaient machinementmt engrenÈes sur des rouages dont elles ignoraient le mÈcnisme. C'st la voie de la nature. Tous les Ítre vivants, aussi bien dans l'ordre de l'Èvolution des espËces qu dans l'ordre de lÈvolution individuelle, commencent par exercer l'activitÈ inconsciente de leur systËme nutritif et de leur systËme moteur. ensuite, apparaÓte le systme nerveux qui leur donne conscience de leurs actes et se deÈveloppe en passsant par tous les stades de l sensation simple, des sensations classÈes, des notions confuses et des idÈes claires. Ainsi se sont dÈveloppÈes les entrprises en gÈnÈral, et ainsi se dzeveloppe chacune d'elles en particulier. elles se rendent de mieux en mieux compte de ce qui se passe en elles et auoutr d'lles. Les avntages qu'elles tirent de ce savoir croissant leur font dÈsirer de xavoir toujours plus; elles augmentent sans cesse les buraux qui leur donnent la science de leur propre activitÈ. Pour reprendre l'image du vieux Platon, le burau est la averne sur leseuil de laquelle se tient le chef d'entreprise. S'il regarde vers le dehors, il voit un chantier d'activitÈs onfusent ou s'agintt les hommes, les machines et les choses sans qu'il soit possible d'en saisir le principe et la loi. S'il se retourne pour considÈrer le mur de la caverne, le burau o˜ se projette l'ombre des activitÈs extÈrieures, il voit une imge rÈduire, dmais claire, un talbeau simplifiÈ, dont il peut tudier les ahrmonies, els discordances, et qui provoque en son cerveau lucide la rÈaction efficace et sšre. 5. Les entreprises Organisation, nouveaux mÈtiers, nouvelles doctrines "Le systËme industriel mderne... n'est apparu qu'au moment o˜ le monde Ètait prÈparÈ pour cet avËnemnet. Il est apparu lorsqu'on a pu dispoer, en quantitÈs Ènormes, d'argent, de comestibles, de combustibles 5.1. Tendances gÈnÈrales Depuis 1929, situation de crise. "Le monde est ÈbranlÈ par un complexe de crises: agricole, industrielle, monÈtaire, financiËre, politique, spirituelle, qui enchevÍtrent leurs ondes, en surface et en profondeur. Notre vieille civilisation, humaine et noble, malgrÈ ses lacunes et ses fautes, semble en pÈril, et des rÈformateurs accourdnet de tous les pÙles de la pensÈe et de l'action". [Dautry] "... le noeud de la question... cest le dÈvloppement excessif des industries productrices de moyens de proudction" [Dautry] "Tout a singuliËrment concouru ý dÈvelopper l'esprit de dÈmesure. Communications rapides, tÈlÈphone et T.S.F., exemple de nations mettant brusquement en oeuvre les possibilitÈs immenses de continents neufs" [Dautry] Aux Etats-Unis, le New Deal, Keynes (affirmant la relation entre le monÈtaire et le rÈel) 1935 (ou 34). Il y a en France 2 160 000 entreprises occpant des salariÈs. Sur ce nombre, 2 150 000 occupent moins de 100 salariÈs. 6500 occupent de 100 ý 500 salariÈs. 1180 plus de 500 salariÈs. 1940 sans doute Sur un total de 9,5 millions de salariÈs, 6,5 sont occupÈs dans ces petites entreprizees. 1933. Agricultural Adjustment act. National Recovery Act. 1935. DÈbut du mouvement stakhanoviste en URSS 1936. GrËves avec occupation d'usine. . Le commercie mondial est tombÈ ý 37,5% de ce qu'il Ètait en 1929. 5.2. Les fournisseurs et le marchÈ de l'informatique Liste d'aprËs le petit annuaire de [Ponthiere], qui donne adresses et tÈlÈphones. Acker (feuillets mobiles, fiches) Adrema (machiens ý adresser) Adressograph-Multigraph (inventeurs de la machien ý adresser plieuses automatiques, duplicateur genre offset ý sec) Adressopresse (machines ý adresser) Armor (papier carbone et rubans, encres et stencils) Berthelot (sorte de chewing-gum pour nettoyer les caractËres de machine ý Ècrire) Bouffet RenÈ: syncrhonisations Èlectro-mÈcaniques Bull (machiens ý statistiqus) Chambre de commerce de Paris. Ecole d'applciation du Centre de prÈparation au xaffaires Chauvin (rayonnages et meubles de classement, fiches, feuillets mobiles, dossiers, machines ý calculer Metal et SupermÈtal) ComptabilitÈ Ruf (comptabilitÈ ý dÈcalque) Comptometer (machines ý calculer) C.S.M. ComptabilitÈ simplifiÈe moderne (machine comptable permettant l'Ècriture ý palt sur documents posÈs verticalemnt) Dagron (encres, cires, stencils et carbones) Delpy (duplicateurs ý stencils) Dienon (classeurs ý fiches) Ebstein (machines ý calculer) Elliott-Fisher (machines comptables L'Ècriture unique (systËmes MultÈcrit pour emploi de carbones) Flambo (siËges, bureaux, bureaux dactylo, classeurs et fichiers, graphiques, cartes gÈographiques, Èpingles, trieur (meuble pour trier)) Frane (machine ý copier, avec papiers spÈciaux) Grandjean (stÈnotypie) Hemmi (rËgles ý calcul japonaises) HermËs (machines ý Ècrire, machines ý calculer) Hollerith (machines Èlectro-comptables ý cartes perforÈes) "Les servcies Hollerith... mettent ý votre disposition des connaisssances pratiques acquises par des milliers de techniciens, habituÈs aux problËmes les plus divers. Seule cette immense expÈrience a permis de rÈaliser des machines atteignant le plus haut de grÈ de sÈcuritÈ et d'adaptation aux besoins rÈels du commerce et de l'industrie. Une liaison constnte est maintenue entre clients et techniciens par des condÈrences et des Ètudes en commun. Le services Hollerith = MÈthodes + Machines. " Imprimadresse Emiled AlliÈ (machines ý adresser) International time recording (horloges pointuses) Kalamazoo (registres ý courroies et couvertures en mÈtal, imprimÈs) Le Quick (meubles en bois, classeurs, fichiers, registres ý feuillets mobiles) Lerat (rayonnages) MagnÈta (horloges pointeuses) MÈthodes (revue sur les mÈthodes d'administraiont, organistion, etc) Map, Manufacture d'armes de Paris (machines ý Ècrire) M.M.M. Manutention moderne et mÈcanographique (classeurs, machines ý protÈger les chËques, traites et documents, ý ouvrir le couffier, plier, cacheter) Monotype (appareil comptable ý dÈcalque) National (machines comptables) L'organistion (revue d'organisation) Ormig (duplicateur ý alcool, machines comptables) O.S.C. Office de statistique et de comptabilitÈ (services) Picard (papiers de sÈcuritÈ, impressions de sÈcuritÈ) La revue du bureau (paraÓt tous les mois depuis 29 ans) RonÈo (rayonnages et classeurs mÈtalliques, copieurs (ý alcool (?), duplicateurs ý stencils et ý caractËres) Samas-Powers (machiens ý statistiques) Sancar (classement suspendu, fiches, machines ý Ècrire avec copies multiples sans carbone) Secam (duplicateurs) Selector-Organos (sÈlecteur de fiches ý trous) Sidney Merlin (conseils en organisation) Scholz (mobilier) Smith Premier (machines ý Ècrire, machines comptables) Sors (machines ýa adreseer Adrepost) Standard (mobilier) Super (machines ý Ècrire) Stoll (siËges) Van Waesberghe (machines ý dicter, machines ý calculer) Vitadresse-Elliott (machines ý adresser) Wallace Clark (ingÈnieurs conseils en organisation) Yac (guides et cavaliers) 1933. Bull devient CMB ý Paris. Selon PonthiËre "Jusqu'en 1934, c'est uniquement ý l'Ètranger que les FranÁais pouvaient demander des machines ý statistiques. Il y avait lý un monopole de fait que ne fut rompu que par l'arrivÈe des machines franÁaises Bull". 1934. Vers. Lancement par Addressograph-Multigraph du procÈdÈ Multilith (duplication par offset ý sec) 1935. IBM emploie 219 personnes 1935, in PonthiËre "Le service Hollerith = MÈthodes + Machines. Une liaison constante est maintenue entre clients et techniciens par des confÈrences et des Ètudes en commun". 1939: IBM emploie 540 personnes 1935. Aux USA, le capital investi en machines de bureau est en moyenne de 9000 F par employÈ. 1935. Selon PonthiËre, il y a quelques centaines d'installations de machines ý cartes perforÈes en usage en France, contre environ 20 000 aux Etats Unis. Une interclasseuse Èlectronique au Capa (bizarre) 5.3. DÈmatÈrialisation "la diminution des transports lourds et longs" [Dautry] "Quant ý l'Èvolution technique, son action s'exerce sur les masses ý transporter. Le dÈveloppement des rÈseaux de distribution d'Ènergie Èlectrique, la construction de grandes centrales themriques sur le carreau de la mine et celle d'usines hydro-Èlectriques sont autant de causes d'anÈmie des moyesnd e stransport" [Dautry] "Dans tous les domaines, l'industrie... une tendance trËs nette ý la lÈgËretÈ" [Dautry] "La technique, chaque jour plus savante, tend ý l'allËgemnt de toutes choses. Elle tend presque ý la suppression de la matiËre. A l'ancien tÈlÈgraphe et au tÈlÈphone dont les poteaux, les isolateurs, les nappes de fils ou le c’ble sous-marin matÈrialisaient le cheminemnte, elle substitue aujorud'hui l'impalpable frisson de l'invisible. DÈsormais, rien de pesant n'utnit plus deux postes qui se joignent dans l'immatÈriel". [Dautry] "Un travail bien ÈtudiÈ et bien prÈparÈ est aux trois quarts fait" [Dautry] 5.4. MontÈe des bureaux montÈe du taux d'employÈs aux USA, vu par [PonthiËre]: "Pour augmenter leur production de 120%, les Etats-Unis ont embauchÈ seulement 65% d'ouvriers en plus, tandis que le personnel des bureaux s'accroissait de 190%. Et, dans l'usine autrichienne, le fait est encore plus patent... le rendement du travail physique d'exÈcution est conditionnÈ par le travail mental du bureau". "Les grands buraux d'Ètudes et du personnel ont ÈtÈ transformÈs, aÈrÈs, repeints, meublÈs dÈcemment. Un sol hygiÈnique, des murs propres, des fenÍtres nombreuses, un Èclairage Èlectrique parfait, des lavabos et des vestiaires confortables, des tables et des armoires parfaitemnt adaptÈes et bien tenues ont tÈ rÈalisÈes. Des bureaux d'ateliers et de comptables ont ÈtÈ construits et amÈnagÈs... suivant les mÍmes principes" [Dautry] Mais: "... trop souvent les hommes et le mÈtier ont ÈtÈ cachÈs par les papiers" [Dautry] "Quand la production augmente par le progrËs des sciences et de l'organisation, le pourcentage de travail humain musculaire diminue, tandis que le pourcentage de travil mental augmente". [PonthiËre] R. DÈsaubliaux (citÈ par PonthiËre): analogie de la montÈe du bureau avec la montÈe du cerveau. "Il ne suffit plus de salariÈs manuels aux industries concentrÈes de nos jours, il faut ces salariÈs de plume et de tÍte que l'on nomme des "employÈs. ... Pour arriver ý l'acheteur comme au fournisseur, l'industriel doit avoir des armÈes de collaborateurs: indicateurs, voyageurs, reprÈsentants, dessinateurs, peintres, publicistes, et maintenant aussi: des savants, des hygiÈnistes, des psychologues qui interprËtent le gošt du public, et poussent ý acheter la marchandise. Il doit avoir des armÈes de comptables, qui enregistrent les entrÈes, font les bilans, Ètablissent les prix de revient. Il doit avoir des armÈes d'ingÈnieurs et de chimistes qui ajustent et surveillent ses appareils. [Lombroso] ... "Pour faire des ingÈnieurs, des chimistes, des employÈs de bureau, des comptables, il faut les Ècoles... On y passe une vingtaine d'annÈes et les ÈlËves ne sotn pas certains de trouver en sortant une place sšre et rÈmunÈratrice; ils doivnet, par consÈquent, ne pas Ítre trop pauvres, afin que leurs parents puissent les entretenir suffisamment longtemps, ni trop richez, pour que leurs parents dÈsirent quand mÍme en faire des salariÈs". [Lombroso] "Seuls les sÈminaires, avant le XIXe siËcle, donnaient une culture gÈnÈrale aux gens du peuple avides d'instruction... On donne encore en france le nom de "clerc" aux secrÈtaires; c'est un moine, Fra Luca Paciolo, qui Ècrivit pour la premiËre fois un manuel sur la tenue des livres de commerce... "Pour qu'un pays fournisse des salariÈs intellectuels ou manuels, il faut qu'il ait une population dense. Il existe des mines trËs riches dans les Andes de l'AmÈrique du Sud, qui n'ont pu jusqu'ici Ítre exploitÈes parce que les habitants sont trop clairsemÈs dans ce pays. "Et non seulemnet la grande industrie collective par excellence veut une population dense mais elle la veut rÈunie en des centres: villes ou villages. [Lombroso] "A l'industire et surtout ý l'industrie collective qui produit rapidement, il faut non seulement de larges dÈbouchÈs, mais plus encore la libertÈ: libertÈ de pensÈe pour le savant qui Ètudie les lois de la nature ou qui veut appliquer ces lois ý la technique; libertÈ pour l'industriel de fabriquer ce qu'il juge profitable et convenable; libertÈ de modifier les instruments de travail, de fixer directement les salaires avec ses ouvriers, de choisir ses collaborateurs et sa clientËle sans tenir compte de leurs idÈes religieuses; libertÈ, enfin de concurrencer les fabricants de produits analogue" [Lombroso] PonthiËre: diffÈrenciation des bureaux nouveaux mÈtiers: la dactylo [Roubaud] y voit surtout consÈquence du prestige, gloriole le mÈcanographe l'ingÈnieur nouveaux mÈtiers: la dactylo [Roubaud]. sexisme? Analyses dÈtaillÈes sur le personnel de bureau dans [PonthiËre], typologie, conseils pour la sÈlection, l'avancement, le chronomÈtrage, les salaires Liste des mÈtiers du bureau selon Ponthiere GarÁons de bureau SecrÈtaires StÈnographes Dactylographes Correspondanciers Classiers ou archivistes BibliothÈcaires OpÈrateurs de machines ý adresser OpÈrateurs de machines ý polycopier Caissiers Teneurs de livres Comptables OpÈrateurs de machines ý facturer OpÈrateurs de machines comptables Calqueurs Statisticiens Conducteurs de machines ý statistiques Dessinateurs Graphiqueurs Etc... etc. Division du travail [Ponthiere] - loi de la division du travail ou de la spÈcialisation des t’ches - loi de division de l'effort ou spÈcialisation de l'individu - loi de transfert de l'habiletÈ sou spÈcialisation des outils - loi de spÈcialisation du produit (NDLR: en pratique, des entreprises). La troisiËme loi mÈrite que nous reprenions le texte de PonthiËre. "L'attention et l'habiletÈ nÈcessaires pour employer un outil ou conduire une machine sont en raison inverse de l'aptitude tarnsfÈrÈe ý l'outil ou ý la machine. Ceci veut dire que plus l'outil est Ètroitement adaptÈ ý un travail donnÈ, moins l'homme qui le conduit doit mettre en jeu sa force musculaire, son Ènergie mentale, son attention. Le systËme formÈ par la machine et l'homme qui la conduit peut ainsi profiter de l'Ènergie illimitÈe mise en oeuvre par la machine et marcher ý la vitesse de celle-ci et non ý l'allure plus lente de l'homme. Des opÈrations statistiques, par exemple, seront trËs lentes si elles sont exÈcutÈes ý la main; elles iront beaucoup plus vitge avec une machine ý calculer, conÁue pour faire toutes sortes de calculs; elles prendront une allure vertigineuse avec la machine ý statistiques proprement dite, le rÙle du bras et du cerveau humain Ètant alors rÈduit au minimum. Mais c'est une erreur de croire que cette diminution de la fatigue et de l'effort s'accomode d'une diminution des aptitudes intellectuelles de l'employÈ qui conduit la machine. Il faut Ítre plus intelligent et plus instruit pour conduire une charrue Èlectrique qu'uen charrue ý la main et une machine ý Ècrire ou ý calculer qu'un porte-plume". Concentration des services (Èconomie d'Èchelle, dirions jous aujourd'hui) Avancement linÈaire du travail (on dirait, travail ý la chaÓne) PrÈparation du travail et opÈrations hors-sÈrie. 5.5. La qualitÈ Il y a une association(?) "La qualitÈ franÁaise, dirigÈe par M. Dalbouze (citÈ par [Dautryƒ 5.6.MontÈe des entreprises de service "Il n'y a guËre d'entreprises Èconomiques, il n'est peut-Ítre pas audacieux d'affirmer qu'il n'y en a aucune qui soit en mesure d'assurer par ses propres moyens la totalitÈ de ses fonctions administraives. Il s'ste donc crÈÈ des bureaux constituÈs en entrepries indÈpendantges qui assurent telle ou telle ofnction administrative et qui mettent leurs services spÈciaux ý la disposition de toutes les entreprises e parfois du public en gÈnÈral" [PonthiËre], qui liste: - bureaux financiers autonomes - bureaus d'assurance - bureaux de contentieux - bureaux de comptabilitÈ - bureaux de personnel - bureaux d'organisation - bureaux techniques - bureaux commerciaux - bureaux de documentation - bureaux de secrÈtariat. "L'importance du matÈriel ý mettre en oeuvre pour l'exÈcution des statistiques et des calculs commerciaux a entraÓnÈ la crÈation d'entreprises spÈcialisÈes pour l'excution ý faÁon de ses travaux"[Ponthiere], qui cite l'OSC Office de statistique et de comptabilitÈ. 5.7. Vitesse et accÈlÈration "Le chemin de fer, l'automobile, l'aviaton ont permis de rÈduire au minimum le temps nÈcessaire au transport..." [Aisberg]  6. ConsÈquences humaines "Il me sembla que le machinisme dont on Ètait si fier Ètait comme ces remËdes prÈcieux pour certaines maladies et certains individus, qui sont dÈtestables pour d'autres malgrÈ l'engouement de la mode" [Lombroso] "L'Ètude des problËmes soulevÈs dans mon esprit par le machinisme absorbÈ la moitiÈ de ma vie, mais les idÈes que je voulais exprimer contrastaient tellemnet avec celles du public que j'hÈsitais ý conclure et confier au monde mes rÈflexions". [Lombroso] 6.0. Danger moral "Le culte de la raison n'a pas ÈtÈ seulemnet un produit, mais une cause de la Terreur... La scolastique Ètait une arme ý deux tranchants. PssÈe entre les mains des laÔques, un jour vint o˜ elle s'appela le rationalisme et blessa ceux qui l'avaient imprudemment forgÈe. "DÈtruire l'illusion au nom de la raison, c'est petu-Ítre se rapprocher de la vÈritÈ, mais c'est assurÈment supprimer la paix" [De Launay] "L'esprit artistique tend ý disparaÓtre de la terre devant une mentalitÈ d'ingÈnieurs et de commerÁants, comme l'esprit poÈtique devant le prosaÔsme des intÈrÍts vulgaires" [De Launay] 6.1. DÈshumanisation/taylorisme "En face du travailleur, deux attitudes sont possible: l'une ne le considËre que comme une sorte de machine charnelle, accessoire et servante de la machine de mÈtal, et n'estime en lui que le rendemnet. L'autre respecte en lui la valeur rÈactrice l'homme..." Daniel Rops, note liminaire ý [Dautry] Paul ValÈry, dans prÈface ý [Dautry] "Combien de mÈtiers se rÈduisent ý un automatisme, et lui sacrifient peu ý peu ce qu'il y a dans l'homme de plus prÈcieux... le langage a utilisÈ ce mot dans des locutions dont l'une en relËve le sens: mÈtier de roi; l'autre le rÈduit ý dÈsigner une machine: mÈtier ý tisser. "Mais, quand la machine est humaine, elle se dÈfend quelquesfois, et quelque temps, contre l'abÍtissement de la t’che identique et pÈriodique... "Je crains bien que la transformation moderne des moyens de produire n'ait, jusqu'ici, accru la part de l'automatisme... "... la machine a conquis plus d'emplois, au point de faire, en quelque sorte, reculer l'ouvrier devant elle "Le dÈveloppement d'entreprises immenses et d'une complexitÈ extrÍme entraÓne nÈcessairement une diminution rÈciproque de la personnalitÈ des hommes qu'elles emploient, jsuqu'aux environs du sommet. Au sommet, l'initiative, l'invention, le vouloir, se concentrent: en ce point, le trvail redevient oeuvre. "Ce qu'on nomme aujourd'hui dictature revient ý un essai de traiter la fabrication continue de "l'ordre social" selon le modËle qui s'est imposÈ aux vastes exploitations et socitÈs de proudction dont je parlais. Tous ces mÈcanismes exigent une prÈcision extrÍme et une surveillance permanente des Ècarts individuels. Quelles que soient leurs diffÈrences nominales et idÈales, ils ne peuvent exister que par une simplification des individus qui permette de les orienter identiquement dans le champ des forces de l'Etat; et il importe que cette modification agisse jusque dans la profondeur affective et intellectuelle de chacun d'eux. Il faut donc que les sentiments, les idÈes, les impulsions soient oivrÈs, comme tout usins, ý la consommation des esprits et ý la nutrition des ’mes, par un Ítre central. Le "psychisme supÈrieur" et la plÈnitude des puissances de l'action sont rÈservÈs ý celui-ci. Il est l'unique homme complet de sa nation, et donc, dans notre temps, une matniËre de demi-dieu. Parfois, il manifeste par un acte symbolique qu'il assume en sa personne les principes de tous les mÈtiers, prend la pioche, ensemence, pointe un canon, conduit une machine, paraÓt aussi en price des athlËtes... (NDLR: rejoint un peu Sismondi) "Les avantages, les bienfaits, les vices, les dangers de ces rÈgimes sont Èvidents: il sufit de se rendre sensible ý tel ou tel autre aspect de ce que l'on observie pour admirer ou abhorrer passionnÈment..." "Le FranÁais ne rÈussit vraiment trËs bien que lorsque l'idÈe jaillit d'un cerveau unique... l'esprit d'Èquipe qui fait leur force (aux AmÈricains) "... La conscience... d'un mÈtier que l'on exerce enrichit l'Ítre entier par la prÈsence d'un modËle d'action, de coordination et d'accomplissements vÈrifiables... 6.2. Le chomage. Constat et causes "Trente millions de chÙmeurs dans nous offrent aujourd'hui le spectacle paradoxal de la mise dans l'abondance et soulignent la cruautÈ qui rÈsulte du dÈsordre de nos systËmes Èconomiques" [Dautry] "... une fonctionnaire dont la principale occupation paraissait Ítre d'apposer un timbre humide dans une case de la carte de chomage." [Roubaud] "Le chÙmage grandit et la misËre gagne en profndeur. la misËre dans l'abondance" [Duboin 35] "Quand des hommes manquent du nÈcessaire devant des machines qui font, en une heure, le travail qui demandait huit jours il y a cinquante ans.." [Dautry] "L'on peut concevoir un temps o˜ le rÙle de l'ouvrier se borenera presque ý surveiller des mÈcaniques comme, dans certains pays exotiques, les blancs se bornent dÈjý ý contrÙler le labeur des nËgres" [De Launay) "Le fait nouveau s'est produit en 1917, mais es consÈquences n'ont apparu que douze annÈez plus tard, en 1929. On peut le dÈcrire ainsi: les perfectionnements continues de l'outillage industriel et agricole, conjuguÈs avec l'emploi de plus en plus masif des Ènergies capturÈes dans la nature (houille, pÈtrole, chutes d'eau) font croÓtre la productino de toutes les hcoses utiles aux hommes jusqu'ý un point o˜ celle-ci peut augmenter en meme temps que le chÙmage". "Pour tout observateur impartial, il est incontestable que c'est le chÙmage des hommes dont le tarvail Ètait devenu inutile qui provoqua la crise amÈricaine, et non pas la crise qui provoqua le chÙmage" [Duboin 35] Henri Comte de Paris. "Machinisme et chomage" La "machine" ne travaille-t-elle pas contre l'homme au lieu de travailler pour lui? N'en fait-elle pas un esclave, un chÙmeur, au lieu de le libÈrer? Quelle set sa part de responsabilitÈ dans la crise actuelle. L'appareil Èconomique qui comprend machines, capitaux, travailleurs, produit, tarnsforme, Èchange des choses et des services. Cet appareil fonctionne pour satisfaire les besoins d'un certain milieu. L'histoire traduit deux tendances successives et contraintes. Du XIIe au XXe siËcle, ce milieu s'st Ètendu des cadres du canton, au monde entier; depuis quarante ans, il s'est amenuisÈ et il est revenu aux limites de la nation. On ne peut donc envisger en soi l'Èvolution du machinisme, ÈlÈment de l'appareil Èconomique; il faut Èlargir le dÈbat et considÈrer l'Èvolution Èconomique dans son ensemble. Les phases du machinisme ont variÈ depuis le XVIIIe siËcle. Certes, la roue est une machine puisqu'elle diminue l'effort ý fournir par l'homme mais en fait, le machinisme datge de l'utilisation de la force de la vapeur, car dÈjý des machines aidaiesn l'homme dans le textile par exemple, mais la force leur Ètant fournie par le courant des riviËres, leu usage Ètait limitÈ et leur rendement restreint. A parler exactement, ce n'est pas le machinisme qui a apporte bien-Ítre et bonheur matÈriel apparent aux masses; ce fut la captation des forces inÈpuisables de la houill, puis, plus tard, de la houille blanche, qui, multipliant le potentiel producteur de l'humanitÈ, permit de crÈÈer et de satisfaire des multiples besoins nouveaux: des appareils mÈnagers Èlectriques aux transports rapides, de la viande ý tous les repas ý l'appareil de TSF, du cinÈma hebdomadaire au week end ý la campagne. Nontons qu les besoins humains se classent en deux catÈgoriesl les besoins alimentaries quantitativemnt limitÈs et les uatres besoins pratiquemnt indpfinis. La machine fut mal accueillie parce qu'elle ÈvinÁiait dËs sa mise en service une main d'oeuvre de placemnet immÈdiat difficile. La durÈe de rÈÈducation professionnelle des ouvriers dÈsaxÈs crÈait un chÙmage ndÈmique qui justifiait en apparence leurs revendicaions, mais au fond la thËse de l'Èconomie classique, d'aprËs laquelle la machine, lin de provoquer le chÙmage, crÈer de la main-d'eoure, se vÈrifiat pendant tout le XIXe siËcle. pourquoi les faits vÈrifiËrent-ils cette thËse pendant cent ans pour la dÈmentir ensuite pendant vingt-cinq ans? Parce que trois ou quatre pays dans le monde furent d'abord les euls ý s'industrialiser. L'appareil Èconomique concentrÈ e Franc, e Angleterre, en Allemagne, disposait alors des dÈbouchÈs et des ressources du monde entier; les bzsoins nationalux qu'il statisfaisant ne reprÈpsentaient qu'une faible partie de sa capacitÈ de procution - prtiquemnt trois ou quatre nations possÈdaient le monde. Ce n'est pas les besoins ý satisfaire qui dirigent la pensÈe des entrepreneurs, mais le dÈsir d'utiliser au mximum le rendemnt de la machine. Les salaires, ayant une tendance naturelle ý croÓtre, il fallait, pour abaisser le rpix de revient, rÈduire la part d'amorissemnt supportÈe par chaque unitÈ produite. D'o˜m la nÈcessitÈ de farie travailler sans cesse la machine. Il se dÈmontrÈ que l'expansion productrice de la machine est aussi spontÈnÈe que celle des gaz. On en vint rapidemnt ý inverser l'ordre logique: tels besoins, tel travail, telle machines; la notion des besoins ý satisfaire, point de dÈpart normal du raisonnemnet, fut remplacÈe par lantion de la capacitÈ producttice de la machine. Dans l'industrie, les services commerciaux, obligÈs ý vendre tout ce que l'intÈnieur daignait leur fournir, en Ètaient rÈduits ý conquÈrir tous les marchÈs mondiaux, tant que la chose fut possible. De plus, 'lemploi de la machine a dÈtures effets qu renrocetn cette tenance ý la surproduction continue. La machine aide le tarvailleur, amis elle reprÈsente un capital ý amortir et ý rÈtribure. Donc, l'introduction de chaque nouvelle machine dans le mÈcanisme productuer, accroÓt l'importance du facteur capital dans l'Economie. la dÈcouverte de Watt, par exemple, donna un eimmense vleur aux mines de houille et un rÙel prÈpondÈraut aux "nouveaux" capitalistes qui les possdaient. Les bÈnfices qu'ils ralisaietn dans les affires ne pouvaient sue les inciter ý dÈvelopper leurs investissments industriesl. La machine ý vapeur impliq_ue la concentration autour de ses foyers de tous les moyens de production (ouvriers, matÈriel, capitaux). C'est donc un centr d'attraction qui attire vers la ville, d'autant plus que le machinisme intÈgrle postule, en rÈgime de librÈ Èchange, la disparition de l'agriculture dans les pays o˜ il s'st le plus dÈveloppÈ. En effet, les pouvoirs d'achat s'Èchangent contre des pouvoir sd'achat; la capacitÈ d'achat de l'agriculture est donc limitÈe par le montant de ses ventes; celles-ci ne peuvent dÈpaser un maximum, dÈterminÈ par la capacitÈ d'absorption alimentaire des hommes,; qui est limitÈe, comme nosu l'avons dit plus haut. Cependant, les atuers beoins Ètant presque indÈpfiniment extensibles, les produits industriels qui les satisfont peuvent s'Èchanger entre eux. Ceci conduit ý Èlever le niveu de vie des citadins; la disproportion avec le standard de vie des campagnes provoque l'exode des ruraux vers les villes. Cette lui qui joue entre les nations incita les pays agricoles fournisseurs de maniËres premiËres ý crÈer des industries chez eux; la machine qui se transprote partout, et les capitaux europÈens qui cherchaient ý s'investir dans les pays jeunes, favorisËrent cette nissance d'un nouvel appareil Èconomique, qui allait concurrencer l'Èconomie de la vieille Europe. Jusqu'en 1900, cette Èconomie fonctionna normalement sur le vieux continent; son accÈlÈration rÈguliËre et sans ý-coup, les Ènormes bÈnÈfices rÈalisÈs, permettaient d'amortir les capitaux. Gr’ce ý leur concentration et ý une action de masse puissamment iadÈe par la mystique socialiste, les ouvriers organisÈs en syndicats acquirent un rÙle politique suffisant pour obtenir la diminution des heures de travail et la hausse des salaires. A partir de 1860, quatre facteurs nouveaux vont contribuer ý gÈnÈraliser l'emploi de la machine: 1ƒ Les ouvriers multipliant leurs exigences, on cherche ý les remplacer par la machine qui est muette; 2ƒ La concurrence naissante des pays d'outre-mer, incite ý amÈliorer le rendemnt heure pour abaisser le prix de revient (ce qui donna ý l'appareil Èconomique un eplus grande vitesse); 3ƒ Le machinisme accroissant le rÙel de l'argent dans la production, les capitalistes (qui disposaient de vastes bÈnÈfices) facilitent la gÈnÈralisation de l'emploi des machines par des aports constants; 4ƒ Les dÈcouvertes, l'utilsitaion de nouvelles forces, les progrËs scientifiques crÈetnt des occations nouvelles de mÈcaniser l'industrie. C'est pourquoi la production, sans rËgle ni borne, est toute l'histoire des XIXe et XXe siËcles. Avant la guerre, comme on l'a vu prÈcÈdemenbt, la lutte Ètait dÈjý fortemnt engagÈe entre les vieux pays industriels et le monde. Les milieux d'expantion des Èconomies nationales commenÁaient ý s'amenuser. La guerre, apr ses destructions, accÈlÈra l'Èvolution, l'Europe n'eut pas torp d etoutes ses forces pour ses propres besoins; les pays d'outre-mer crÈËrent de puissants instruments Èconomiques our leurs besoins que l'Europe ne pouvait plus satisfaire, et pour ceux des belligÈrants. en 1919, il fallut reconstituer les stockds ÈpuisÈs; la France, gr’ce uax dommades de guerre, surÈquipa ses industries du Nord; l'Allemagne, gr’ce aux profis de l'inflation, enfit de mÍme; de leur cÙtÈ, les Etats-Unis et le Japon Ètaient devenus des pays industriels; l'AFrique du Sud, l'AmÈrique du Sud, l'Australie, ne supprimËrent Èvidemment pas leurs industiers rÈcentes, elles les abritËrent derrËre des barriËres douaniËres. Ainsi le monde commenÁa de surproduire. La situation n'Ètait plus saine. Deux expÈdients dissimulËren,t encore durant plusieurs annÈes la situation rÈelle: l'inflation des crÈdits et la suppression de l'amortissemnet. Dans une Èconomie inorgÈnisÈe (libÈrale disait-on), pour vaincre les concurrents, il faut abaisser les prix de revinet. Les ouvriers s'accrochainet aux salaires ÈlevÈs correspondant ý la pÈriode d'euphorie Èconomique, tandis que la par du capitl Ètait incompressible, car les oligarchies financiËres veillaient u respect de taux d'intÈrÍts lÈevÈs. D'autre part, la guerre ayant transformÈ des centaines de milliards den fumÈe, les capitaux rÈels, subsistant encore ne permettaint ps d'agbaisser substantiellemnet les taux d'intÈrÍt. Il restait trois recours: 1ƒ L'accÈlÈration de la vitesse de l'appareil Èconomique pour abaisser les prix. Cette mÈthode rÈclamait des machines, toujours des machines nouvelels, plus rapides, plus perfectionnÈes et plus chËres. Or, tous les pays s'entouraient de barriËres douaniËres de plus en plus ÈlevÈes. 2ƒ Le crÈdit. La guerre avait enseignÈ ý jouer de ce nouvel instrument. Les banqeus construisirent des pyramides de crÈdit pour dÈvelopper les usines, renouver leur Èquipement et masquer la perte de substance en capital drÈel. 3ƒ On en vint ý suppirmer l'amortissemnet du matÈriel, car remplacer un emachine vant qu'elle ne soit hors d'usage, c'est faire supporter aux prix de vente un double amortissement. Le remplacemnt est possible quand l'accroissement du rendemnt en vaut la pien et qund les dÈbouchÈs le justifient. Or, le monde se compartimentait d eplus enplus. Le crÈdit ý la consomation entretenait encore artificiellemnet la capacitÈ d'achat. La concurrence s'exerÁait ý l'intÈrieur de chaque pays entre les industriesl. On ruinait la petite Èpargne que la sociÈtÈ anonyme ploraise; ls crÈdits payaietn les jetons de prÈsence et les dividendes, mais il ešt ÈtÈ difficle de rembourser le capital. Cette sitaution contra narue ne pouvait s'Èterniser. Le crÈdit soutnait l'invrisemblable Èdifice, mais le crÈdit se contracte avec autant de rapiditÈ et de facilitÈ qu'il s'Èpanouit. Une vague de mÈfiance passÈ. Ce fut la dÈb’cle e Wall Street. Le crÈdit quie est du vent passa aussi vite qu'il avait souflÈ. Mais ce vent Ètait l'oxygËne d'une Èconomie artificiellemnt exaltÈe; en disparaissnat, il a condamnait ý l'Ètouffemnet La surproduction, latente depuis quinze ans, parut au grand jour, on vit que partout, els usines Ètaient ÈquipÈes pour des besoins triples des nÈcedssitÈs rÈels. Ce fut la cries, le chÙmage de millions d'hommes. %elle provoqua un repliemnet plus vir encore des pays sur eux-mmems; par la voie des contingentemtns et des rÈglemntations de devises, le monde a ÈtÈ conduit rapidemnet vers l'autarchie. Il est maintenatn aisÈ de rÈponder ý la quetsion posÈ. La machine a contribuÈ au chÙmage cutel, mais la folie des hommes et leur appaÓt du gain sont encore qplus qu'elle responsables. Le machinisme a des consÈquences dans d'autres ordres de faits: MÈcanisÈe ý l'excËs, la main-d'oeuvre a ÈtÈ rendue impropre ý toute autre besogne que celle qu'elle avit l'ahbite d'exÈcuter automatiques. MalgrÈ toute son habiletÈ, la machine n,e peut imiter le travil de l'artisan d'autrefois. Certains mÈtiers artistiqeus ont souffert de cette mÈcanisation; dans l'ensemble, la production est devenu eimpersonnelle. Par contre, le trvail a, vavant tout, une grande fonction Èducative. Sa nÈcessitÈ s'impose ý l'humanitÈ. Le chÙmage parmi les jeunes gens a des consÈquences effroyables car, il faut le souligner, la suppression ou la suspension du travail c'est, pour la lupart des individus, l'impossibilitÈ de devenir ou de rester des homes. La chaine est la suivante: machine, concentration Èconomiqe, conquÍte du monde, mÈcanisation, auto-dÈfense du monde, surproduction, crise, chÙmage; La machine est ainsi, avec la bÍtise humaine, la cause dÈterminaute du chÙmage sans en Ítre la cause antÈcÈdente. Du machinisme (Chapitre XXXVII de [Simart]) Lorsque des savants dÈsintÈressÈs eurent, par gÈnie spÈcultif et par expÈrimentations patientes, arrachÈ aux lois naturelles des bribes de leurs secrets, et qu'ils eurent dotÈ l'humanitÈ de ces moyens prodigieux que sont les machines thermiques et la domestication de l'ÈlectricitÈ, l'industrie s'empara avidement de ces dÈcouvertes. Son rÙle, sinon primordial du moins Èminent, fut de discipliner les forces nouvelles aux mille besognes commises depuis des millÈnaires aux mains humains. En peu d'annÈes, la vie matÈrielle du monde en fut transforÈme, son potentiel de jouissance multipliÈ. Des objets d'un cošt jusq'alors ÈlevÈ et dont l'usage Ètait rÈservÈ ý l'Èlite possÈdante en furent popularisÈs, leur emploi devint soudain familier ý des centaines de milions d'individus. Le progrËs dans cette voie alla de telle sorte que le simple bien-Ítre actuel d'un petit bourgeois ou d'un bon artisan ešt ÈtÈ un luxe inconnu aux plus grands de la terre d'il y a seulement quelques siËcles - ces secondes de l'univers. D'autre part, les fatigantes t’ches corporelles qu'il fallait bien qu'une portion de l'humanitÈ accomplÔt, depuis le dÈchargement des bateaux et la manoeuvre des pierres lourdes jusqu'au travail des mines, s'en trouvËrent adoucies et le bras de l'homme allÈgÈ par les muscles d'acier des machines. Tout d'abord, la mise ý la disposition de notre espËce, hier encore animale, de ces forces mystÈrieuses, l'Ètourdit un peu. On n'osa s'en servir qu'avec timiditÈ, on fut tout heureux des moindres rÈsultats. Le tour que l'artisant manoeuvrait au pied depuis des siËcles, on le pourvut joyeusement d'un volant, d'une courroie, et l'homme poursuivit la t’che ancestrale. C'est alors que des individus au cerveaux puissamment organisÈs, des hommes qui avaient le don de s'abstraire suffisamment pour qu'ý leurs yeux -tels ces hindous en priËre qui s'Èvadent de leur corps et pour qui toutes choses terrestres deviennent d'une mÍme grandeur- le matÈriel humain fšt sur le mÍme plan que la matÈriel machine, et qu'un ouvrier et outil ne fussent plus que deux ÈlÈments immatÈriels du problËme ý rÈsoudre, entreprirent d'augmenter notre puissance par une rationalisation de l'effort humain, par une spÈcialisation des besognes, par une fragmentation de la t’che totale rÈduite ý une suite de t’ches primires que le travailleur parvient ý exÈcuter en un temps beaucoup plus court. Brusquement, le monde industriel fut illuminÈ. Les rÈsultats pratiques donËrent d'ailleurs raison aux formules: le prix de revient d'un objet se rÈvÈlait bien moindre si chacune de ses parties Ètait fabriquÈe par par un ouvrier spÈcialisÈ, devenu par l'habitude extrÍmement adroit aux gestes sommaires qu'on lui demandait de rÈpÈter incessamment, sans plus. La perte de temps que constitue le passage de l'esprit d'une opÈration ý l'autre Ètait annulÈe. La rÈgularitÈ de la t’che simplifiÈe amenait cet automatisme sans lequel les Èducateurs disent qu'on ne sait pas, et qui permet seul l'instantanÈÔtÈ du rÈflexe. Un autre avantage industriel, dËs qu'il ne s'agit plus de crÈer un objet mais de fabriquer un millier de piËces identiques, ou de veiller sur le fonctionnemnet toujorus Ègal ý lui-mÍme d'une machine-outil, c'est qu'il n'est plus nÈcessaire de recourir ý des ouvriers d'Èlite, ni amoureux de leur mÈtier. Ce serait plutÙt le contraire. L'automatisme dompte mieux et plus vite les cerveaux rudimentaires. Des compagnies amÈricaines, paraÓt-il, ont poussÈ cette constatation ý l'extrÍme, embauchant de prÈfÈrence des ouvriers idiots pour certaines besoignes; au moins, la curiositÈ intelligence, le souci du beau travail ne les troublent pas... Ces exagÈrations Ècoeurantes mises ý part, il demeure que la spÈcialiation du travail, cet enchaÓnement de chaque homme ý la place exacte qui lui convient, devant un acte ÈlÈmentaire qui correspond ý ses facults, cette normalisation, ce taylorisme, ce fordisme, comme on voudra le nomer, aboutit ý une fabrication abondante et bon marchÈ des objets usuels, dont tous les habitants de la planËte profitent. Ce n'est pas rien, pour l'humanitÈ, d'avoir des automobiles telles qu'un contremaÓter peut y prÈtendre, et des appareils de T.S.F. gr’ce auxquels l'artisan le plus humble peut se distrire ý Mozart, ý Puccini ou ý des tangos argentins. Ces grandes idÈes thÈoriques issues d'Ítre rigoureux et vivifiÈes par de grands capitalistes, par les potentats milliardaires de l'industrie, ont eu pour rÈsultat une dÈmocratisation du confort et des jouissances qui fut un des ÈlÈments les plus actifs de l'Èvolution des moeurs. Mais dËs lors, du fait de cette rationalisation, le travail de l'homme cessa d'Ítre une activitÈ joyeuse, presque un bonheur en soi. Et cela c'est peut-Ítre le plus mortel danger que l'humanitÈ ait couru depuis la prÈhistoire. Quand l'ouvrier Ètait attachÈ ý une besogne intÈressante, quand on le chargeait de produire ý lui seul un objet complet, ce qui est Èvidemment l'idÈal en cette maiËre, ou mÍme, pour ne pas remonter ý l'’ge d'or, quand il collaborait avec quelques compagnons ý une fabrication, ce qui Ètait universel au XIXe siËcle et periste encore dans maintes usines de nos vieilles citÈs, son travail Ètait par lui-mÍme un but. L'homme quittait l'atelier, non pas certes en chantant comme on le voit aux images d'Epinal, mais avec la sensation que sa journÈe Ètait finie et qu'il l'avait bien employÈe. Il entendait par lý que sa t’che humaine Ètait accomplie. Certes il aimait ý retrouver des amis, et sa famille, et d'autres ditractions, mais, hors quelques pochards et d'incurables fl’neurs, l'acte principal de s vie Ètait rÈvolu. Aujourd'hui, lorsque l'ouvrier est une cellule anonyme de ces immenses organismes que sont les usines amÈricaines ou amÈricainsÈes, lorsqu'il frappe huit heures durant sur le troisiËme boulon gauche d'une piËce Èternellement renouvelÈe qui se prÈsente ý lui toujours ý la mÍme place ou lorsqu'il guide le choc d'une machine ý estamper qui crache un epar une des millions de piËces ÈbauchÈes dont il n'aura jamais une seule terminÈe entre les mains - l'homme finit par s'adapter sans murmure ý ce rÙle dÈpuillÈ d'initiative, qui rabat toute vellÈitÈ d'intelligence et qui annihile peu ý peu l'individualitÈ en ne lui demandant plus que d'Ítre l'organe visuel et enclancheur du complexe outil-homme. Un tel tavail sans saveur perd sa qualitÈ d'ÈlÈment essentiel d'une vie. Il n'est plus qu'un moment nÈcessaire mais partiel de l'existence et qui ne saurait prÈtendre ý la remplir. L'ouvrier s'en dÈsaffecte. Il pense, en travaillant, ý ce qui l'attend aprËs. La journÈe devient, et les mots mÍmes de la loi s'y prÍtent, un complexe o˜ l'on dort huit heures, o˜ l'on travaille huit heures et dont on vit alors les huit autres heures. Huit heures par jour de loisir et de joie! C'est littÈralemnet une merveille. Mais je ne puis m'empÍcher de songer que le sabotier que je voyais naguËre, en Morvan, fabriquer chez lui des sabots de l'aube au crÈpuscule, partant du fšt de noyer pour ne quitter la chaussure que polie et poncÈe et ornÈe de sa bande de duir noir - le sabotier avait toute la journÈe comme heures de joie. Qu'on ne se mÈprenne pas sur ma pensÈe. Je ne suis point jusqu'au bout le Mahatma Gandhi dans sa haine et sa proscription de nos mÈthodes occidentales; je ne demande point qu'on recommence dans chaque famille ý tisser ses draps ou son linceul. Les plus subtils philosophes me dÈmontreraient-ils que lý seulement est le bonheur qu je leur rÈpondrais qu'il est trop tard: l'Èvoltion ne saurait faire machine arriËre. Je dis seulement que nous sommes ý un moment dÈlicat du monde, et plein d'incertitudes et de dangers. Cetes, je la vois bien, la sociÈtÈ future, avec ses citoyens tous instruits et occupant leurs loisirs ý se dÈlasser judicieusemnt ou mÍme ý se cultiver encore l'esprit et le corps, et acceptant avec un tranquille sourire les quelques heures d'insipide besogne machinale dont la CitÈ aura besoin pour surveiller son mÈcanisme. Comme je les admire et les comprends, ces hommes complexes, ý la fois manoeuvres et intellectuels, ces vÈritables hommes libres! Le mal est que notre sociÈtÈ, trËs loin encore de ce stade de civilisation, a retirÈ au labeur humain son intÈrÍt de jadis et le charme qu'il pouvait avoir, sans accorder ý l'homme la possibilitÈ de reporter et intÈrÍt dÈsaffectÈ sur autre chose. Elle a donnÈ au travailleur le dÈsir de se distraire, mais ella oubliÈ de multiplier en consÈquence les bibliothËques et les lieux de sport. Alors, dame, les heures de travail rÈvolues, l'ouvrier se retrouve la tÍte vide, le coeur insatisfait, baillant et dÈsoeuvrÈ. Il va, ý son chois, au bisto, au cinÈma, au lupanar. J'aurais tort d'en parler comme d'Èpouvantails. En eux-mÍmes, et ý doses modÈrÈes, ce ne serait pas la mort des hommes. Ce qui es grace, c'est cette insatisfaction, ce dÈsir vabue, cette appÈtence de quelque chose d'ature, ce dÈgošt pour la vie prÈsente, qui met l'homme au dÈsespoir et le citoyen dans un Ètat propice aux pires idÈes de subversion. Le petit commerÁant ni l'artisan en chambre ne ressentent ý ce point la profonde crise de bonheur qui affecte la classe des ouvriers d'usines, lentement transformÈs en manoeuvres. Comment remÈdier au pÈril? Est-ce faire un rÍve trop hasardeux qu'imaginer le progrËs mÈcanique corrigeant les propres maux qu'il engendr? En somme, c'est principalemnt l'utilisation de la vapeur, force intransportable, qui a poussÈ les industriels ý grouper les artisans dans de vastes usines. Auparavant, de grandes affaires et de grosses fortunes s'Ètaient ÈdifiÈes, par exemple en Angleterre et ý Lyon, en distribuatn le travail ý domicile ý des milliers de familles. Ce que la vapeur - utilisation somme toute encore grossiËre des forces naturelles, approximation mÈdiocre d'une rÈcupÈration thÈorique de l'Ènergie - ce que la vapeur avait inÈvitablement centralisÈ, pourquoi l'ÈlectricitÈ, qui va partout, ne pourrait-elle le disperser de nouveau? Sans rÍver d'une France artisanale, il est certain qu'il est maintes industries qui s'accomoderaient d'un travail ý la t’che, sur machines-outils installÈes ý domicile. Quelques centaines de milliers de foyers pourraient Ítre ainsi reconstituÈs, rien que dans notre pays. Or, qui dit foyer Ètabli dit calme, respect de soi, absence ý peu prËs certaine de folies outranciËres. Le principe du foyer propriÈtÈ de chaque famille, il n'st pas niable que nous en avons mÈprisÈ l'importance. Si la bourgeoisie, au cours des derniers siËcles, avait consacrÈ quelques milliards ý la construction de maisons ouvriËres, payables par annuitÈs et acquises ý la veuve en cas d'accident, la proportion de rÈvolutionnaires, d'aigris et de dÈsaxÈs ne serait pas ce que nous montrent pÈriodiquemnt les scrutins politiques. Mais la disparition du toit familial, son remplacemnet par un campement entre quatre murs louÈs dont pas un platras ni une ferrure ne vous appartient, a mis au coeur de l'ouvrir citadin une incertidute de l'avenir, un sentiment de prÈcaritÈ qui le pousse aux aventures, qui l'incite ý jouer son va-tout. Pour ce qui est des hommes occupÈs ý ces t’ches qui nÈcessiteront toujorus de gigantesques outillages centralisÈs, il faudra rÈflÈchir s'il ne convient pas de revenir sur le morcellemnet de l'effort, s'io ne serait pas habile de recommencer ý donner un objet entier ý fabriquer ý un mÍme individu, au lieu de la condamner ý la confection Èternelle d'un epiËce dÈtachÈe. Les thÈoriciens du taylorisme Èclateront de rire ou d'indignation. Les gros industriels sortiront leurs barÍmes et dÈclareront qu'ainsi nous augmenterions le coefficient "main d'eouvre", d'o˜ le prix de revient total. La capaicÈ universelle serait en consÈquence diminuÈe dns une proportion calculble ý un dix-milliËme prËs... C'est possible. Je sais fort bien que si je pouvais organiser mon travail personnel de telle sorte qu'aucune seconde ne soit perdue dans ma journÈe, sans un geste inutile ni un regard distrait, j'augmenterais formidablemnet ma capacit de production, mon "rendemnet". Mais je sais aussi que je mourrais de dÈpression nerveuse en peu d'anÈnes, si ce n'est de semaines. Je ne doute pas non plus que l'humanitÈ ait un rendement matÈriel optimum avec les mÈthodes rationalisÈes du travail usinier. Je crains simplemnt que l'Ètat psychique du monde en p’tisse. [Simart] 6.2.1. InÈgalitÈs "On dÈsire Ègalemnt (et c'est trËs naturel) Ítre mieux logÈ, mieux ÈclairÈ, mieux chauffÈ, mieux nourri. Chacun de ces progrËs a beau se vulgariser trËs vite, il n'en accuse pas moins un peu plus la diffÈrence que crÈe la richesse et, rendant le contratste plus vif du riche au paubre, contribue ý dÈvelopper la voracitÈ des appÈtits qui fait les haines" [De Launay]  6.3. Les solutions et attitudes 6.3.0. Emerveillement/inquiÈtude "L'Èpoque ý laquelle nous vivons n'est-elle pas merveilleuse? ... nous assistons ý un Èpanouissement inouÔ de la science et de la technique. Des siËcles de travail acharnÈ ont ÈtÈ nÈcessaires jadis pour rÈaliser des progrËs que la science moderne effectue en l'espace de peu d'annÈes et mÍme de mois. ... Nous vons l'impression d'une explosion formidable des Ènergies crÈatrices... pour rendre l'Homme maÓtre de l'univers" [Aisberg] Mais aussi des inquiÈtudes "A cÙtÈ de grnds cataclysmes sociaux, ý cÙtÈ d'immenses catastrophes Èconomiques, au moment o˜ toutes nos conceptions habituelles changent de valeur et de contenu..." [Aisberg] La difficultÈ de la rencontre "Pour aller chez les Chinois, on peut choisir entre les gares du Nord ou de Lyon, le TranssibÈrien par Moscou ou le paquetbot par Marseille et Singapour... Mais pour aller chez les dactylos? .." [Roubaud] Contestation du tertiaire comme improductif [Roubaud] faisant Ècho aux marxistes "... le grand mÈpris de l'ancÍtre pour le scribe p’lot et bossu, pour le clerc besogneux qui consume sa vie chÈtive dans l'ombre des bureaux" [PonthiËre] "... tous les travailleurs: manuels, techniciens et savants" [Besnard] (Le bureau) "n'est pas dans l'entreprise un organisme parasiraire dont il faut avant tout redouter les vÈgÈtations" [PontiËre] "Le chef et ses lieutenants... s'installaient dans le prestige du fauteuil ý ressords, jouaient du tableau de commandement Èlectrique, affirmant leur pouvoir d'une brËve parole au tÈlÈphone intÈrieur, appelan ý eux, d'un geste distrait, par la simple pression d'un bouton d'ivoire, les jolies dames empressÈes ý blocs-notes et crayons pointus" [Roubaud] La recherche de solutions/l'adaptation L'armÈe de l'air allemande "avait dÈjý sur nous l'avantage d'une structure conÁue pour l'application d'un plan d'opÈrations moderne et prÈcis. Entre elle et les formations aÈriennes qui avaient disparu en 1919, aprËs la dÈfaite, il n'y avait plus de ressemblance. En France, nous avions assujetti le progrËs technique ý la prÈparation de la guerre passÈe" [Stehlin] 6.3.1. La foi, le courage "Vous devez vous dire que votre avenir est entre vos mains. POur qu'il soit brillant, il faut d'abord que vous ayez foi dans le travail... Le travail forcenÈ est aujourd'hui notre devoir ý tous... nous jouissons de le vie, d'autres sont morts pou rnous la conserver... Il ne faut pas qu'on puisse dire que nos frËres ne sont morts que pour assurer notre repos". [Dautry] "Donner ý l'ouvrier la possibilitÈ de vivre, en mÍme temps que des raisons de vivre" [Dautry] "... n'Ècouter... ni ceux qui veulent entretenir les conflits... ni ceux qui veulent dÈvelopper une production malsaine par un machinisme excessif, ni ceux qui veulent dÈtruire la machine qui a libÈrÈ l'homme" [Dautry] "Le scepticisme dissolvant n'est plus de mise" [Dautry] "Le vieux fonds franÁais de courage, d'altruisme et de sacrifice..." [Dautry] "Dans le coeur solidement trempÈ d'un pilote de ligne, il n'existe pas, cet effroi devant la mort qui fait aimer la vie terrestre au point que chacun de nous craigne de la risquer et de la perdre. Qui de nous, au contraire, n'a pas cette secrËte ambition, ce lÈgitime orgueil d'une fin digne de nos efforts, de nos luttes, de nos sacrifices librement et ardemment consentis". Mermos, in [Mortaine] Dans la mÍme collection, chez Plon en 1935: Jean Mermoz, Lyautey, La reine Astrid, Le roi Georges V, HÈlËne Boucher, Le roi Edouard VIII, Rouget de Lisme et "La Marseillaise", Les cadets de l'Alcazar, La princesse Marina. a paraÓtre : Le comte de Paris et la famille de France. 6.3.2. La rÈvolution 6.3.2.1. La rÈvolution qui se fait, qu'il faut assumer: "Nous assistons, non sans quelque stupeur, ý la fin d'un monde pÈrimÈ, que commence ý remplacer un monde nouveau. Cette nrÈvolution, dont les gÈnÈrations antÈrieures ý la Grande Guerre sont les victimes et les jeunes gens les tÈmoins indiffÈrents ou satisfaits, n'est pas moin sprofonde que celle qui a marquÈ la fin du XVIIIe siËcle" [De Launay] 6.3.2.2. qu'il faut comprendre: "Ce qui importe, c'est de fixer dans son Èvolution rpide le monde qui naÓt, le monde nouveau" [De Launay] RÈvolution: "On abuse pas mal de ce mot, trop souent et trop aisÈment dÈfini comme une utopie. Je ne veux en garder ici que le sens le plus gÈnÈral, celui de changement d'autoritÈ. [Rougement 36] 6.3.2.3. qu'il faut faire Marx, bien sšr. Mais aussi chez les plus modÈrÈs. Et ý droite, qui dÈbouchera sur la "rÈvolution nationale" de Vichy. "Les ignorants qui veulent recommencer la civilisation par l'’ge de pierre se rencontrent avec les blasÈs qui finissent par chercher leur satisfaction dans l'excentricitÈ, le cr’ne peint en vert d'un BAudelarie ou la queue coupÈe du chien d'Alcibiade. La puÈrilitÈ et le snobisme vont converger vers l'art nËgre" [De Launay] "... partout, ý travers le Monde, des courants rÈvolutionnaires de tendances diverses et souvent opposÈes essayent de se faire jour et de se dÈvelopper." [Besnard] "Le salut se trouvera dans cette rÈvolution lente et ample dont Lucien Romier a montrÈ l'avËnement" [Dautry] 6.3.3. DÈvelopper les machines Leur destruction est souvent ÈvoquÈe, mais qui est sÈrieusement pour ý l'Èpoque? Lombroso "C'est la science qui prolonge et amÈliore la vie humaine. C'est elle uqi, aprËs avoir libÈrÈ les esclaves, diminue chaque jour le dur travil des hommes et permet d'ouvrir ý tous le domaine consolant des joies du loisir, de lapensÈe et de l'art. InventÈ par l'homme pour servir l'homme, la machine ne peut Ítre rendue responsable de notre actuelle misËre"[Dautry] Horloge pointeuse: "Il Ètait nÈcessaire d'assurer un contrÙle des heures d'arrivÈe et de sortie du personnel qui fÓt disparaÓtre toute possibilitÈ de contestation sur les heures, source de conflits etnre contrÙleurs et contrÙlÈs: les contrÙleurs automatiques disposÈs ý l'entrÈe des ateliers ont rÈaliser trËs heureusement ce but" [Dautry] "Augmenter la productdion et surtout le rendement..." [Dautry] (baisser les prix de revient) "... la campagne qui est faite en faveur d'une compression de nos prix de revient. Elle s'apparente ý la dÈvaluation monÈtaire qui, dans l'esprit de certains, nos permettrait d'exporter parce que nous fabriquerions meilleur marchÈ! ... Plus on comprime les prix de revient, moins on a de chances de vndre au dehors. ... (car si)... je veux exporter des articles trËs bon marchÈ, gr’ce ý la compression indÈfinie de mon prix de revient (c'est ý dire en comprimant les moyens d'existence de mes ouvriers, car c'est Áa que cela veut dire), mes articles s'adresseront ý la masse des consommateurs Ètrangers... mon exportation sera trËs prÈjudiciable aux producteurs qui se sont installÈs de l'autre cÙtÈ des frontiËres, et ils ne tarderont pas ý trouver le moyen de refroidir mon zËle" [Duboin 35] (contre les machines) "Il Ètait certain pour moi que les excËs de l'industrialisme Ètaient ý la base de tous les problËmes de notre Èpoque, y compris ceux de la femme et qu'il Ètait urgent, si l'on voulait attÈnuer les maux de notre siËcle, de ne plus s'attacher ý des dÈtails mais de se dÈcider ý combattre l'ennemi dans son centre vital, le machinisme" [Lombroso] "Les Grecs, les Romains, les Egyptiens -comme les Chinois modernes- arrivËrent pour les machines... tellement prËs des mÈcanismes qui font l'orgueil de notre civilisation actuelle, que l'on se demande comment et pourquoi ils ne sont pas arrivÈs vraiment ý la rÈalisation de ces mÈcanismes. Je crois... qu'ils ne voulurent pas y arriver parce qu'ils Ètaient orientÈs ý redouter plus qu'ý envier le macines dont nous sommes si fiers". [Lombroso] "Nous savons que les prÍtres Ègyptions craignaient tellement la vulgarisation de leurs dÈcouvertes en physique et en mÈcanqiue, qu'ils avaietn deux Ècriture pour les fixer: l'une poru les initiÈs, l'autre pour le public". [Lombroso]... Aristote s'excuse de parler de physique "science mÈprisÈe des sages et des philosophes" "Rome fit un grand nombre de lois non seulement contre la diffusion de l'or, mais mÍme contre son extraction... Par contre, aucun effort n'Ètait mÈnagÈ pour diriger les Romains vers l'agriculture". "Il s'en fallut de peu que TibËre ne fÓt emprisonner l'inventeur d'une fabrication de verre mallÈable qui aurait permis de se passer d'un grand nombre d'ouvriers verriers. Il s'Èvertuait ý trouver du travail aux citoyens et jugeait dangereux celui qui inventait la machine ý rÈduire la main-d'oeuvre". En Chine, "Le gen qui interdit formellement ý chacun d'empiÈter sur le bien du voisin... ne peut s'accorder avec le machinisme, qui pourrait ý bon droit prendre pour lui la devise "AprËs moi le dÈluge"... il est contraire aux exportations "parce que celles-ci conduisent tÙt ou tard ý l'emploi de la force", il s'oppose aux sociÈtÈs anonymes "dans lesquelles chacun est tentÈ de satisfaire ses intÈrÍts contre deux des autres" "Les Chinois n'adoptËrent pas nos machines bien que les EuropÈens aient voulu les leur imposer avec la force parce qu'ils Ètaient contraires aux immoralitÈs indispensabls au triomphe de ces machines. Ils les adopteront peut-Ítre le triste jour o˜ triomphera la rÈvolution que nous avos provoquÈe et qui aura bouleversÈ leur tenace moralitÈ" "Le Christianisme le fut plus encore (contraire au machinisme)... Le christianisme - qui conduit l'homme ý un monde irrÈel - cherche, gr’ce ý cela, ý diffÈrencier l'homme de la bÍte, ý subjuguer ses sens, ý lui faire trouver de la joie ý les dominer et du plaisir ý se soumettre ý la faim, ý la soif, ý l'abstinence, ý la misËre; par le christianisme l'homme peut transformer sa douleur en allÈgresse, s'exalter et jouir de ses souffrances comme des biens les plus rÈels" "L'intelligence, le coeur, la sensibilitÈ, tout est concentrÈ dans l'adoratino de Dieu, dans la recherche des desseins de Dieu; il faut arriver ý faire abstractino des joies et des douleurs rÈeles, en s'imaginant et en goštant d'avance les joies Èterneles. Les dirigeants chargÈs de conserver cette orientation Èpient et rÈpriment tout ce qui pourrait rompre la trame fragile des songes magiques. ... l'idÈal de la richesse, de la santÈ, du commerce avec les peuples voisins n'Èveillait aucun Ècho ý cette Èpoque (le moyen ’ge), au contraire de la beautÈ, du patriotisme local, de la moale... Comment des hommes, ainsi orientÈs, auraient-ils pu apprÈcier des machines capables de procurer seulement le luxe et des plaisirs sensuels ou des mthodse de vie qui auraient ÈtouffÈ l'imagination et n'auraient visÈ qu'aux biens matÈriels? "Alors que les Romains, les Grecs ou les Chinois ont ÈtÈ dÈfavorables ý l'industrialisme pour des raisons politiques et morales, la civilisation mÈdiÈvale l'a ÈtÈ pour des raisons sentimentales" "Le moyen ’ge lutte contre toute innovation dans l'industrie, parce qu'il lutte pour la fixitÈ de la vie" ... "Et comme le dÈsir du martyre n'est pas frÈquent, il n'est pas Ètonnant de voir que les inventeurs, au lieu de divulguer leurs dÈcouvertes, cherchaient ý les cacher, et nous devos les dÈnicher dans le Dictionnaires Infernaux, les livre de magie du moyen ’ge, dans les machines de thÈ’tre, les Narrische Weisheiten o˜ elles se trouvent cachÈes aux yeux des profanes sous le couvert de la folie e de la bizarrerie" "Il y eut de tout temps des inventeurs, mais l'oreintation de l'Èpoque ne leur offrait pas souvent la possibilitÈ de rÈaliser leurs inventions et de les faire adopter par la mase. De mÍme nous offrons actuellement moins des possibilitÈs aux gÈnies philosophiqus et politiques qu'ils n'en auraient eu alors" ... "Je ne m'arrÍte pas ý discuter si le luxe que l'homme se procure aujourd'hui vaut l'intelligence et la morale qu'il a perdues. ... Mais il me semble que l'on peut dÈclarer ceci en toute assurance: qu'une conception de la vie, une orientation diffÈrente de la nÙtre peut exister, que les Romains, les Egyptiens, les Chinois, diversement orientÈs, avaient des aspirations, des rÈpugnances qui -directemnet ou indirectement- s'opposaient ý l'utilisation de la science dans un but industriel, ý la multiplication de la production, ý l'augmentation du gaspillage." "De mÍme pourtant qu'avec notre orientation, il nous est impossible d'arriver au degre o˜ Rome, la GrÍce, le moyen ’ge et la Chine arrivËrent comme perfection esthÈtique, politique, sociale et morale, perfection qui fut la consÈquance logique de leur orientation - de mÍme il ne leur Ètait pas possible de songer aux applications de machines dont le seul avantage est d'augmenter le luxe, les dÈpenses, les g’chages, l'ostentation, toutes choses qu'ils dÈdaignaient." [Lombroso] (origines du machinisme) "Pour que les machines collectives puissent agir, il faut qu'un grand nombre d'individus... soient libres et dispoÈs ý abandonner leur foayer... ý refouler leurs aspirations individuelles... pour travailer aveuglÈment aux ordres d'un industriel, et ý ses heures... uniquement en vue d'un certain salaire plus ou moins librement stipulÈ. "Or ce n'est ni toujours ni facilemnet, ni patout... "Ce fut lý la difficultÈ ý laquelle se heurta Sir Beaumont qui dÈcouvrit la "terre qui bršle". Lorsqu'il voulut exploiter le vastes gisements de charbon... il ne peut trouver des "mercenaires"... Aux Etats-Unis, lorsqu'en 1804 le gÈnÈral Humphrey ouvrit les premiËes fabriques de tissus, les paysans ne voulurent pas y envoyer leurs filles. Pour dÈcider les indigËres de l'Afrique, de l'AmÈrique ou de la Chine ý travaialler pour de l'argent, il fallut recourir ý l'alcoolisme ou ý l'opium... les villes luttaient pour s'enlever quelques artisans qualifiÈs 6.3.4. RÈduction du temps de travail Matignon: 40 heures, congÈs payÈs "la rÈduction de la journÈe de travail... sera peut-Ítre utile, mais ne sera certainement pas suffisante..." [Dautry] analyses de Jouvenel 6.3.5. Le protectionnisme/nationalisme "... le libÈralisme Èconomique absolu est mort. IL ne pourrait revivre sans ramener le niveau de vie des pays de haute et vieille civilisation, comme le nÙtre, au niveau de vie de spopulations le smoins ÈvoluÈes." [Dautry] "Le nationalisme Èconomique... il ne faut pas prendre l'importance des Èchanges pour une fin." [Dautry] "Ne faut-il pas en effet remettre d'abord la maison en ordre avant de penser ý instaurer l'ordre international" [Henri] "Ce nouvel Ètat de choses oblige la nation ý se rÈfugier dans l'autarchie, c'est-ý-dire ý vivre en vase clos, sauf pour les exportations qu'elle cherche, au contraire, ý dÈvelopper cošte que cošte". [Duboin 35] "Cette exaspÈration du nationalisme Èconomique gÈnÈralisÈ s'est exprimÈ nettement ý la ConfÈrence monÈtaire et Èconomique de 1933 ý Londres. RÈunis pour rechercher et trouver les bases d'une collaboration interntionale, les pays y reprÈsentÈs ne rÈussirent qu'ý faire ressortir leurs particularismes intransigeants" [Henri] "Ainsi s'unifient cÙtÈ ý cÙte une sÈrie de barbaries nationalisÈes qui doivent un jour, faisant explosion, s'opposer les unes aux autres en d'implacables et mortels conflits" [De Launay] "DÈjý, de tous cÙtÈs et malgrÈ tous les grands projets d'entente douaniËre qui semblent un moment sur le point d'aboutir, les frontiËres se ferment et se hÈrissent de prohibitions ou de douanes. En attendant les Etats-Unis d'Europe, toujours promis et toujours reculant dans les nuages, nous voyaons les dÈbris de plus en plus fragmentaires des anciens Etats s'envelopper jalousement de murailles de Chine" [De Launay] "On compte sur la SociÈtÈ des Nations: pivot d'illusions et de rÍves, sur lequel, au dire des optimises, doit sans heurts et sans secousses tourner le monde futur" [De Launay] La SociÈtÈ des nations "n'a -jusqu'ý prÈsent- que trop prouvÈ son impuissance. Elle n'a pas su faire oeuvre crÈatrice." [Henri] 6.3.6. La dÈvaluation et le taux de crÈdit Keynes, rÈpartir des richesses DÈvaluation anglaise 33, moratoire des banques aux US, dÈvaluation du dollar, bandon de l'Ètalon or 37, 38 deuxiËme et troisiËme dÈvaluations franÁaises "C'est en observant les dÈboires apportÈs par le systËme de l'Ètalon-or, dans son application entre 1925 et 1930, que certains en sont benus ý prÈconiser la dÈvaluation, c'est ý dire la diminution du poids d'or dontenu dans l'Ètalon monÈtaire, ou la monnaie sans support mÈtallique" [Henri] "La dÈvaluation n'est pas capable d'Ètablir un nouvel ordre Èconomique pour quatre raisons 1ƒ La dÈvaluation ne rÈsout pas la crise Èconomique 2ƒ La dÈvaluation ne rÈsout pas le problËme budgÈtaire ý moins qu'elle soit accompagnÈe d'une trËs sÈvËre dÈflation fiscale et budgÈtaire 3ƒ Puisque les dÈpenses se multiplietn, la dÈvaluation ne diminue pas les charges fiscales 4ƒ L'inflation monÈtaire, sous quelque forme qu'on la reprÈsente, y compris la dÈvaluaiton, ne peut provoquer le dÈmarrage d'une Èconomie en faillite" [Henri] Le salariat ne doit pas Ítre le seul ý souffrir des restrictions qu'impose la situation. Il faut crÈer des conditons favorables ý un abaissement du taux d'intÈrÍt du capital. Mais il serait utopique d'espÈrer beaucoup de cette mesure car il faudra, en mÍme temps, reprendre l'amortissemnet du matÈriel, notion trop oubliÈe. 6.3.7. La planification "Le libÈrlisme Èconomique, au moins au sens classique, est dÈsuet. ... Avec le libÈralisme, nous nous trouvons en face d'un enchevÍtrement de pignons, de ressors, et de manivelles, dont aucun ne commande tout le systËme" [Henri] "... dans une discipline qui s'appliquera ý l'organisation de la production et de la rÈpartion... Seul un Etat indÈpendant arbitrant en fin de compte des intÈrÍts incohÈrents... rejoignant les principes qu'avait conÁus le Moyen Age... limitation du nombre des maÓtres-artisans..." [Dautry] URSS systËmes planifiÈs de type socialistes [Besnard] "La solution du collectivisme est ý Ècarter nettemnt" [Henri] "Le socialisme, quoiqu'il s'en dÈfende, nous conduit, si l'on ne rÈagit pas contre lui, tout dorit au communisme, c'est ý dire aux travaux forcÈs" [De Launay] "L'Ètatisme et le protectionnisme plaisent ý quelques-uns parce qu'ils permettent de rÈgenter, de surveiller, de dominer et de constituer l'immense jeu de fiches reprÈsentant nos pensÈes et nos actes, nos biens, nos revenus et nos dÈpenses..." [De Launay] "Il est Èvident qu'il fallait couper la chaine au moment o˜ la ocncurrence devenant destructive, en organisant la productionL "La libre ocncurrenece, sans danger quand les horizons sont sans limite, devient mortelle en vse clos. Des expÈriencdes rÈcentes dans l'industrie automobile ont montrÈ les mÈfaits de la concurrence quand les marchÈs sont saturÈs. L'organisation corporative pour parer aux consÈquecnes des nationalismes Èconomiques devenait, vers 1920,, un impÈrtif absolu. "En fait, plus que de la concentration, le chÙmage est le fruit du dÈsordre professionnel."[Henri] (le laisser faire) "Pendant combien de temps des mÈcaniciens orthodoxes sont-ils venus nous assurer qu'il ne s'agissait, en somme, que d'une panne cyclique? Qu'il n'y avait donc lieu que d'attender que le moteur de l'Èconomie mondiale veuille bien repartir tout seul. Les partisans du laisser-faire ont-ils dÈsarmÈ? On leur rÈpondra que les crises d'autrfois Ètaietn des crises de disettes, provoquÈes prÈcisÈment parc quon manquait de tout. Qu'il est donc un peu puÈril de les assimiler ý une crise d'abondance ý laquelle on donne le nom de surproduction. Que si de crises de surproduction se sont dÈjý produits, on nen trouve aucune trace avant l'Ëre de l'Ènergie industrielle qui commence avec l'invention de la machine ý vapeur, c'est ý dire ý l'instant o˜ le gÈnie de l'hmme lui a permis d'utiliser les forces naturelles qui dormaient dans les forÍts prÈhistoriques et avec lesquelles il a dÈcidÈ les machines ý marcher toutes seules. Et cela remonte ý peine ý 150 ans! Se baser sur une pÈriode aussi courte pour Èdifier une loi Ètablissant la pÈriodicitÈ des crises de surproduction, n'est-ce pas un petit peu prÈsomptueux?" [Duboin 35] 6.3.8. La dÈcentralisation au sens gÈographique et politique "La petite vielle ou la ferme n'ont plus d'horizon. On y Ètouffe. L'horizon idÈal, dont on rÍve, c'est le ciÈma, Montmartre et les boulevards. Et les t’cezs bureaucratiques, ou la sinÈcure du fonctionnare, sont prÈfÈrÈes au rude travail de la campagne" [Henri] "Administrativement, la monarchie peut dÈcentraliser, car elle ne crait pas les dissociations qui guettent les rÈpubliques faibles (exemple de l'Espagne)... une dÈcentralisation matÈrielle, juridique et morale". [Henri] "Comme l'a dit BarrËs, "la nationalitÈ franÁaise est faite de nationalitÈs provinciales. Si l'une de celles-ci fait dÈfaut, le caractËre franÁais perd un de ses ÈlÈments. "Les institutions monarchiques permettront aux provinces de vivre la vie originale et forte qui est leur raison d'Ítre. Elles se reconstitueront rapidemnt, gr’ce ý la dÈcentraliastion Èconomique, ý la crÈation d'assemblÈes des intÈrÍts rÈgionaux, ý la renaissance des universitÈs provinciales, ý la dÈfense de la littÈrature et des arts locaux. "Les administrations centrales pourront alors rÈpartir l'essentiel de leurs attributions entre les diverses provinces. L'Etat recouvrera la libertÈ d'examiner ýlaoisir les problËmes gÈnÈraux pour lesquels, ý l'exclusion de tous autres, il a reÁu sa mission" [Henri] "L'emploi du moteur Èlectriaue a rendu possible la dÈconcentration de l'industrie et nous voyons dans cette tendance un remËde au chÙmage" [Henri] En 1936, Louis Renault installe sa premiËre usine dÈcentralisÈe au Sud du Mans. "LÈnine avait Ècrit: "L'ÈlectricitÈ, c'est le communisme". Nous pensons qu'il parlait pour la Russie seulemnet, ou alors ils s'est lourdement trompÈ, car l'emploi du moteur Èlectriaue a rendu possible la dÈconcentration de l'industrie et nous voyons dans cette tendance un remËde au chÙmage, donc aux ides subversives, dont les progrËs sont fonction de la misËre des hommes. "Le principal avantage de cet Èparpillemnet des entreprises rÈside dans le fait qu'il s'accompagne d'une dÈconcentration bancaire, rendant impossible l'octroi de ces crÈdits inconsidÈrÈs qui sont ý la base de la crise. Les banques rÈgionales et locales, qui connaissent personnellemnet les moyens d'action et les limites des entreprises qu'elles soutienne,nt, sont beaucoup plus prudents pour accorder des crÈdits que les grandes banques centralisÈes ý Paris. [Henri] au sens organisationnel "Dans l'organisation de votre travail, sachez ý la fois concenter et dÈcentraliser" [Dautry] peut se coupler avec le rÈgionalisme, le retour ý la terre "Aujourdh'ui les dÈbouchÈs de l'industrie reprennent une grande importance dans l'agriculture nationale; ils osnt fonction des prix de vente des denrÈes alimentaires. Il faut donc revaloriser celles-ci; renversant la tendance des siËcles derniers, pour abaisser le niveau de vie des villes, il faut Èlever celui des campagnes, ce mouvemnet de bascule arrÍterait l'exode vers les villes et ý la vÈritÈ, seule une civilisation nouvelle, plus rurale que citadine apporte un horizon d'espÈrance." [Henri] avec le corporatisme des monarchistes "Son programme est le corporatisme rÈgional et national, avec le contrÙle et la surveillance de l'Etat". Ses consÈquences sont terribles pour l'vourirer parce qu'il n'a que son salaire pour vivre. C'est pourquoi l'agriculture peut connaÓtre la misËre mais elle ignore le chÙmage. Or, la corporation, en faisant de l'ouvrier un "multicapitaliste" participatnat au patrimoine corporatif, familial et personnel, lui Èvite de compter sur la charitÈ publique dans les pÈriodes de malheur. (autarchie individuelle) "La baisse gÈnÈrale du pouvoir d'achat... fait dÈsirer ý certains hommes de pratique l'autarchie des individus... Une petite maison et juste le terrain nÈcessaire pour me permettre de vivre de mes lÈgumes, de ma base-cour! Ne plus connaÓtre, enfin, les besoins d'argent qui empoisonnent l'existence"... Faisons lui remarquer que le genre de vie qu'il rÈclame est prÈcisÈment celui des BerbËres, au sud de Marrakech. Point n'est donc besoni d'aller leur vanter les besoins de notre civilisation, si c'est pour les rejoindre dans leur misËre. Mais, ý l'amateur d'autarchie individuele, il n'st facile de dÈmonter qu'elle n'est mÍme pas praticable en France en l'an de gr’ce 1935" [Duboin 35] 6.3.9. SpÈcialisation "Le dÈfaut commun aux organisateurs et ý la plupart des mortels, leur pÈchÈ mignon, est de regarder leur ouvrage avec des oeillËres. L'ingÈnieur et le mÈcanicien ne considËrent que les techniques, les machines et les procÈdÈs administratifs qui augmentent une production brute, le psycho-technicien rÈservera toutes ses faveurs aux problËmes psychologiques, le physiologiste aux moteurs humains, le comptable ý la comptabilitÈ, etc. Le difficile est de fire le tour complet d'un systËme travaillant complexe, d'en examiner les aspects nombreux." [PonthiËre] "Toute fonction doit avoir son organe"[PonthiËre] 6.3.10. Distinction programmable/non programmable "Dans le cas o˜ le chef est complËtement informÈ par ses bureaux, il lui suffit de dÈduire avec certitude une dÈcision imposÈe par les faits, il fait acte d'administration expÈrimentale. Dans les autres cas, quand l'incertitude lui permet un choix ou quand sa passion l'empÍche d'entrendre son bureau, il fait acte d'administration empirique, intuitive, passionnÈe, qu'on appelle aussi "poligique" et qui serait le privilËge du gouvernement." [Ponthiere]^ 6.3.11. Le chef. Formation des Èlites "Je demande aux techniciens de la machine de concevoir leur rÙle d'une faÁon large, humaine, qui dÈpasse les exigences de leur profession quotidienne... il faut que l'ingÈnieur soit humain" [Dautry] Le "Chef" obÈi et responsable est indispensble dans toute entreprise, toute organisation de lutte, de travail ou de production" [Dautry] 6.2.12. Un pacte social "Pour conclure avec l'ouvrier un accord stable et fructueux dont tout le monde profitera et pour susciter un nouveau pacte social, cette atmosphËre de gÈnÈreuse allÈgresse... il ne faudrait a-t-on dit, qu'un peu de bonheur et de propagande..." [Dautry] la croyance ý des solutions qui rÈsolvent tout, des systËmes "Ce systËme... aura pour but de rÈaliser la synthËse des intÈrÍts particuliers et tendra, par lý-mÍme, ý l'Ètablissemnet d'un intÈrÍt gÈnÈral sur la base de la plus grande ÈgalitÈ sociale." [Besnard] "Tous les remËdes, tous les plans proposÈs pour ressusciter le passÈ sont autant de devis de rÈparation ý effectuer sur moteur qui est bon pour la ferraille.. Que manque-t-il donc aux FranÁais pour Ítre, tous, plus riches qu'ils ne l'ont jamais ÈtÈ Une lÈgislation de l'abondance remplaÁant toute la lÈgislation de la raretÈ" [Duboin 35] 6.2.13. La guerre Hitler "... cet Ètat de malaise chronique o˜ l'on ne redoute plus, o˜ l'on attend avec rÈsigantion une guerre devenue inÈvitable, comme le soulagemnet d'un abcËs qui crËve" [De Launay] "Combien de gens, avant 1914, dÈclaraient: "La guerre est impossible, parce que les banques de tous les pays ont des intÈr^ts trop enchevÍtrÈs... La finance ne pourrait pas arrÍter la guerre, mÍme si elle le voulait. Elle a beau faÁonner l'opinion Èlectorale par sa domination despotique sur la presse... Ce qui l'intÈresse, ce sont les affires nouvelels, les fournitures de guerre, les Èmissions, le jeu sur les variations des changes, les spÈculations sur ces larges dÈplacements de cours qu'amËnetn dans toutes les Bourses les pÈriodes critiques. La solidaritÈ internationale joue pour s'en partager les profits, non pour rÈduire ces profits en en tarissant la meilleure source... Les assurances ne suppriment pas les sinistres. Quand le commerce va mal, il arrive qu'elles les multiplient." [De Launay] "Les Bulgares, les Roumains, les Serbes et les Grecs ne sont sortis du joug turc que pour se battre entre eux... La mode chirurgicale n'est pas aux greffes, mais aux sÈparations de frËres siamois, sauf ý ce que chacun des amputÈs occupe ensuite un siËge ý GenËve" [De Launay] 6.2.14. L'humour Diverses BD sur le machinisme (dÈjý, Robida) Charlot le film o˜ tout le monde ý l fin pÍche ý la ligne Le refus et le passÈÔsme. Georges Duhamel. La culure "Pour reprendre les termes de Sorel, disons qu'on en est arrivÈ ý considÈrer la culture comme un produit de consommation, et non comme une activitÈ de production" [Rougemont 36] ... "SÈparation du peuple et des "gens cultivÈs", sÈparation de l'esprit et des pouvoirs rÈels, voilý le terme d'une Èvolution, ou miux d'une dÈcomposition dont nous sommes les victimes, par surcroÓt de malheur inconscientes. On peut rÈsumer dun seul mot les effets de cette dÈcadence: c'est un dÈsaisissement de la culture" [Rougemont 36] "On voit maintenant l'importance dÈcisie de ce que j'appelle la commune mesure de la pensÈe et de l'action. On voit que cette commune mesure est l'essence mÍme de toute culture" (Rougemont 36] 6.2.15. Sublimation religieuse bonne santÈ des couvents, Jeanne d'Arc "Le rel’chemnet spirituel de l'individu, le dÈsir d'accroÓtre le bien Ítre, de jouir un peu de la vie de la citÈ" [Henri] "L'homme moderne a perdu jusq'uý la notion, jusqu'au gošt de la solitude et du silence" [De Launay] "Il est un remËde d'un autre ordre (au chÙmage) dont l'importance n'est pas moindre: il faut refaire l'Èducation spirituelle de l'humanitÈ. Le vrai responsable, c'est l'homme. C'est le capitaliste qui voulait des dividendes et des intÈrÍts ÈlevÈs, c'est le financier qui, pour toucher des commissions, envoyait l'industriel ý l'abÓme, c'est l'industriel qui n'a pas su prÈvoir un destin pourtant clair, c'est l'ouvrier qui voulait travailler toujours en touchant toujours davantage. Est-il logique d'avoir tentÈ d'exploiter le monde entier et de s'indigner en voyant les autres se dÈfendre. La machine est une invention humaine, c'est une chose, c'est la chose de l'homme, celui-ci ayant un esprit, s'il n'avait pas prostituÈ cet esprit, s'il n'Ètait pas devenu matÈrialiste, la machine ne l'aurait pas asservi. Les paroles du Testametn :"ConquÈrez la Terre" ne signifiaietn pas que l'homme pourvait Ítre remplacÈ par l'instrumetn qu'il arracherait ý la terre, mais qu'il devait s'en servir pour allÈger sa t’che. Demandons aux fauterus de ces dÈsordres un grand acte de courage, qu'ils renoncent aux chimËres qui justifient leur paresse, leurs gošts du lucre et leurs besoins de jouissance exaspÈrÈs. Devant les faits inÈluctables comme la restriction du rythme Èconomique par la limitation des besoins alimentaires, l'homme, sans renoncer aux avantages matÈriels, doit mÈditer et rechercher un nouvel ordre donnant la suprÈmatie aux valeurs morales" [Henri] 6.3.16. AutoritÈ, dictature, fascisme "... chez les plus agissants de ces tout jeunes, un besoin assez gÈnÈral de discipline qui contraste avec l'individualisme et le libÈralisme des gÈnÈrations antÈrieures" [De Launay] "C'est un dilemme: ou bien la RÈpublique reste dÈmocratique, c'est la faillite; ou bien elle se rÈsout ý la dictature d'un homme ou de quelqus uns, et ce n'est plus la DÈmocratie" [Henri] "L'Anglais, qui garde comme nous la tradition surannÈe du parlementarisme" [De Launay] "Les rois subissaient jadis parfois des remontrances de leurs parlements, tandis qu'aujourd'hui les parlements devenus rois ne songent plus ý se morigÈner eux-mÍmes" [De Launay] "De tous cÙtÈs on aspire vers l'autoritÈ, vers la discipline, vers la dictature: que celle-ci doive Ítre d'ailleurs exercÈe par un Mussolini, un Staline, un Mustapha Demal, un Hitler, un Roosevelt, beaucoup moins diffÈrents dans el fond que dans la forme" [De Launay] "Puisque nous sommes vouÈs au despotisme, mieux vnt encore la forme de Mussolini que celle de LÈnine" [De Launay] Variante monarchiste: "FidËles hÈritiers d'une tradition millÈnaire qui nous fut transmise de pËre den fils, nous voulons forger, avec le peuple, le destin de la France" [Henri] "C'est du cÙtÈ de la constitution mÍme de la sociÈtÈ qu'il faut chercher la solution" [Henri] "La dÈmocratie vit au jour le jour. La dictature ne pense qu'au lendemain. La monarchie rËgle le prÈsent et prÈvoit l'avenir" [Henri] "L'Eglise, dont la doctrine a toujours ÈtÈ de rendre ý CÈsar ce qui appartient ý CÈsar, c'est ý dire de servir, quels qu'ils soient, tous les gouvernemnts Ètablis, a comrpis que le peuple Ètait aujourd'hui le souverain et s'st appplique un peu bruyamment ý encenser les dÈmocraties" [De Launay] 6.3.17. RÈduction du nombre des fonctionnaires "La monarchie n'a pas besoin d'un corps de plus d'un million de fonctionnaires pour assurer les Èlections" [Henri] "L'Etat fort n'est pas et ne peut Ítre l'Etat apte ý toutes les t’ches. La force ne lui vient que lorsqu'on l'a rÈintÈgrÈ dans ses foncions propres et rendu compÈtent sans parage dans son ordre. Un pays ne saurait se prÈtendre rÈellemnet libre que si la puissance publique y est rÈduite au minimum indispensable; sÈcuritÈ intÈreirue et extÈrieure, justice impariale, finances publiques saines" [Henri] 6.3.18. Minimum vital et action sur les bas salaires "L'avenir du pays exige que tout FranÁais puisse fonder et lever une famille. La richesse naturelle de notre pays, lorsqu'il sera bien gÈrÈ, doi tpermettre d'amÈliorer la condition de l'ouvrier. De mÍme, la garantie d'un minimum vital ý chaque famille est la plus essentielle des rÈformes." [Henri] Pour rÈsorber le chÙmage, il est visible que l'on est obligÈ d'Èvaluer les salaires sur de nouvelles baes. Il faut Ègaliser les conditions, reviser le standard de vie gÈÈnral, en soulageant, avec les bÈnÈfices obtenus, la misËre des chÙmeurs, non pas en leur accordant des secours, mais en leur procurant n travail rentable. [Henri] "Aujourd'hui mÍme, malgrÈ les expÈriences si nettes de l'Allemagne et de l'Angleterre, un parti puissant ne veut-il pas nous imposer l'assurance-chÙmage? . 6.3.19. Politique nataliste La production sans cesse dÈveloppÈe, il faut concevoir une augemntation du nombre des consommateurs. Or l'enfant est un consaommateur de premier ordre, car c'est un destructeur qu ne produit rien jusqu'ý quinze ans. "Vous croyez ý la surproduction, s'Ècriait Mussolinie. Il n'y a pas de surproduction. Il y a une sous-consommation. La dÈnatalitÈ est une des causes de la crise. Il faut avoir des enfants, beaucoup d'enfatns. Moi, j'en ai cinq. L'enfant est un consommateur remarquable car il dÈtruit tout: ses livres, ses jouets, ses vÍtements: il mange! La vie Èconomique d'un pays dÈpend de sa population. Croire qu'un peuple nombreux devient un peuple pauvre est une erreur. Quand j'Ètais jeune, j'ai vÈcu dans une province dÈpeuplÈe et misÈrable; aujourd'hui, elle est trËs habitÈe, aussi la vie y est-elle plus facile. Les nations doivent avoir beaucoup d'enfants si elles ne veulent pas mourir..." Les paroles de l'Ancien testament: Croissez et multipliez, reprennent une saisissante actualitÈ. 6.4. Femmes/fÈminisme "L'Èmancipation fÈminine est un autre trait caractÈristique du monde nouveau. Aux garÁons affirmatifs et imberbes se mÍlent partout des jeunes filles aux jupes courtes et aux idÈes longues... "L'attitude que vont prendre les femmes dans les questions politiques et sociales o˜ elles commencent ý intervenir directemnet peut produire une rÈvolution comparable ý celle qui a anÈanti le monde antique le jour jour o˜ le christianisme les a fait sortir du gynÈcÈe. Le bulletin de vote n'st pour elles qu'un moyen d'influence ajoutÈ ý beaucoup d'autres. Mais qui sant dans quelle direction cette influence va s'exercesr? Ce ne sera pas, ý coup sšr, dans le sens du calcul impartial et abstrait. Ne va-t-il pas en rÈsulter un ÈlÈment de nervositÈ, de sentimentalitÈ, ajoutÈ ý la la fÈbrilitÈ que les heures angoissÈes de la guerre ont trop souvent introudites dans les tempÈraments, au physique comme au moral" [De Launay] "On verra sans doute se rÈaliser... cette Ègalisation, cette identification de la femme ave c l'homme que l'on appelle solennellemnet l'Èmancipation de la femme. Les femmes feront alors de la politique, ni plus ni moins mauvaise que celle des hommes, peut-Ítre seulemnt un peu plus impulsive, fÈbrile et sentimentale. Mais, si l'on veut parler histoire naturelle, l'Èvolution des Ítres semble plutÙt tendre ý leur spÈcialisation qu'ý leur confusion et la diffÈrenciation des sexes dut apparaÓtre ý son premier jour un progrËs quand ne connaissait encore que des hermaphrodites. Il n'est donc pas ^sur que, dans l'ensemble, l'humanitÈ gagne au dveloppement actuel des androgynes". [De Launay] "La culture intellectuelle que l'homme n'a plus le temps d'acquÈrr, Ètant dÈsormÈs vouÈ ý la mÈcanique appliquÈe et aux affaires, c'est la femme qui se l'assimile ý sa place... Peut-Ítre ainsi saveront-elles quelque chose de notre histoire, de notre langue et de notre orthographe" [De Launay]^  7. Arts, lettres, jeux. Sport. Jeux olympiques ý Los Angeles (32) et Berlin (36) Musique En 1937, disparaissent Ravel , Vierne et Gerschwin. Jazz. Conferencia: classiques, surtout Chopin Olivier Messiaen: le groupe de la Jeune France. Peinture Picasso (Guernica), Braque: cubisme, collage Dali (surrÈalisme) Marquet? CinÈma. Dr Jekyll et Mr Hyde (le livre date de 1885), Frankenstein, L'homme invisible Chaplin: Les lumiËres de la ville. Les temps modernes W.C. Menzies: La vie future (cinÈma) J. Renoir: La grande illusion. CarnÈ: Quai des brumes Philosophie. ValÈry: Regards sur le monde actuel. Bergson. Les deux sources de la morale et de la religion. L'Èvolution crÈatrice Carrel: L'homme cet inconnu. Aspect original que cette vue d'une Èlite d'hommes de 50 ans. Aujourd'hui fait peur par son Èlitisme et son eugÈnisme. Encycliques Quadragesimo Anno, Divini Redemptoris, "Mit brennender sorge" (1937, aux Allemands) 1937. CatÈchisme ý l'usage de tous les diocËses Le catholicisme "Sous une apparence immuable et universelle qui constitue sa caractÈristique, le catholicisme poursuit une lente Èvolution, gr’ce ý laquelle il adapte peu ý peu sa forme extÈrieur, sinon son fond, ý la mentalitÈ des temps nouveaux. "Il rÈpond, pour ceux que la politique seule ne satisfait pas, au besoin d'une discipline, d'une orthodoxie... Je ne crois pas qu'au moyen ’ge mÍme le mot d'ordre parti du Vatican ait ÈtÈ accueilli avec une soumission aussi docile qu'aujourd'hui. En tout cas, il n'en Ètait pas ainsi du seiziËme au dix-huitiËme siËcle. "En mÍme temps qu'elle st devenue plus rigide et plsu intransigeante sur les textes, l'Eglise a acquis dns les appliations une souplesse inusitÈe, o˜ on peut Ítre tentÈ de voire l'influence de l'esprit communÈment attribuÈ aux jÈsuites. "L'Eglise se plie aux exigences nouvelles de la science et, convaincue avec raison q'ue, puisqu'elle reprÈpsente la VÈritÈ, elle doit en me^me temps enbloger toutes les vÈritÈs, elle se fait gloire aujourd'hui d'avoir des observatoires, des laboratoires, des Ècoles de langues orientales. Il n'est plujs question depuis longtemps de condamner GalilÈe, et je ne sis si l'Èvolution darwinienne elle-mÍme, rigidement proscrite par le protestantisme amÈricain, n'est pas aujourd'hui tolÈrÈe ý Rome. L'enseignemnet de la chaire ne tonne plus guËre contre des doctinre mÍme trËs audacieuses; l'ÈlectricitÈ, la T.S.F. et les haut-parleurs ont pris leur place dans les cathÈdrales. La morale joue un rÙle de plus en plus important dans l'enseignemnet courant au lieu de la thÈologie et du dogme. [De Launay] "Mais le changemnet le plus manifeste... est relatif aux doctrines sociales, dont la place tend chaque jour ý envahir davantage l'activitÈ des prÍtres et des fidËles. [De Launay] LittÈrature Bernanos: Les grands cimetiËres sous la lune CÈline: Voyage au bout de la nuit Chokolov: Terres dÈfrichÈes T.S. Eliot: Meurtre dans la cathÈdrale Eluard: Chanson complËte Gide: Retour d'URSS, Journal Hemingway: Pour qui sonne le glas Huxley: Brave Hew World. Discussion: - il a raison en ce sens que l'hÈdonisme, l'hygiene, a gagnÈ, et les hÈros comme son sauvage inspirent moins la sympathie qu'ý l'Èpoque - par contre erreur sÈrieuse sur le besoin d'epsilonnes; nous en avons eu besoin ý une certaine Èpoque, et nous l'avons rÈsolu par l'immigration, mais maintenant les choses vont en sens inverse J¸nger: Les falaises de marbre Llorca: La maison de Bernarda Alba Malraux: La condition humaine, L'espoir (guerre d'Espagne) Mauriac: Le noeud e vipËres Giraudoux: La guerre de Troie n'aura pas lieu. Romains: les hommes de bonne volontÈ (Premier volume). Salarcrou: Histoire, La terre est ronde Sartre: La nausÈe, Le mur Steinbeck: Des souris et des hommes, Les raisons de la colËre Les Tharaud Toynbee: DÈbut de la Study of History Jeux Le Trente et Quarante ý nouveau autorisÈ en France Pierre Albarran, progrËs du bridge Doctrines politiques La science, inspiratrice de modËles philosophiques (notamment de l'histoire) "Les ÈvÈnements ne sont pas poussÈs en ligne droite par un piston, mais entraÓnÈs dans des courbes comliquÈes par un jeu d'engrenages auxquels commande la perforation d'un carton invisible" [De Launay] "Il ne faut pas trop reprocher au monde moderne un mouvement perpÈtuel qui manifeste sa vie. D'ailleurs le monde moderne ne se compare pas, lui, ý un pendule, mais ý un projectile. Ils est bien trop convaincu que sa trajectoire, pourvu qu'elle soit suffisamment tendue, doit l'emporter vers le progrËs. [De Launay] "Dans l'ahurissemnet causÈ par le perpÈtuel dÈfilÈ de toutes ces formes changeantes que prennent et aboandonnent nos conceptions, nos dogmes, nos principes, nos illusions, cette nouvelle forme de crÈdulitÈ ý base d'algËre ou de physique a simplement pris la place des anciennes" [De Launay] Marxisme/capitalisme J.H. Keynes: ThÈorie gÈnÈrale de l'emploi, de l'intÈrÍt et de la monnaie. DÈsirs de solutions de synthËse (les valeurs) "ne permettent pas plus de condamner en bloc le capitalisme ou le libÈralisme... que ce qu'il y ade genÈreux dans les lois sociales, de juste dans le syndicalisme, de raisonnable dan sla dÈfintion par la puissance publique des bases harmonieuses de l'Èconomie nationale" [Dautry] Pour une science de l'homme [Dautry], faisant Ècho ý Carrel et ý ValÈry: "Cette science de l'homme et cette organisation de la vie de l'homme... Science qui permettra de dÈfinir, non plus seulement ý quelles conditions physiques, mais ý quelles conditions mentales, spirituelles, morales, Èconomiques, civiques, l'homme peut s'adapter harmonieusement au monde moderne, c'zets ý dire y vivre heureux, ÈquilibrÈ, dÈsireux de s'y reproduire. Organisation qui rÈalisera pour l'homme un milieu en harmonie avec ses potentialitÈs. 9. Politique gÈnÈrale International Une sociÈtÈ des nations 1932. Ouverture de la confÈrence du dÈsarmement. Abandon des rÈparations ý la confÈrence de Lausanne. ConfÈrence de Stresa. Pacte de non-agression franco-soviÈtique. La France refuse de rembourser ses dettes aux Etats-Unis. France, Allemagne, Italie, Angleterre signent un pacte ý quatre. Entrevue Hitler-Mussolini ý Venise. Echec de la confÈrence du dÈsarmement. L'URSS admise ý la SDN. "On voit, dËs aujourd'hui, les Etats-Unis exercer leur action sur la politique europÈenne et le Japon tenir sa place ý cÙtÈ des grandes puissances". L'Europe, prise dans un Ètau, est mnacÈe ý la fois par les Yankees et par les Scythes, en attendant que les noirs d'Afrique s'arment ý leur tour". [De Launay] "... la vapeur, en changeant les conditons de la navigation, a fait sortir la civilisation de l'orbite europÈenne et rÈduit l'Atlantique aux proportions d'un vaste fossÈ pareil ý celui que constituait prÈcÈdement, pour les navires ý voile, la MÈditerranÈe entre l'Europe et l'Afrique. L'Atlantique ayant pris la place de la MÈditerranÈe avec son orienation nord-sud et non plus est-oues, on a assistÈ alors l'intervention croissante des Septentrionaux, anglais et allemnants, intervention facilitÈ par la richesse exceptionnelle en houille que le hasard des temps primaires avait attribuÈe ý ces mÍmes pays" [De Launay] 1935. Accord franco-italien de Stresa. TraitÈ d'assistance mutuelle entre l'URSS et la France. Entre l'URSS et la TchÈcoslovquie. Accord naval anglo-allemand. France Assassinat de Doumer. Albert Lebrun, prÈsident de la RÈpublique 34. En France, ministËre Daladier. Manifestation et fusillade place de la concorde. MinistËre Doumergue. 36. Victorie du front populaire aux Èlections franÁaises. GrËves avec occupation d'usines. MinistËre Blum. Allemagne Faillite du Kreditanstalt de Vienne. L'Allemagne suspend ses paiements internationaux. RÈÈlection de Hindenbourg, mais Hitler obtietn 36,8% des voix. MinistËre Papen. Entrevue Hindenburgh-Hitler. MinistËre Sleicher. Dollfuss, chancelier d'AutricheHitler liquide par l'assassinat Roehm et les opposants internes. Shacht ministre de l'Èconomie du Reich. Mort de Hindenburgh. Hitler maÓtre absolu du Reich. Emeutes socialistes de Linz et Vienne. Assassinat de Dollfuss. 34. Hitler opte pour l'alliance du grand capitalisme. Il devient chancelier du Reich. Incendie du Reichstag. Ouverture des camps de concentration. Hitler se fait donner les pleins pouvoirs. PremiËre journÈe officielle antisÈmite. Le parti nazi, parti unique. L'Allemagne quitte la confÈrence du dÈsarmement et la SDN. PlÈbiscite massif en faveur de Hitler. 35. PlÈbiscite en Sarre, qui retourne ý l'Allemagne. Hitler rÈtablit le service militaire obligatoire. Lois racistes de Nurenberg Dollfuss interdit le parti communis te et le parti nazi en Autriche. Grande famine en URSS 36.Hitler dÈnonce le traitÈ de Locarno et fait occuper la RhÈnanie. signature du pacte anti-Komintern nippo-allemand. Les Italiens prennent Addis-Abeba. Abrogation des sanctions contre l'Italie. 38. Hitler, chef suprËme de la Reichswehr. Schussnigg chancelier d'Autriche, sommÈ ý Berlin. L'Anschluss. Hitler ý Vienne. Angleterre 36. Mort de George V. Edouard VIII, il abdique. George VI. L'Angleterre abandonne l'Ètalon-or, puis le libre-Èchange "L'Angleterre, avec ses millions de chÙmeurs dont ni la faillite de la livre sterling ni l'abandon du libre Èchange n'ont jusqu'ici rÈussi ý rÈduire sensiblement le nombre, arrive ý une Ètape douloureuse de don histoire que l'orgueil britannique s'obstine ý croire momentanÈe. Elle a trouvÈ, depuis un siËcle, trËs habile de faire bande ý part en Europe pour soutenir tantÙt l'un, tantÙt l'autre, suivant son intÈrÍt du jour. De mÍme elle abandonne aujourd'hui l'Europe pour coqueter avec les Etats-Unis, c'est ý dire pour s'incliner devant ses anciens sujets rebelles. Mais elle pourrait bien un jour assez prochain s'apercevoir qu'elle n'est plus assez grande ni assez riche et que le fossÈ de la Manche n'est plus assez large pour lui permettre de continuer ce jeu de bascule ÈgoÔste impunÈment" [De Launay] Italie 35. L'Italie attaque l'Ethiopie. La SDN vote des sanctions contre l'Italie. Espagne-Portugal. Elections rÈpublicaines et Èmeutes anticlÈricales en 1931. Abdication et exil d'Alphonse XIII. Zamora, prÈsident de la RÈpublique. Salazar, prÈsident du conseil portugais. SoulËvement de Sajurjo ý SÈville. 1936. Victoire contre le Frente Popular aux Èlections espagnoles. Asana prÈsident de la rÈpublique. SoulËvemnet du gÈnÈral Franco. La nationalistes prennent Badajoz et massacrent les gouvernementaux, enlËvent Irun, mais Èchouent devand Madrid. RÈunion d'une commission de non intervention ý Londres. ExtrÍme-orient Les Japonais occupent la Mandchourie Les Japonais crÈent le Mandchoukouo, dÈbarquent provisoirement ý Changhai, occupent le Jehol, le Ho-Pei, quitte la SDN Chang Kai Chek prÈsident de la rÈpublique chinoise. 37. Les Japonais occupent PÈkin. Pacte sino-soviÈtique. Les Japonais occupent Changhai, Nankin. "Le Japon, lui trËs civilisÈ, trËs au courant de nos industries, peut diriger et pousser en avant une partie de la masse chinoise" [De Launay] AmÈrique du Nord Election de FD Roosevelt ý la Pce des USA "Le premier signe de vieillissement qui frappe aux Etats-Unis est l'exclusivisme de plus en plus marquÈ qui leur fait ý la fois fermer leurs frontiËres devant les immigrants comme devant les marchandiss et s'efforcer de les franchir Èconomiquemnt ou militairemnet pour envahir les pays voisins" [De Launay] "D'o˜ vient, pour eux, la meenace dont la rÈalisation ser l'affaire du XXe siËcle? En partie des anciens peuples qu'ils voudraient outrageusement piller et qui n'ont pas renoncÈ ý vire: de l'Europe qui finira bien par se grouper conre eux, mais surtout des peuples nouveaux dont l'appÈtit s'aiguise et dont les dens posussent" [De Launay] (nots sur les noirs amÈricains [De Launay] p. 100= AmÈrique du Sud Guerre du Chaco entre la Bolivie et le Paraguay $$$ Premier des grands procËs de Moscou: exÈcution de Zinoviev e de Kamenev. "La mesure effective ý quoi s'ordonne toute la construction russe n'est plus la doctrine orthodoxe, dont les marxistes d'Occident se sont faits les conservateurs. C'est un plan beaucoup plus opportuniste que doctrinal, plus "russe" et plus lÈniniste que marxiste, et qui comporte mÍme une nÈgatio prÈcise de la croyance originee en l'Èvolution "mÈcanique" " [Rougemont 36] RÈÈlection de FD Roosevvlet ý la prÈsidence des Etats Unis. 1937. Condamnation de Radek et des accusÈs du second procËs de Moscou. Pacte italo-yougoslave. Nouvelle constitution indienne. amendement casth and carry au Neutrality act. Bombardement d'Almeria par l'armÈe allemande. ExÈcution du marchÈal Toukhatechvsky. Prise de Bilbao par les franquistes. L'allemagne et l'Italie quittent la confention de non intervention. Les franquistes prennent Jihon. AdhÈsion de l'Italie au pacte anti-Komintern. 1938. TroisiËme procËs de Moscou. condamnation et exÈcution de Boukharine. Mobilisation tchËque contre les menaces hitlÈriennes. Mission de lord Runciman en TchÈcoslovaquie. Rupture entre le parti nazi des SudËtes et Prague. Entreveus Chamberlain-Hitler de Berchtesgaden et de Godesberg. Entrevue et accords de M¸nich. Les Japonais ý Canton. La Hongrie occupe une partie la Slovaquie. Mort de KÈmal Ata Turk. Ismet Inonu lui sucËs. DÈclaration franco-allemnde de Paris. Musslini dÈnonce des accords franco-italiens de Rome. 1939. Franco prend Barcelone. Mgr Tiso proclame l'indÈpendance de la Slovaquie. Hitler occupe la TchÈcoslovaquie. Garantie anglaise ý la Roumanie. La Lithuanie doit cÈder Memel au Reich. Franco prend Madrid. Garantie anglaise ý la Pologne. et ý la GrÍce. Hitler dÈnonce l'accord naval anglo-allemand et l'accord germano-polonais. Garantie anglaise ý la Turquie. alliance militaire germano-italienne dite pacte d'acier. Les Etats-Unis dÈnoncent leur traitÈ de commerce avec le Japon. Wang Tsing Wei constitue ý Nankin un gouvernemnt pro-japonis. Mission militaire franco-britannique ý Moscou. Pacte de nonagression germano-soviÈtique. Invasion de la Pologne par l'armÈe alleamdne. DÈclaration de non-belligÈrance italienne. La France et l'Angleterre dÈclarent la guerre ýl'Allemagne. NeutralitÈ amÈricaine. EntrÈ de Chrchill et D'Eden dans le gouvernemnte britannique. Invasion de la Pologne par l'armÈe rouge. Capitulation de la Pologne. Son partage, le cinquiËre de l'histoire, enre le Rich et l'URSS. Atatque de la Finland par les Russes. L'URSS exclue de la SDN. A l'Ouest, la "drÙle de guerre". 1940. TraitÈ russo-finlandais. Invasion du Danemark et de la NorvËge par les Allemands. Gouvernement Quizling en NorvËge. Invasion de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg par le sAllemands. PercÈe alemande ý Sedan. Capitulation hollandaise. Capitulation belge. Bataille de Dunierque. EntrÈe en guerre de l'Italie. Les Allemands ý Paris. PÈtain, chef du gouvernement franaÁs. Appel du gÈnÈral de Gaulle. Armistice franco-allemand et franco-italien. L'URSS occupe la Bessarabie et la Bukovine Affaire de Mers el Kebir. PÈtain invsti du pouvoir constituant. Estonie, Lettonie et Lithanie annexÈes ý l'URSS. Bataille aÈrienne d'Angleterre. L'AEF, sous EbouÈ, se rallie ý de Gaulle Service militaire obligatoire aux Etats-Unis. Offensive italiene en Libye. Ultimatum japonais ý la France sur l'Indochiene. Entrevue Hitler-PÈtain ý Montoire. DÈfense de Saumur Pacte tripartite. attque italienne contre la Grece. Attaque thaÔlandaaise contre l'Indochine franÁaise. l'armÈe allemande occupe la Roumanie. RÈÈlection de FD Roosevelt. ANNEXE 2. Bibliographie BDIC. 47 21 40 22 lundi de 12H30 18H mardi-vendredi 10H 18H Samedi 9H 18H Conferencia L'Illustration article Marcel PrÈvost The Ignorance of Bourbaki. A.R.D. Mathias. The mathematical intelligencer, vol 14 no 3 1992 Springer Verlag ... AISBERG Eug. : La transmission des images. TÈlÈvision et phototÈlÈgraphie. Principes fondamentaux. Chiron, Paris, 1930. AQUIN Saint Thomas d'. Traduction de parties de la Somme thÈologique, Editions de la Revue des Jeunes. DesclÈe. Imprimateur 1933-34. Impressions parfois aprËs la guerre. BERGSON Henri: L'Èvolution crÈatrice. Alcan 1934. BERGSON Henri: Le rire. PUF 1940. BESNARD Pierre: Le monde nouveau. Son plan, sa constitution, son fonctionnement. Edition de la ConfÈdÈration gÈnÈrale du Travail syndicaliste rÈvolutionnaire. 1935. BINET Alfred et SIMON Th. La mesure du dÈveloppement de l'intelligence chez les jeunes enfants. StÈ Alfred Binet, 1931. BOUASSE H.: Cours de thermodynamique. 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