LES ANNEES 30
PrÈfiguration ou antithËse des annÈes 90 ?
Morceaux choisis et commentaires
1. Introductions
Beaucoup de visions pas mauvaises du tout: rend l'optimisme aux prÈvisionistes et prospectivistes!
La guerre a-t-il apportÈ le progrËs scientifique? Non
- tÈlÈvision
- automobile/aviation (ý rÈaction?* ?)
- calculateur (Zuse) et mÈcanographie en gÈnÈral
- organisation (jusqu'au taylorisme des camps)
1.1. L'enthousiasme
Èpoque intÈressante en soi-mÍme
grand dynamisme, fascination
ne manquent pas d'optimisme souvent (Aisberg, mais aussi Dautry ou PonthiËre, au moins dans certains passage).
rÈsultats positifs du taylorisme (dÈbat du dÈbut du siËcle, qui a portÈ ses fruits inconstestables)
"Une crise? ... Non: le passage ý une nouvelle civilisation [Duboin 35] "Il semble y avoir trop de blÈ, trop de vin, trop de betteraves, trop de bÈtail, trop de chaussures, trop de tissus,trop d'automobiles, trop d'appartements ý louer. Pareille abondance de richesses devrait nous rÈjouir, et cepenant les magazins ont de moins en oins d'acheteurs, les industriels moins de comans, chacun se plaint de vior diminuer les moyens financiers dont ils dipose."
"Le bon saute aux yeux, et il a de tous cÙtÈs ses innombrables thurifÈraires. C'est une diminution trËs sensible, presque une disparition de la misËre: j'entends la mise profonde et qui n'a pas honte de se montrer. Ceux qui ne trouvent pas de travail, ceux que la maladie ou la vieillesse atteignent sont secourus. Le confort s'est accru chez ceux qui ne le connaissaient guËre. Le nombre des taudis a ÈtÈ rÈduit. L'hygiËne s'amÈliore. On tue un peu moins de tout petits par ignorance. Des
satisfactions inconnues ont ÈtÈ crÈÈes par l'extension rapide du tÈlÈphone, de la TSF, de l'auto, de l'avion, du cinÈma, voire du gramophone et du piano mÈcanique. On parle beaucoup plus de paux
universelle et de justice absolue et l'on tente des efforts louables pour les rÈaliser: des efforts qui apportent dÈjý ý eux seuls une satisfaction mystique. La rÈpartition des peuples s'est faite un peu plus suivant le dÈsir des majoritÈs. Certaines contraintes ont ÈtÈ abolies, comme celles qui assujettissaient l'Alsace, la Pologne l'Irlande, etc., etc." [De Launay]
"Ainsi se construisent parallËlement, avec la mÍme morgue audacieuse, des floraisons de cathÈdrales qui se nomment sorbonnes, centrales Èlectriques, offices de l'azote, facultÈs de
mÈdecine, etc. " [De Launay]
"L'Èpoque actuelle est donc avant tout... celle o˜, avec une rapiditÈ prodiieuse, les engins de transport mÈcaniques se sont substituÈs aux chevaux, o˜ les avions ont commencÈ ý se faire
leur place, o˜ le monde entier a cru nÈcessaire de se relier par T.S.F. au xpostes de la Tour Eiffel, de Langenbreg ou de Daventry, o˜ le cinÈma a tuÈ le thÈ’tre, o˜ ont sÈvi la crise des domestiques et celle des logements. Ajoutez, dans nos logis, la gÈnÈralisation de l'Èclairage Èlectrique, du chauffage central, du tÈlÈphone et des ascenseurs qui sont dÈjý des vieilleries" [De Launay]
1.2. La crise
Finis les grand enthousiasmes fusionnels de l'aprËs guerre
- unificaion du monde (Ferrero)
- SDN
- chambre bleu horizon
"L'atmosphËre est de plus en plus troublÈe. Le dÈsarroi des esprits, la confusion des idÈes, la crise morale, la crise Èconomique ont produit leurs consÈquences" (Le dud de guise, en rÈface de [Henri]).
"Les phÈnomËnes lamentables qui se dÈroulent devant nous epuis vingt ans ne constituent pas, comme beaucoup le croient rop, une crise passagËre dont un peu de patience nous tirera"
[De Launay]
"Le monde a entiËremet perdu son Èquilibre parce qu'on a upprimÈ ses point d'appui anciens sans lui en fournir de ouveaux" [De Launay]
"L'homme du vingtiËme siËcle, comme celui du moyen ’ge, abite une maison close aux murs faits de certitudes sans 'inquiÈtuer d'aller regarder dans les caves si sa tour de Babel e repose pas sur le nÈant" [De Launay]
"Entre tous les habits que nous avons perdus, celui qui nous anque peut-Ítre le plus est le sens et le respect de la Loi" [De Launay]
"C'est pour avoir refusÈ de s'abaisser ý hauteur d'homme, au niveau du rÈel, que notre culture se dÈfait. ImmortalitÈ acadÈmique (1), faux sublime officil, envolÈes ý la gloire d'un Descartes symbolique, on renonce ý la comparaison trop belle du vole d'Icare. Il suffira de dire tout simplement que la culture, faute de s'Ítre montrÈe "ý la hauteur" d'une t’che humaine a voulu se hisser au sublime, o˜ le siËcle bien trop heureux d'Ítre dÈbarassÈ de son contrÙle, la laisse poliment dÈpÈrir, en attendant de lui b’tir un mausolÈe (2)"
(1) "Maigre immortalitÈ noire et dorÈe. Consolatrice affreusement laurÈe", Paul ValÈrie, de l'AcadÈmie franÁaise"
(2) N'a-t-on pas proposÈ dÈjý l'Èrection d'un "Palais de l'Esprit" au centre de l'Expositino de 1937? On se demande non sans angoisse ce que ces messieurs comptent y mettre...
[Rougemont 36]
1.3. Comparaisons
et aujourd'hui, allons-nous vers une nouvelle guerre
diffÈrences:
pyramide des ages
tueries de 14/18
durÈe de 20 ans entre 18/38
de 50 ans entre 44/94
la grande perte de la guerre
y compris perte de mÈmoire
ni GÈlinier ni MÈlËse ne citent Carmille ou PonthiËre
(mais Lussato, sans doute)
ý peine Taylor
pourtant les firmes survivent jusqu'aux annÈes 70
la science, ý la fois base des technologie, mais modËle pour a conception des entreprises [PonthiËre], la philosophie Bergson]
l'ONU marche beaucoup mieux que la SDN
L'Islam ý l'Èpoque n'est guËre une force. On craindrait plutÙt un pÈril noir (africain mais aussi amÈricain)
actuellement, dÈveloppement de la propriÈtÈ privÈe (qui s'est notamment faite par le biais du logement)
2. La nature et les sciences
"L'homme moderne -en tant qu'il rÈflÈchit, calcule et prÈvoit- vit et meurt de la logique." [De Launay]
"L'homme a un extraordinaire besoin d'affirmations et de certitudes. Il lui faut des catÈchismes o˜ toutes les questions trouvent leur rÈponse imprimÈe d'avance. Ces rÈponses qu'il demandait jadis aux religions, il les exie aujourd'hui de la science avec la mÍme conviction de les obtenir. Il n'admet pas qu'elle les refue, qu'elle hÈsite ou qu'elle diffËre. Au besoin, si elle ne le satisfait pas assez vite, il court chez le charlatan qui tient la boutique voisine" [De Launay]
"La grande prÈtention moderne est d'introduire ý toute force la science lý o˜ elle ne devrait tout au moins intervenir qu'avec une extrÍme prudence, dans la littÈrature, dans l'art, dans le
philosophie, dans la politique" [De Launay]
"Le rÈalisme d'un Zola, le cubisme et le pointillisme, la thÈorie des milieux d'un Taine, l'Èvolution littÈraire d'un BrunetiËre, le comtisme, le marxisme sont des essais dÈjý anciens pour ramener toutes les opÈrtions de l'esprit, tous les raffinements du sentimet et du gošt sur le plan unique de la
science. Cela donne facilement un air sÈrieux ý une fantaisie. On veut admirer chez les Grecs, non l'instinct gÈnil qui leur a fit trouver le secret des lignes harmonieuses, mais la codifiction
que l'on peut en donner par l'algËbre. On n'est satisfait que l'orsqu'on a rÈussi ý mettre le ParthÈnon en Èquations et ý reproduire automatiquesmnet la Sonate pathÈtique par un agencement de mÈcanismes sans intervention nouvelle de l'esprit humain: donc sans initiative et sans beaut" [De Launay]
2.0. Les mathÈmatiques
Le ver dans le fruit, la moisissure qui peut faire pourrir le grain pour lui apporter une nouvelle
fÈconditÈ s'attache ý un grand nom de la logique formelle: Kurt G–del. Bien que son travail fondamental remonte ý 1930, il est restÈ largement ignorÈ des scientifiques et tout particuliËrement des mathÈmaticiens franÁais jusqu'ý ces derniers annÈes.
Certes on en trouvait trace dans des compilations comme le tome "Logique et connaissance..." de la PlÈÔade. Plus rÈcemment, Hofstadter a fait un best-seller de son "G–del, Escher, Bach". Mais on en reste au niveau des conversations de salon, au jeu classique des paradoxes qui permettent, le temps d'un cafÈ, de sortir un peu du travail sÈrieux du mathÈmaticien ou de l'ingÈnieur.
La vague g–delienne monte pourtant rÈguliËrement.
En France, deux livres lui ont rÈcemment ÈtÈ consacrÈs. D'abord "Kurt G–del" de Hao Wang (Armand Colin, 1987), compagnon de G–del et d'Einstein. Puis "Le thÈorËme de G–del" qui comprend une traduction de l'article fondamental de 1931, et des textes d'Ernest Nagel,
James Newman et Jean-Yves Girard (Seuil, 1989), reprenant et complÈtant le "G–del's Proof" de Nagel et Newman, 1958... trente ans de retard!).
Pourquoi une aussi longue tenue ý l'Ècart, en France tout particulirËrement, d'un penseur pourtant
important, dont l'article fondamental secoua le monde de la logique et des mathÈmatiques dans les annÈes 30? Un mathÈmaticien anglais, A.R.D. Mathias vient de consacrer un passionnant article ý cette question: "The Ignorance of Bourbaki" (The Mathematical Intelligencer, no3, 1992).
Cette Ècole de pensÈe a en effet fortement marquÈ les mathÈmatiques franÁaises. Or elle a, dÈlibÈrÈment semble-t-il, fait pratiquement comme si G–del n'existait pas, comme s'il n'avait pas prouvÈ que la construction d'une mathÈmatique complËtement cohÈrence, projetÈe par Hilbert, Ètait fondamentalement impossible.
Parmi les raisons possibles , Mathias relËve la possibilitÈ d'un certain chauvinisme franÁais, qui
rappelle, notamment, la rÈsistance aux idÈes de Leibnitz sur les infinitÈsimaux, rÈsistance influencÈe par Descartes. De mÍme, PoincarÈ a longtemps traitÈ par la dÈrision les travux de Cantor et Russell.
Il note aussi le tribut payÈ par les logiciens franÁais aux deux guerres mondiales (notamment
CavaillËs et Lautman, fusillÈs en 1944 pour faits de rÈsistance).
Enfin, il insiste sur la co-existence de sensibilitÈs diffÈrentes en mathÈmatiques: algËbre et
gÈomÈtrie surtout, correspondant ý l'opposition maintenant classique entre les deux hÈmisphËres
cÈrÈbraux.
On pourrait y ajouter une raison en fait toute positive: l'extraordinaire fÈconditÈ des mathÈmatiques au cours des derniËres dÈcennies. Selon Marcel Berger (directeur de l'Institut des hautes Ètudes scientifiques, le Princeton franÁais, o˜ rÈside notamment RenÈ Thom), les mathÈmatiques ont produit plus de rÈsultats importants pendant les quarante derniËres annÈes que pendant toute la pÈriode prÈcÈdente, depuis l'origine de l'humanitÈ.
La richesse des champs ý explorer et l'intÈrÍt des rÈsultats obtenus pour la science et de lý pour la
technologie et notre vie de tous les jours, expliquent pour une bonne part le mÈdiocre intÈrÍt portÈ aux limites de la logique et de la formalisation. Des limites trop lointaines pour les dÈtourner de leurs constructions actuelles.
Pourtant, Ècrit Mathias, "Je crois que ces questions sont importantes, car le groupe Bourbaki a eu
une grande influence. Je ne conteste pas la valeur positive de leur livre, ni l'ampleur de de leurs
rÈussites. Mais je suggËre que leur attitude vis ý vis de la logique et de la thÈorie des ensembles, qu'ils ont transmise aux jeunes gÈnÈrations de mathÈmaticiens, est f’cheuse, car elle empÍche certaines perceptions revigorantes de la nature des mathÈmatiques".
2.1. MinÈraux
Chimie minÈrale: HydrogËne lourd, radioactivitÈ artificielle, le neutron, la fission de l'atome (notamment de l'uranium et du plutonium) le mÈson
La nature continue ý l'occasion d'imposer sa loi: tremblement de terre en Inde, 50 000 morts
2.2. VÈgÈtaux
Premiers examens biologiques au microscope Èlectronique
Cristallisation du virus du tabac
Productions vÈgÈtales:
1935. Production de biËre: Allemagne 50 MHl (70 MHl en 1911), Grande Bretagne 35 M (contre 61 en 1899) (bcp de chifrfes sur la biËre ý ces Èpoques dans [Clementel])
1935(vers). Le rendement moyen en France pour le blÈ est de 17 ý 18 hectolitres ý l'hectare, atteint ý peine 10 hectolitres dans les causses du midi.
2.3. Animaux
France: environ 300 000 anes
Beurre: USA 800 000 tonnes, Canada 120 Danemark 160, Fraance 150 Angleterre 150 Pays Bas 120 Australie 170 Nouvelle ZÈlande 120, Argentine 50. En France 30% de la production de lait est transformÈe en beurre
Un demi milliard de bovidÈs dans le monde. 145 millions aux Indes anglaises, surtout pour la traction. USA 65 M, BrÈsil 34 M, Argentine 28, France 13,5.
2.4. Sciences de l'homme
ProgrËs de la prÈhistoire. Breuil, Teilhard, mais aussi les anglo-saxons
1932. G.E. Lewis: le ramapithËque
1936. Robert Broom dÈcouvre des cr’nes ý Sterkfontein (Afrique du Sud).
3. Les technologies
3.1. Technologies de base
La mÈcanique
L'ÈlectricitÈ
Les ondes hertziennes
"Depuis deux siËcles, la disparition des corporations, la dÈcouverte de Watt et les chemins de fer ont transformÈ la structure de l'Èconomie franÁaise" [Henri]
"Deux notions empruntÈes ý la mÈcanique dominent le monde moderne: la vitesse et la masse" [De Launay]
3.1.1. La copie
copie mÈcanique, manifold, dÈcalque (systËme ý liasses carbonÈes diffÈrenciÈes, sera encore largement utilisÈ dans les annÈes 60)
Surtout basÈ sur le carbone, mais [PonthiËre] voit venir la photocopie: "Il existe des appariels photographiques de bureau qui donnent trËs rpidement et presque automatiquement des Èpreuves de tout document. On les utiliser pour reproduire en plusieurs exemplaires une lettre reÁue qui intÈresse plusieurs services. Ils touvent uassi un large emploi dan sles bnques pour la copie
des comptes. Il y a lý tout un riche ensemble de techniques qui dÈcoulent toutes du me^me principe et ont permis la suppression du lent et cošteux travail de copie dans les bureaux modernes"
3.2. Transports.
"Le premier de ces besoins est... celui du dÈplacement, de la vitesse; on veut ý tout tout prix Èliminer l'espace et le temps qui, cependant, donnent seuls quelque intÈrÍt au monde
extÈrieur en manifestant sa variÈtÈ. Je ne coris ps qu'ý aucune Èpoque l'homme ait ÈprouvÈ un tel besoin de remuer pourremuer, indpendament de toute raison d'affaire ou de plaisir" [De Launay]
"L'excËs de capacitÈ des moyens de transport actuels, du vieillissement du chemin de fer, du dÈsordre dans lequel se fait l'investissement de capitaux publics et privÈs pour la crÈation
et l'emploi des moyens de transport". [Dautry]
3.2.1. Route
"L'automobile a pris, dans les derniËre annes, une extraordinaire importante. Elle est l'une des trËs rares marchandises dont le prix ait sensiblement baissÈ depuis la guerre". [Dautry]
"Beaucoup d'automobilistes sont prÈoccupÈs de la gÍne et du danger que le poids lourd ý grande bitesse prÈsentera bientÙt sur nos route, surout dans les contrÈes touristiques" [Dautry]
La traction avant apparue depuis quelques annÈes. La 2Cv dans les cartons de CitroÎn. L'exode tÈmoigne de la montÈe automobile. Encore largement rÈservÈe aux classes aisÈes Quelques autoroutes (autostrades en Allemagne et en Italie)
Premiers parcmËtres
SinistralitÈ accidents
3.2.2. Fer.
L'autorail "une solution parfaite qeu nous appliqueront, je l'espËre, en 1933" [Dautry]
"Le container peut transformer la vie du rail et de la route" [Dautry]
RÈseau total (1934-5) 42 000 km. 2000 ÈlectrifiÈs
CrÈation de la SNCF (1938)
"Le fait actuel (en 1931) est leur dÈficit" [Dautry]. Et toute une argumentation. complÈmentaritÈ route
trois pÈriodes
- 1842-57. construction des grandes artËres nationales, attteingnt 7500 km. rÈsultats finnciers satisfaisants
- 1857-83. on achËve les lignes principales et on entreprerend les lignes moyennes, moins avantageux, mais encore grËs bon
- ý partir de 1880, plan Feycinet. extension ý toutes les sous-prÈfectures
- la route fut tuÈe et les chemins de fer eurent le monopole absolu des transports
- le prix de revient des transports ferroviaires augmenta considÈrabement
"En 1932, l'automobile se trouve, par la nÈgligence des rÈseaux qui l'ont dÈdaignÈe et des pouvoirs poublics qui ne l'ont pas susbtituÈe au rail, Ítre un terrible adversaire du rail". [Dautry] "Autocars et camions n'ont pas de mal ý ÈcrÍmer le trafic des grandes lignes et ý enlever celui des voies
secnodaires" (en raison de l'inustice des contraintes et du fisc.
3.2.3. Mer. Le Normandie a bršlÈ
Electronique de bord: radio de rËgle sur les navires
3.2.4. Air.
TurborÈacteur (Whittle, 1937), avion ý raction (Heinkel, 1939), hÈlicoptËre (Sikorsky, 1939)
"Actuellement, l'industrie aÈronautique est surtout une industrie de guerre. TrËs modeste en 1914, elle a crš trËs vite au cours des hotilitÈs...La production atteint une moyenne de 2000 appareils par an, dont les trois quarts sont destinÈs aux services de l'armÈe.[Clementel]
"Dans l'ensemble et en 1931, les transports aÈriens ont trËs peu souffert de la crise". [Dauthier] mais "Je ne pense pas qu'il existe d'entrprises aÈriennes qui ne soient pas dÈficitaires,
saur la Scadta..."
Le rÈseau aÈrien franÁais comprent plus de 10 000 km de lignes, surtout internationales. 4 Cies: Cie Gle Entreprises aÈronautiques, Cie Intle de Navigation aÈrienne, Air-Union, StÈ Gle des Transporta aÈriens(anciennement Farman) [Clementel]
3.3. Technologies militaires
Importance de l'arme aÈrienne ý partir de 1935 [Stehlin]. Le porte-avions.
Le char, mais personne n'Ècoute de Gaulle [Stehlin]
"MÍme la guerre est conduite par le bureau... Le chef de guerre se tient maintenant bien loin derriËre la bataille en quelque maison calme. Ses yeux ne voient rien de ce qui se passe,
c'est le papier qui le renseigne. .... Quand un officier a prouvÈ sa valeur de chef, on lui enlËve son sabre et son revolver, on lui remet un porte-plume, on en fait un homme de bureau" [PonthiËre]
3.4. MÈdecine, technologies domestiques
Vie quoditienne: le rasoir Èlectrique, le nylon
Blanchisserie automatique
MÈdecine: sulfamides, cortisone, facteur RhÈsus
L'Alka-Seltzer
J.L. Moreno: concept de "psychothÈrapie de groupe"
4. Technologies de l'information.
"Le dÈveloppement des bureaux a provoquÈ la mÈcanisation de leur travail. Depuis une cinquantaine d'annÈes, il ne se passe pas de mois que les inventeurs et les industriels ne mettent en
vente un nouvel instrument, une nouvelle machine, ou n'apportent n perfectionnement ý un instrument dÈjý existant" [PonthiËre]
4.0. Le bureau
mobilier, bois, acier
tables,
"La table de travail a beaucoup ÈvoluÈ depuis ses origines. n a d'abord utilisÈ l'espace libre au-dessous de son plan rincipal en la munissant de tiroirs qui, disposÈs d'abord
horizontalemen, sur une faible hauteur, on peut ý peu descendu
jsuqu'au sol, laissnat seulement la place nÈcessaire aux jambes
du travaillerur. Cette multiplication des tiroirs est une grande
commoditÈ, puisqu'lle permet de ranger ý portÈe de main la
plupart des instrumetns de travial courant et d'Èviter ainsi les
dÈplacements" [Ponthiere]
chaises, siËge de dactylo, hauteur ajustable, tournant,
repose-pieds
"On construit des siËges de bureaux dont la hauteur est
adaptÈe ý celle des tables, par exemple, chaises et tabourets
trËs hatus pour comtpbles et dessinateurs. Des chises de hauteur
ajustable sont ý recommander" [PonthiËre]
bibliothËques, armoires, vestiaires
classeurs
papier, carbone, reliures, papier infalsifiable
fiche, cavaliers
"Le classeent vertical des fiches est assez ancien, il date
d'un siËcle et demi, mias c'est seulement depuis trente ou
quarante ans qu'il s'est gÈnÈralisÈ dans les bureaux o˜ il opÈrÈ
une vÈritable rÈvolution. Il n'y a plus de locaux administratifs
o˜ l'on ne trouve des ficheirs et desclasseurs."[Ponthiere]
"Leur construction fait chaque jour des progËrs. On les
fabrique en diverses matiËres, qui se recommandent par leur prix,
par leur soliditÈ, par leur ÈlÈgance. Le dÈveloppement et le
roulement des tiroirs se prÍte ý des amÈliortions nombreuses. Ils
se prÈsentent parfois sous forme de boites ou de tables creuses
dont les variÈtÈs correspondent ý des commoditÈs diverses."
[PonthiËre]
timbre caoutchouc, dateur,
copieur, duplicateur, imprimerie
plieuse, ouverture du courrier
machine ý adresser
machine ý Ècrire
"La machine ý Ècrire est, en quelque sorte, la mËre de toute
la mÈcanique de bureau. Elle s'est imposÈe par la prÈsentation
soignÈe qu'elle donne ý tout document administartif, lisibilitÈ
parfite, alignements corrects, clartÈ complËte. Gr’ce ý elle,
toute Ècriture devient aussi nette que l'imprimÈ. Elel a
Ègalement inroduit au bureau une grande Èconomie en supprimnt les
travaux de copie, le papier carbone introduit dans la machine
permet d'Ètablir en une seule frappe une dizained'exemplaires
d'un me^me document, meÍm si ces exemplaires ne doivent pas tous
recevoir toutres les inscriptions du document original"
"Les modËles de machines ý Ècrire sont maintenant trËs
nombreux. La machine du type courant a ÈtÈ l'objet de cent
amÈliorations. Les rouleaux porte-papier peuvent recevoir des
parpiers de tous foramts. Des taquets de tabulation facilitent
l'Ètablissemnt des tableaux en colonnes. Certaines machines se
dÈmontent avec une grande aisance pour les nettoyages et menues
rÈpartions. Sur d'atures, les caractËres sont montÈs sur
barillets interchangeables et peuvent Ítre instantanÈment
remplacÈs par des caractËres et signes ded toutes grandeurs et de
toutes formers. D'autres Ècrivent ý palt sur feuilles volantes et
livres reliÈs. Plusieurs sont silencieuses ou ne produitsent uqe
peu de bruit. Les machines peruvent recevoir des totalisateurs
mobiles qui exÈcutent automatique:ent l'addition, voire la
soustraction des chiffres inscrits".
"Certains modËles sont munis de moteurs Èlectriques qui
exÈcutent la frappe dËs qu'une touche est effleurÈe. Les modËles
lÈgers et portables se sont beaucoup multipliÈs depuis quelques
annÈes". [Ponthiere]
(on pourra lire aussi [Laufer])
machine ý dicter, (sur rouleaux de type phonographique
stÈnotype (Grandjean)
machine ý calculer, comptables
"Nous ferons une distinction etnre les machines ý calculer
et les machines comptables, quoique ces derniËres fassent aussi
les calculs. Nous rÈserverons le nom de machines ý calculer ý
celles sur lesquelles on lit le rÈsultat d'une opÈration, ce
rÈsultat devant Ítre ensuite transcrit sur un document
"Les machines ý calculer exÈcutent aujourd'hui toutes les
opÈrations arithmÈtiques, addition, soustraction, multiplication,
division, rËgle de trois, extractions de racines, etc. Certaines,
dont la fabrication n'a d'ailleurs pas ÈtÈ industrialisÈe,
exÈcutent mÍme des calculs algÈbriques". [Ponthiere]
"Nous dÈnommerons appareils et machines comptables ceux qui
permettent d'inscrire directement sur un document ý la fois des
lettres et des chiffres.
"Dans ses actes essentiels, la comptabilitÈ consiste ý
reporter une opÈration sur plusieurs comptes. Tout dispositif
permettnt... d'exÈcuter d'une seule fois au moyen de coarbone
l'inscription au journal et les reports aux comptes simplifiera
le tarvail comptable et supprimera le risque d'erreur ý la
copie."[Ponthiere]
timbre caoutchouc, dateur,
copieur, duplicateur, imprimerie
plieuse, ouverture du courrier
machine ý adresser
machine ý Ècrire (perfectionnements)
machine ý dicter, stÈnotype
machine ý calculer, comptables
4.1. Technologie fondamentale, unitÈs centrales
Programme enregistrÈ en mÈmoire (Busch, 1931)
1937. Mark I ý Harvard. Aiken
1937. Sommatrice binaire (Stibitz), pour la Bell Telephone
1936-38. Carmille, Zuse (pendant la guerre, calcul sur V1,
V2), Couffignal
1940. Georges Stibitz et Samuel Williams conÁoivent (selon
Ettighoffer) la premiËre machine ý calculer ÈlectromÈcanique
"calculateur ý nombres complexes".
Les synchros
"La synchronisation consiste essentiellemnet dans la
conjugaison d'une ou plusieurs machiens rÈalisÈe de telle faÁon
que les diverses fonctions de ces machiens s'effecteuent
simultanÈment. C'est ainsi que dans la Synchro-Madas, par
exemple, le seul fait de poser un chiffre ou un nombre sur le
clavier de la machine ý Ècrire (ou comptble) synchronisÈe avec
une machine ý calculer, inscrit ce ce chiffre ou ce nombre
simultanÈment :a) sur le document qui se trouve placÈ sur le
rouleau de la mchine ý Ècrire; b) dans un ou plusieurs compteurs
placÈs sur la macchine; c) et l'enregistre dans la machine ý
calculer.
"Un nouveau genre de synchronisation vient d'Ítre crÈÈ: la
S2lectric. Dns ce nouveau genre de machine, non seulemnt toutes
les opÈrations de calcul sont automatisÈes,non seulemnet le
nombre de totalisateurs est illimitÈ, mias encore tous les
rÈsultats arithmÈtiques s'inscrivent d'eux-mÍmes sur le document
ý convectionner ou sur la carte perforÈe par seimple frappe des
touches de la machine ý Ècrire".
Les ensembles a cartes perforÈes [Carmille].
"La machine ý statistiques est, avec quelques modËles de
machiens ý calculer, la merveille du machinisme au bureau"
...
"Elle est mÍme un instrument de comptabilitÈ. L'auteur de ce
livre avait signalÈ cette particularitÈ dans un article publiÈ Ál
y a une douzaine d'annÈes (voir Mon bureau, Aout 1921), mais le
sidÈes font lentement leur chemin"
"Il y a queqlues centaines d'installations de machiens ý
cartes perforÈes en usage en France contre environ 20 000 aux
ETats-Unis. Il est nÈcessaire, pour amortir le prix de ces
machiens, de les farie tarvailler au maximum et par consÈquent de
les appliqeur ý toutes les opÈrations dont elles sont capables.
Moyennant quoi leur productigigÈ devient prodigieuse"[Ponthiere]
Papier, reliures, fiches
Caisses enregistreuses
4.2. PÈriphÈriques
MÈmoire ofndametnt sur papier, cire, film
capteurs,
PremiËre expÈrience du radar (selon DuchÈ)
Depuis 1935 au moins, nombreux types de machines ý adresser,
machines ý affranchir. Agrafeuses: petits modËles de burau
Imprimantes. La facturiËre (Moon de Burroughs) doit dater ý
peu prËs de ce moment. Les tabulatrices (tÈmoignage de
Carmille)., peut Ítre le TÈlex sont dÈjý bien prÈsents.
L'imprimante donc pas complËtement ÈmergÈe des autres fonctions
(totalisations de la tabulatrice ou de la Logabax).
Pratiquement, ý l'Èpoque, toute la mÈmoire est sur papier,
pr Ècriture ou perforation
Film: arts gratphiques, intermÈdiaire temporaire, comme le
plomb. Cependant, els photographes gardent leurs films. Et les
cinÈastes.
Le microfilm a ÈtÈ oubliÈ
quelques cames
et le disque pour le son
4.3. Logiciel
1940. Peirce diffÈrencie: indices, icones, symboles
4.4. DonnÈes
1940. Le manuel technique d'un avion de chasse comprend 1000
pages
4.5. RÈseaux. Mon pËre rappelÈ pour faire radio dans
l'armÈe. Mon beau pËre aussi d'ailleurs.
Binaire. Morse, tÈlÈgraphe. En septembre 40, tÈlÈ-calcul ý
partir d'un tÈlÈscriptuer au Dartmouth College (400 km)
Vocal
(Sous le titre "Appareils de transmission de la pensÈe")
"La plupart des dÈplacemnts autrefois nÈcessitÈs dans les
burux par les Èchanges d'avis et de renseignements sont
aujourd'hui supprimÈs par le tÈlÈphone privÈ.
"Certains tÈlÈphones privÈs permettent les confÈrences entre
plusieurs interlocuteurs. D'autres sont mÍme munis de
hauts-parleurs.
"La correspondance de service ý service peut Ítre Ègalemnet
asurÈe par des appareils tÈlÈscripteurs. Un texte "frappÈ" sur un
poste d'Èmission est Ècrit par un poste de rÈception. Les
messages peuvent Ítre aussi tarnsmis par tube pneumique, qui sont
des appareils transporteurs" (il cite aussi des sytËmes aý rail
[Ponthiere]
Image fixe. Le bÈlinographe dÈjý bien implantÈ [Aisberg]
"Le problËme de la transmission de l'image est aujourd'hui
trËs vaste; il importait d'observer une classification prÈcise et
de bien dÈfinir les propriÈtÈs fondamentales auxquelles font
appel les diverses solutions" (Edouard Belin, dans sa prÈface ý
[Aisberg].
La transmission des images fixes. Le bÈlinographe.
Image animÈe
1930. [Aisberg]
1935. TÈlÈvision aux Etats-Unis. PremiËre Èmission de
tÈlÈvision ý la Tour Eiffel
1939. Inauguration de la TÈlÈvision FranÁaise (60 lignes).
Servir notamment ý distraire les soldats allemands dans les
hÙpitaux
LA TELEVISION
Le 31 mars dernier, une prÈsentation de la tÈlÈvision
franÁaise d'Etat fut organisÈe dans la salle du thÈ’tre des
Ambassadeurs. Elle fut prÈcÈdÈe de trois allocutions: la premiËre
du ministre des P.T.T., la seconde de M. Jean Perrin, de
l'AcadÈmie des Sciences, la derniËre de M. Marcel PrÈvost qui
prÈside la section littÈraire du Conseil supÈrieur de
Radiodiffusion. Voici le texte de cette derniËre allocution.
Monsieur le ministre des P.T.T. et mon cÈlËbre confrËre, le
professeur Perrin, ont traitÈ, tous deux, avec une prÈcision et
une clartÈ que j'admire, le problËme de la TÈlÈvision franÁaise
au point de vue technique comme au point de vue social. De ce
cÙtÈ, ils ne m'ont rÈellement laissÈ rien ý dire qui puisse
valoir ce qu'ils ont dit.
D'autre part, s'il est vrai que, dans un passÈ lointain,
j'ai entretenu quelques relations polytechniciennes avec la
mathÈmatique et la physique, mon rÙle, ý la radiodiffusion, est
aujourd'hui strictement littÈraire, et vous ne serez certes pas
ÈtonnÈs qu'aprËs les lumineuses considÈrations savantes et
pratiques que vous venez d'entendre, je veuille insister surtout
sur le domaine, -comment dire ?- Èmotif et psychologique que la
tÈlÈvision est appelÈe ý conquÈrir ý travers le monde.
Non seulement en lui procurant un divertissement nouveau,
d'une qualitÈ exceptionnelle, analogue par exemple, ý celui qu'a
inaugurÈ le cinÈma mais en atteignant l'Ítre humain au delý de
ses rÈceptivitÈs physiques et en exerÁant comme une interventio
soudaine, magique, au plus profond de sa sensibilitÈ.
Toutes les trouvailles de cet ordre, notons le, avaient ÈtÈ
rÈalisÈes antÈrieurement, dans un but purement utilitaire:
faciliter les Èchanges et, pour cela, rÈduire le temps que la
distance oppose ý cette facilitÈ. Pareille rÈduction, l'homme
primitif l'a demandÈe d'abord ý l'allure accÈlÈrÈe de sa marche,
puis ý la vitesse de sa monture, au vent qui gonfle les voiles.
Sa parole avait utilisÈ le porte-voix; il avait allumÈ sur les
collines le feu des signaux. Mais, notez-le bien ! ý partir d'une
date, dÈjý lointaine, ces rÈalisations n'ont progessÈ que
lentement. On peut dire sans paradoxe que Louis XIV n'avait ý sa
disposition, dans cet ordre d'idÈes, que le matÈriel et les
moyens des rois mÈrovingiens: perfectionnÈs, embellis surtout,
mais, au fond, les mÍmes.
C'est le XIXe siËcle, surtout dans ses vingt derniËres
annÈes, qui amorÁa les prodigieux rÈsultats du prÈsent. Aviation,
tÈlÈphone, navigation sous-marine, etc... Tout cela, la fin du
XIXe siËcle en lÈgua au XXe non pas seulement l'idÈe, mais une
rÈalisation partielle. Au siËcle hÈritier, le nÙtre, Ètait
rÈservÈ par le destin un achËvement presque intÈgral.
Notre siËcle avait trouvÈ dans l'hÈritage du prÈcÈdent la
possibilitÈ d'une communication jugÈe prodigieuse: le texte d'une
pensÈe humaine pouvait se transmettre, dans un dÈlai assez
rapide, d'un point du globe ý l'autre! Mais dÈjý c'Ètait trop peu
pour le gÈnie moderne. La froideur et la concision tÈlÈgraphiques
ne suffisaient plus. Dans la littÈrature du passÈ, combien de
fois dÈjý l'Ítre humain s'est plaint de ne recevoir la pensÈe des
absents que figÈe, glacÈe sur une page ? L'aspiration du monde
vers la parole ý distance fut bientÙt trop pressante pour ne pas
activer le gÈnie des inventeurs.
Un jour vint o˜ non seulement la pensÈe, mais la voix
humaine surmontËrent l'espace. Il faut reconnaÓtre que cette
rÈalisation fut extraordinairement rapide. Ce qui Ètait de bon
augure pour les problËmes encore non rÈsolus. Ceux-ci, la science
les attaqua tout aussitÙt.
Le premier problËme qu'elle attaqua, je vous prie, chers
auditeurs, de considÈrer qu'il Ètait tout ý fait nouveau,
profondÈment diffÈrent des autres, vraiment insolite. Les
rÈalisations prÈcÈdentes avaient, avant tout, je vous l'ai
signalÈ, un objet utilitaire: transmettre ý distance, par la voix
mÍme, des informations pratiques.
Cela accroissait le bien-Ítre gÈnÈral, facilitait les
Èchanges, diminuait le danger des catastrophes: en somme cela
amÈliorait les conditions de vie dans la guerre comme dans la
paix. Pratiquement, cela suffisait. Un nÈgociant, traitant des
affaires au tÈlÈphone, n'a pas un besoin absolu de voir la figure
du correspondant. Pareillement, un gÈnÈral qui transmet un ordre
aux avant-postes... Et puis... mon Dieu ! accessoirement, la vie
sentimentale pouvait profiter de cette communication matÈrielle
pour Èchanger... des propos de sentiments, voire d'amour. Entre
gens qui s'aiment, c'est dÈjý quelque chose que de s'entendre, si
on ne peut se voir. Mais un poËte latin l'a dit dans deux vers
cÈlËbres: bien moindre est l'Èmotion transmise par les oreilles
qui celle qui atteint les yeux. La tÈlÈvision allait rÈaliser ce
miracle. DÈsormais, ainsi que l'oreille entendait, malgrÈ la
distance, les yeux, ý travers l'espace immense, verraient.
Tout ý l'heure, on vous a expliquÈ clairement l'admirable
mÈcanisme de cette rÈalisation. Moi, c'est du point de vue de ses
consÈquences intellectuelles et psychologiques que j'ai prÈfÈrÈ
vous entretenir. J'insiste d'abord sur ce fait capital: par la
tÈlÈvision, c'est la premiËre fois que la science apporte aussi
directement ý l'humanitÈ non seulement un divertissement
merveilleux, mais un tel pouvoir d'enrichissement de l'esprit et
une telle source de joie morale.
Je m'explique: Sur le bienfait intellectuel, inutile de
discourir. Deux mots suffisent: cette suprÍme dÈcouverte nous
annexe l'univers. le sens du mot voyage est changÈ: c'est le
monde extÈrieur qui se dÈplace, vient ý nous, s'arrÍte devant
nous. Un Ècolier - quand la tÈlÈvision scolaire sera
dÈfinitivement accomplie - aura fait plusieurs fois le tour du
monde... ý l'’ge de dix ans.
Mais ce n'est pas seulement l'esprit humain que la
tÈlÈvision Èlargit et enrichit, comme par un effet magique. Elle
apporte ý l'humanitÈ une capacitÈ nouvelle de joies morales. Sans
vaine sensiblerie, osons dire que, dÈsormais, ce mot "sÈparation"
n'aura plus le mÍme sens qu'autrefois. La vue d'une mËre sÈparÈe
de son fils ne sera-t-elle pas transfigurÈe si, au cours de la
sÈparation, non seulement elle peut entendre la parole de
l'absent, mais elle le voit lui parler ?
Ne croyez pas, chers auditeurs, que j'exagËre ou que
j'anticipe sur un avenir hypothÈtique, et que je prenne des
possibilitÈs pour des rÈalisations. DËs ý prÈsent, dans deux
grandes villes allemandes, distantes d'environ mille kilomËtres,
des cabines publiques de tÈlÈvision sont installÈes, et les
interlocuteurs se voient, comme ils s'entendent.
On peut donc prÈvoir qu'en France, dans un avenir prochain,
on aura chez soi l'appareil tÈlÈvisuel voisinant avec le
tÈlÈphone. Et, trËs vite, ce prodige couvrira le monde.
Or, c'est vraiment autre chose, j'y insiste, de voir que
d'Ècouter. Notre parole humaine se dÈtache, pour ainsi dire, de
nous quand nous la confions au tÈlÈphone; mais c'est nous-mÍmes
que la tÈlÈvision rendra prÈsents et vivants, ý des milliers de
kilomËtres, pour les regards anxieux qui nous cherchent.
Voilý pourquoi, chers auditeurs, je vous convie aujourd'hui
non seulement ý admirer le cÙtÈ pratique utilitaire instructif ou
divertissant de la tÈlÈvision, mais surtout ce qu'elle contient
de possibilitÈs et de satisfacions psychiques, ce qu'elle apporte
de purement spirituel, de purement idÈal pour accroÓtre le
bien-Ítre humain.
Non seulement une commoditÈ, une facilitÈ, une distraction,
mais une puissance de rÈconfortante Èmotion; osons dire le mot:
une puissance de bohneur. L'absence est le plus grand des maux,
roucoule l'un de ces deux voyageurs ailÈs qui (nous dit La
Fontaine) s'aiment d'amour tendre. Eh bien ! nous cÈlÈbrons
aujourd'hui la suprÍme dÈfaite de ce "plus grand des maux".
Rendons ý ce propos hommage ý la science. A travers les
’ges, elle a poursuivi sa t’che bienfaisante. D'abord, elle
permit ý l'absent d'exprimer instantanÈment sa pensÈe; puis ce
fut sa parole... BientÙt, vous tournerez un bouton magique, et
l'absent surgira devant vous. Regardez-le: il vous sourit, il
vous parle, et les mots (qu'un autre miracle scientifique vous
apporte), vous voyez sa bouche les articuler.
Mesdames, messieurs (laissant systÈmatiquement ý part le
domaine scientifique), j'ai tenu ý vous dÈcouvrir cet autre
Èmouvant aspect de la tÈlÈvision, sa force Èlargissante sur notre
esprit, son action bienfaisante sur la sensibilitÈ humaine, son
rÙle comme instrument d'apaisement moral et de joie.
Dernier acte de la science contemporaine, elle vient,
aboutissement magnifique, de supprimer "l'absence".
Marcel PrÈvost, de l'AcadÈmie FranÁaise.
C'Ètait le 31 mars... 1939. Texte paru dans La Revue de
France du 1er Mai de la mÍme annÈe.
DU CINEMA ET DE LA TSF
(Chapitre XXVI de [Simart])
Ces deux crÈations de l'esprit humain que notre gÈnÈration
voit s'Èpanouir et s'Ètendre avec quelque effaremnet, sont d'une
importance inÈgale quand ý l'Èvolution de l'art. La transmission
par ondes, ý distance, des paroles et des mÈlodies, on peut dire
qu'elle ne modifie en rien l'essence de la poÈsie et de la
musique, pas plus que ne le ferait un procÈdÈ nouveau de gravure
ou d'impression. On a multipliÈ les auditeurs, mais leurs
oreilles n'ont rien entendu d'inÈdit, du moins jusqu'ici.
Tandis que le cinÈmatographe, par les trucs de sa technique,
apr la rÈalitÈ du paysage substituÈ au trompe-l'oeil du dÈcor
peint, par l'ampleur donnÈe ý l'action et la possibilitÈ de faire
leur place aux rÍves les plus fous, aux abstrations les plus
symboliques, le cinÈma a permis l'Èdifiction, ý cÙtÈ de l'ancien
thÈ’tre, d'un art absolument nouveau, avec ses moyens et son but
propres.
Mais du point de vue social, les deux inventions quasi
simultanÈes concourent ý un rÈsultat commun. Elles partent d'un
mÍme principe, qui est de centraliser la production pour la
rÈpartir ensuite, principe moderne qui permet d'obtenir mieux ý
meilleur marchÈ. Une multitude de petits thÈ’tres ne pouvant
donner que de piËtres reprÈsentations remplacÈes par un seul
studio gigantesque, armÈ formidablement, affectant une fortune ý
la ralisation du rÍve d'un poËte, et qui rÈpand ensuite son
impeccable production jusqu'aux moindres bourgades: voilý
l'essence du cinÈma, socialemnet parlant. Le morceau de piano
tapotÈ naguËre, ý la mÍme heure, dans cinq cent mille salons de
France, par la demoiselle de la maison, remplacÈ par l'exÈcution
d'une symphonie de Beethoven, avec deux cent cinquante musiciens,
en un auditorium central et livrÈ ý tout l'Univers, voilý la
T.S.F.
Sous cet angle de taylorisation, de communisme, ces
nouveautÈs valent d'Ítre considÈrÈes ici, car, de simples
amusettes q'uelles furent, les voici devenues vÈritables
centrales d'Ènergie, accumulateurs de jouissance et, comme
telles, en passe de modifier la structure des sociÈtÈs modernes.
Ainsi, on a parlÈ du dÈpeuplemnet des campagnes, de
l'urgence d'un retour des hommes ý la terre: question fort grace,
prÈoccupation instante, en effet. Les travaux des champs, qui
sont les plus directement conditionnÈs par les phÈnomËnes
naturels, demeurent toujours les plus pÈnibles, quelques progrËs
qui puissent y Ítre apportÈs mÈcaniquemnet. Quand il pleuvre et
qi'l faudra rentrer les foins, ý toutes les Èpoques du monde il
faudra se mouiller, tandis que le camarade de l'usine aura les
pattes au sec. Ces derniËres annÈes, la diffÈrence de traitemnet,
de capacitÈ de vie, de confort, Ètait encore aggravÈe par la
centralisation urbaine de toutes les distractions, notamment les
thÈ’tres, les concerts, les bals.
Si l'on y joint la diffÈrence considÈrables qui existait
dans le logement et dans l'alimenattion, on n'a point ý chercher
ailleurs la raison de la ruÈe des gards campagnards vers les
usines de la ville, dËs le sortir du rgiment. Car la question
salaire est au second plan; on dÈpense ý la ville en proportion
de ce qu'on y gagne et, au bout de l'an, ce n'est pas aux mains
du citadin bien payÈ qu'il reste le plus d'argent. Mais au moins,
songe-t-il, il a vÈcu, vÈcu une vie amusante, tandis que le rural
s'est dÈcrochÈ la m’choire ý bailler, les jambes lasses et
l'esprit inactif, sitÙt le soleil tombÈ ý l'horizon.
Le cinÈma et la T.S.F. y peuvent-ils quelque chose?
Vraiment, ils viennent au bon moment. Le dÈpeuplement des
campagnes, nous y remÈdions encore gr’ce aux races prolifiques,
italienne ou polonaise, qui essaiemnt par le monde, mais dans
quelques dÈcdes, ou dans quelques siËcles, ce pouvait Ítre la
catastrohe. Voit-on l'homme mourant de faim faute de sucre, de
ris ou de blÈ, au milieu ses admirables mÈcaniques?
Le cinÈma et la T.S.F., bien qu'encore dans l'enfance,
apportent au village une possibilitÈ de vie nouvelle. DËs
aujourd'hui, un grand film qui a coštÈ un demi-milliards, o˜
s'entassent pour la joie des yeux les reconstitutions
magiques,les figurations hallucinantes, les plus jolies filles,
les plus beaux athlËtes, est ý la portÈe de la petite vachËre
aussi bien que du raffinÈ de la capitale.
Mieu mÍme: sans bouger de la ferme, le soir venu, les gens
du labour s'assemblent sous la grange, et le haut-parleur rÈcipe
pour eux les Perses, d'Eschyle, accompagnÈs des bruits de la
foule athÈnienne. Si quelque finesse trop hellÈnique leur
Èchappe, la grandeur du tragique les pÈnËtre et leur ’me s'en
Èmeut profondÈment. Les nouvelles, glanÈes d'un champ de
l'Univers ý l'autre, ils les apprennent en mÍme temps que
quiconque. Les plus voluptueux airs hawaÔens, le dernier tango de
New-York sont pour eux. Enfin, s'ils le veulent, la plus divine
harmonie leur est prodiguÈe, et le lendemain matin, menant les
bÍtes, le garÁon de ferme siffle machinalemnet du Schubert ou le
Printemps de Mendelssohn...
Le cinÈma, la T.S.F. ! Plus on pense ý ces deux crÈations
humains, moins on se sent le droit d'en parler avec assurance. Il
faut Ítre charlatan pour disserter de l'avenir d'un enfant au
maillot. que nous donneront ces inventions effarantes? Effarantes
pour nous seuls, d'ailleurs, qui nous souvenons d'un tempss o˜
elles n'Ètaient point, car pour nos fils elles font partie
intÈgrante de leur vie quotidienne et normale. Ils ne s'en
Èmerveillent pas plus que nous, enfants, des chemins de fer et de
la lumiËre du gaz, qui pourtant...
J'entends dire que, de tous ces progrËs, il pourra sortir
beaucoup de mal, qu'ils seront de faciles instruments aux
propagandes les plus nÈfastes. On augura autant de l'imprimerie,
ý ses dÈbuts. Or, la libertÈ mÍme de la publicvation de la pensÈe
a fait qu'un livre annule l'autre et que le public a eu tÙt fait
de dÈvelopper son sens critique. Ainsi en sera-t-il, espÈrons le,
de la propagande par le film et par la radio-diffusion. DÈjý, le
peuple, qui a appris ý se mÈfier, n'avale pas bÈatemnet tout ce
qu'on lui prÈsente. Quand un rÈcit est manifestemnt tendancieux,
trop bien arrange en faveur d'une cause quelconque, il a un
clignemnet d'oeil: c'est du cinÈ! dit-il en crÈant un mot, selon
son habitude.
L'enseignement ne sera-t-il pas lui-mÍme entraÓnÈ, par ces
deux merveilles jumeles, vers des solutions pÈdagogiques plus
efficaces que les nÙtres? Tant vaut le pÈdagogue, tant vaut la
pÈdagogie, peut-on dire. C'est l'homme, en dÈfinitive, au-dessus
de tous les programmes, qui fait les ÈvlËves bien ou mal
instruits, bien ou mal orientÈs. Peut-Ítre paraÓtra-t-il
judicieux ý nos descendants de diffuser sur tous les Ètudiants
d'une rÈgion le cours magistral d'un grand professeur? Et chacun
a dÈjý pensÈ ý la rapide ouverture d'esprit que crÈeront chez les
bambins les projections cinÈmatographiques, quand, ayant acquis
une importance officielle, elles ne seront plus seulemnet un
maigre complÈment au cours, nÈgligÈ comme une amusette ou accordÈ
comme une rÈcompense.
Le cinÈma et la T.S.F. ! Nul n'ešt osÈ en concevoir la
croissance ý ce point accÈlÈrÈe. L'industrie du film, non pas
dans cent ans mais demain, est la premiËre du globe, par ses
milliards investis et ses billions et ses trillions d'argent
roulatn.
Songez-y, et qu'il y a trente ans rien n'existait de cette
fÈerie grandiose, et que c'est un fait nouveau dans l'histoire de
l'humanitÈ qu'un divertissemnet prenne le pas sur les bseoins les
plus pressants de notre corps.
D'ailleurs, il est visible, pour ne parler que de l'art
cinÈmatographique, que nous commenÁons ý peine ý deviner ce qu'on
en peut tirer. Des premiers films muets, la plupart furent
ineptes, en ce qu'ils copiaient platement le thÈ’tre: l'horizon
des metteurs en scËne, sauf quelques prÈcurseurs comme MÈliËs,
n'allait pas au delý de Rigadin pirouettant dans un dÈcor de
salon. Il en est encore ainsi, lors de chaque nouveau
perfectionnemnet, dont ne ne comprend pas tout de suite les
possibilitÈs qu'il renferme. Etaint-ils asez pauvres et naÔfs et
ridicules, les premiers films sonores et parlants ! Et pourtant,
cette merveilleuse mise au point permet de mÍler ý l'image des
sons harmonisÈs, bruits de nature, bruits de foule, grand cri
traversant la scËne tragique comme une ligne de force acoustique!
Et la couleur? Au lieu d'ajouter simplemnet du verts aux arbres,
ce que notre cerveau faisait sans elle, ne nous incitera-t-elle
pas ý composer, hors du dÈveloppement strict de l'intrigue, de
vÈritables tableaux animÈs, aux teintes orchestrÈes et vibrant
comme une symphonie? Les dessins animÈs et sonores ne sont-ils
pas une innovation effarante par quoi l'homme, pour la premiËre
fois, s'apparente au DÈmiurge, crÈant une vie plausible ý cours
d'irrÈel? Et ce que le gÈnie scientifique de nos frËres et de nos
fils dÈcouvrira tantÙt!En vÈritÈ, ý quoi ne pouvons-nous rÍver?
En tous cas, tels que sont dÈjý et le cinÈma et la T.S.F., l
vie quoditienne des sociÈtÈs peut Ítre bouleversÈe par cette
facilitÈ dans la jouissance. C'est peut-Ítre la mort des
thÈ’tres, et mÍme de tous les autres Ètablissemnets de
spectacldes, le jour o˜ le cinÈma sans fil joint ý la
radiotÈlÈphonie nous permettra at home la vision et l'audition
d'un spectacle complet.
On peut imaginer les consÈquences les plus sÈrieuses comme
les plus plaisantes. La T.S.F., ne sera-ce pas la mort des
mateurs? la disparition des pianos supportant la partition jaunie
de PoËte et Paysan? Sans doute, mais il en rÈsultera un
relËvement des Ètudes musicales, car il faudra des virtuoses hors
de pair aux auditoriums internationaux. Et les musiciens en
acquerront peut-Ítre un prestige grandi, une importance sociale
nouvelle, une consÈcration bourgeoise...
De ce qu enous apporter demain, nous ne savons rien. A
chaque pas qu'il fait vers l'avenir, l'homme dÈcouvre un paysage
insoupÁonnÈ. Ses plus sšres prÈvisions, la rÈalitÈ les contrarie.
Je disais que le cinÈma tuera le thÈ’tre: rien n'est moins
assurÈ. La T.S.F. a-t-elle tuÈ le gramophone? Tout au contraire,
elle a Ètendu le nombre des mÈlomanes, elle a donnÈ le gošt, le
besoin, la passion de la musique ý des gens qui vivaient sans
s'en soucier et ý qui dÈsormais il en faut de toutes les sortes.
C'est un fait commercial reconnu que la vente des disques est
croissante, et proportionnelle ý la diffusion de la T.S.F.
N'en soyons pas ÈtonnÈs. Quant la navigation ý vapeur est
nÈe, les marins se rÈvoltËrent, craignant la mort de leur mÈtier;
or jamais il n'y eut tant de maris que de nos jours. Et
l'imprimerie, qui dut navrer les copistes? Elle a crÈÈ un appÈtit
de lecture tel que des millions d'individus sont, sur la surface
du lobe, occupÈs ý composer des livres et de journaux qui
n'eussent point vu le jour sans Gutenberg.
Ainsi le cinÈma a peut-Ítre simplement dÈcupÈ le dÈsir de se
distraire. Quelque poupulaire que fšt le thÈ’tre, c'Ètait
toujours une ÈvÈnemnt que d'y aller. Il se fallait habiller, et
il Ètait prudent de louer ses places. Sauf dans un certain monde
d'habituÈs, on de dÈcidait point impromptu de s'y rendre. Tandis
que le cinÈma est bon enfant. On contente tout de suite l'envie
qui vous prend. C'est devenu une habitude de la vie la plus
modeste avec laquelle le budget familial doit compter.
<
Il est certain que ces sorties frÈquentes, dont la fatigue
persiste jusqu'au lendemain soir, ne sont point propices aux jeux
conjugaux. On est los, lorsqu'on se couche ý minuit passÈ, las et
rassasiÈ. On n'a plus besoin de se distraire ý la faÁon des
sim˜ples dont c'Ètait la seule joie. Il n'est pas douteux que
Charlot et Mary Pickford ont empÍchÈ vien des enfants de naÓtre.
Mais la roue tourne. La musique et les images par les ondes,
chez soi, reconstitueront peut-Ítre la famille, que le
cafÈ-concert et le cinÈma avaient contribuÈ ý dÈbiliser. Quand,
bientÙt sans doute, on pourra tout voir et tout entendre de son
fauteur, ou de son lit, on sortira moins de chez soi. Bien que,
en vÈritÈ, il manquera toujours aux vrais amateurs le plisir du
dÈplacement et le ragošt de l'Èmotion collective. [Simart]
4.6. MÈthodologies
A la base, Taylor revu par Fayol.
"A la base de cette science de l'organisation harmonique,
nous avons placÈ l'oeuvre d'Henri Fayol, la Doctrine
administrative" qui a exercÈ en Europe une large et bienfaisante
influence. On peut regretter qu'elle se soit prÈsentÈe sous forme
de "dcotrine"... une sorte de dogme...
"Ce qu'il y a de passionnant dans les Ècrits de Taylonr,
c'est le rÈcit vivant de ses travaux, l'exposÈ loyal de la faÁon
dont il les a conduits, l'ardent souci de progrËs humain qui s'en
dÈgage, mais pour comprendre la philosophie et l'idÈe directrice
de son oeuvre, il faut lire le lumineux commentaire qu'en a fait
M. Henry Le Chatelier". [Ponthiere]
L'organigramme, dÈcrit par PonthiËre, tant comme description
de l'organisation (avec la direction gÈnÈrale au sommet, comme il
se doit), mais aussi comme description d'un processus
(circulation de documents)
Objectifs de PonthiËre: "Le bureau doit exÈcuter son
travail: a) avec une dÈpense minimum; b)le plus rapidement
possible".
PonthiËre a une synthËse puissante au tour de son bureau
moteur.
Eole d'application du Centre de prÈparation aux affaires.
Les graphiques, moyen de direction des entreprises [Satet)
Une mÈthode pour analyser rapidement une entreprise [Satet]
Jean Coutrot: Le systËme nerveux des entrepriss. Delmas
Maurice PonthiËre: "Le bureau moteur", Fonction et
organisation des bureaux. Delmas
InspirÈ de la mÈcanique (mÈcanographie)
"Le bureau moteur est dans l'entreprise une piËce de choix,
une mÈcanique puissante et prÈcise qu'il faut soigner, choyer,
astiqeur et tenir toujours en pleine forme" [PonthiËre]
"Fabrique d'idÈes motrices" [PonthiËre]
.
L'esprit de systËme
contestÈ
"Tout ce qui tend ý la systÈmatisation de la volontÈ
directrice leur paraÓt un abaissement" [PonthiËre]
"Quand nous aurons poussÈ au maximum notre savoir
expÈrimental, notre intelligence mÈcanique, les systÈmatisations
de la pensÈe, nous nous herutons ý des zones de tÈnËbres ý
travers lesquelles nous ne pouvons plus nous diriger qu'en
faisant appel ý nos intuitions". [PonthiËre]
Mais aussi besoin de synthËse:
"Une thÈorie gÈnÈrale du bureau et de son activitÈ est
indispensable pour l'orientation quotidienne de celle-ci. Les
praticiens ne sauraient trop regretter que la philosophie ait
tellement nÈgligÈ jusqu'ý prÈsent de diriger ses investigations
vers les organismes travaillants et professÈ mÍme un certain
dÈdain pour leurs activitÈs primordiales". [PonthiËre]
Comparaison avec le systËme nerveux [Ponthiere]. Courants
centripËte et centrifuge.
ThÈorie gÈnÈrale de PonthiËre:
"Les bureaux Èvoluent selon une tendance ý prendre
conscience de tous les mouvements de l'entreprise antÈrieurement
abandonnÈs aux rÈflexes spontanÈs des exÈcutants.
"La premiËre opÈration du bureau est l'enregistrement des
idÈes simples, la fixation par l'Ècriture de l'image d'une chose
un d'un fait. L'Èvolution des bureaux tend ý l'enregistrement de
notions de plus en plus nombreuses et de plus en plus prÈcises.
"Le bureau est un organe d'intelligence mÈcanique qui
Èlabore mÈcaniquement des idÈes complexes par voie d'analyse, de
synthËse, de comparaison et de toutes autres associations d'idÈes
simples.
"Le bureau dÈgage les lois des activitÈs de l'entreprise.
"Les bureaux Èvoluent dans le sens d'un accroissement des
prÈvisions et des contrÙles
"La volontÈ administrative est l'idÈe claire dÈgagÈe par les
documents du bureau
"Les bureaux Èvoluent et font progresser l'entreprise en
substituant des volontÈs conscientes aux rÈflexes inconscients
"Par leurs notations infiniment nombreuses qui Èlaborent
l'idÈe complËte et vraie, les buraux ÈvoluÈs Èliminent les actes
inutiles et pÈrilleux et dÈclenchent les actes dont le rÈsultat
est certain.
"Le dynamisme de l'idÈe administrative est mis en branle par
la visualisation et la vision directe (par exemple, montrÈ par
feuille de contrÙle ý l'ouvrier)
"L'idÈe administrative n'est motrice que dans la mesure o˜
toutes les parties de l'entreprise sont saines et rationnellement
organisÈes.
Plus loin, il reprend sa thÈorie sous une forme plus
concrËte:
"Quelle que soit la focntion particuliËre d'un bureau, la
vente, l'achat, la comptabilitÈ, etc. tous les buraux ont pour
fonction gÈnÈrale d'animer et de rÈgler une activitÈ, et ils
procËdent selon le cycle...
A. La perception des faits. IdÈe reprÈsentative simple et
son enregistrement. CrÈation du document.
B. Magasinage des documents, leur stockage dans la mÈmoire
de l'entreprise slon les principes de la science du classement.
C. La combinaison des documents ou formation de l'idÈe
administrative complexe.
D. La promulgation de l'idÈe motrice: visualisation et
vision directe.
Abis. ConrÙle ou nouvelle perception des phÈnomËnes modifiÈs
par l'idÈe motrice et recommencment du cycle sur les donnÈes
anciennes si elles sont confirmÈes par le contrÙle ou sur des
donnÈes nouvelels fournies par le contrÙle. "
Il prÈcise:
"La dÈcomposition de ce mouvement cyclique en opÈrtaions
ÈlÈmentaires n'est pas toujours apparente, notamment lorsque le
fait initial dÈclenche ý lui seul l'exÈcution conforme ý ses
donnÈes. (notamment dans un epetite entreprise)... Dans un grand
nombre de cas, au contraire, les diffÈrents temps du travail de
bureau sont distincts et peuvent Ítre ÈtudiÈs sÈparÈment, comme
nous allons le faire ici.
PonthiËre insiste sur la symbolisation:
"Le langage des documents administraifs est donc un langage
abrÈgÈ dont on Èlimine tous les termes qui ne sont pas
rigoureusement indispendables.
sigles, symbole composÈ de chiffres, ou de lettre et
chiffres, et parfois un dessins
Il montre l'importance de "la colonne et la rÈglure" pour la
qualitÈ du travail administratif, et qui pour une part conduire
asu tableur.
La fiche.
DiffÈrents types de classement (alphabÈtique, numÈrique,
alphanumÈriqeu, gÈographique, idÈologique (...), dÈcimal
(hiÈrarchisÈ), chronologique.
Puis la formation des idÈes complexes
- combinaison des documents
- comptabilit et statistiques
- signalisation "le classement des fiches est en soi une
premiËre statistique gÈnÈrale",
- la machine ý statistiqeu (PonthiËre n'en voit pas du tout
les applications que nous appelons aujourdhui "de production", et
qui sont au contraire un aspect majeur du travail de Carmille)
- le graphique (un long chapitre, assez actuel, y compris
avec une Èbauche de diagramme de Gantt, mais pas histogrammes ni
camemberts).
Puis la promulgation, o˜ PonthiËre place le secrÈtariat.
Enfin, le contrÙle.
PonthiËre propose une mÈthode pour la conduite des Ètudes
d'organisation.
Comment on amÈliore un standard
- observation du standard actuel
- analyse du problËme
- documentation
- expÈrimentation
- mise en pratique du nouveau stndard
- maintien du standard.
... on n'est pas si loin des schÈmas classiques du
dÈveloppement informatique
Puis, amÈnagement du bureau
- emplcement et distribution
- circulation et communication
- propretÈ, ordre, hygiËne
- bruit
- air, chauffage, ventilation
- lumiËre (avec Ètudes de productivitÈ en fonction de
l'Èclairage)
- conclusion: l'analyse et le plan d'amÈnagement
ConsidÈrations gÈnÈrles sur l'Èquipement de bureau (pour le
dÈtail, voir le chapitre "technologies de l'information". Cet
Èquipement Èvolue
"On peut rÈsumer cette Èvolution en rappelant les principes
qui l'ont dirigÈe.
Le principe de l'Èconomie de mouvements apparaÓt surtout
dans les appareils de transmissiond e la pensÈe orgale et Ècrite:
tÈlÈphone, tÈlÈscriptuers, transporteurs de papier.
Une grande Èconomie de temps et de travail a ÈtÈ rÈalisÈe
par les instruments uqi ont totalemnte supprimÈ la copie
manuelle: les machines utilisatnt les rubatns et papier carbone,
les duplicateurs.
Le principe de normalisation a jouÈ un grand rÙle, avec ses
corollaires: mobilitÈ, interchangeabilitÈ, extensibilitÈ.
Des rÈflexions rÈalistes sur le rendement. Par exemple: "Une
machine dont les rouages sont trËs agiles peut comporter de la
part de l'opÈrateur des opÈrations accessoires qui lui font
perdre le bÈnÈfice de la perfection mÈcnique". Cependant "Le
rendement du'ne machine de bureau est parfitement mesurable".
Notes sur la "liquidation des documents". [Ponthiere]
"La multiplication du travail administratif et le
foisonnement des documents porte avec soi un danger de dÈsordre,
d'encombrement, d'engorgement, de lenteur. Le pÈril n'est pas
imaginaire; il n'est pas nÈgligeable.
"Un document peut se trouver en trois endroits: sur la table
de travila, au classement, aux archives. Enfin, il peut purement
et simplement Ítre dÈtruit.
Parmi les rËgles indiques, notons "En fin de journÈe, il ne
restera aucun parpier sur la table, et ý plus forte raison sur
lers chaises et rayons avoisinants".
1935. Le Larousse Commercial [Clementel] a un article
"analyse du travail"
1936-38-42. Carmille
(normalisation: dÈjý format commercial 21x27, et normes Din)
En 1935 existe:
Cnof
Chambre syndicale de l'organisation commeciale
Chambre syndicale de la mÈcanographie
et deux expositions annuelles:
- Salon de l'organisation sommerciale (en automne, par
chambre syndicale du mÍme)
- Hall du bureau moderne, ý la Foire de Paris
4.7. Applications
"Ce qui caractÈrise l'industriel moderne, c'est de vouloir
et de savoir mesurer ce qu'il reÁoit, ce qu'il utiliser, ce qu'il
laisse perdre, de maniËre ý Ètablir son bilan final dans un
esprit rigoureusement Èconomique" [De Launay]
Recensement
1936. Feuilles de paie mÈcanographiques chez LMT
Carmille: stocks, paie, facturation
pour le sapplicaions de production, PonthiËre insiste
plustÙt sur les machiens a adresser:
"Parmi ces applications ctions: la sÈlection (ÈchÈances,
abonnemnts), l'Ètablissemnet des listes (salaires, comptabilitÈ,s
tocks), l'impresion des lettres personnelles vec l'adresse du
destinatarie et la signature (pulicitÈ directe), l'impresion
d'une texte d'imprimerie en mÍme temps que le texte individuel
(quittances, gandes),e tc.
Parmi les monographies publiÈes par Delmas, qui en fait la
pubolicitÈ dans [Ponthiere]
- Magazin gÈnÈral des matiËres de St-Pierre des Corps, de la
Cie du P.O.
- L'organisation scientifique aux usines de boitges
mÈtalliques des Ètablissements J.-J. Carnaud et forges de
Basse-Indre
- L'organisation scientifique ý la socitÈÈ des
hauts-fourneaux, forges et aciÈries de Pompey
- L'organisation scientifique ý la Compagnie gÈnÈrale
Èlectrique ý Nancy
- L'organisation scientifique ý la Compagnie des minesd e
Vicoigne, Noeux et Drocourt
- L'organisation scientifqiue ý la sociÈtÈ des Chantiers et
ateliers de St-Nazaire-PenhoÎt
- L'organisation scientifqieu dans les Grands ateliers de
locomotives de la Compagnie du chemin de fer de Pris ý OrlÈans
- L'organisations scientifque ý la sociÈtÈ anonyme des
hauts-fourneuax, forges et aciÈries de Denain et d'Anzin et ý la
sociÈtÈ anonyme des Ètablissements Neu
- L'organisation scientifque ý la sociÈtÈ franÁaise des
constructions mÈcaniques Anciens Ètablissements Cail, ý Denain
- RÈorganisation du garage des Galeries Lafayette (par Paul
Planus)
- L'organisation scientifique ý la sociÈtÈ anonyume des
Forges de Strasbourg
- L'organisation scientifqiue aux Grands moulins de Strsboug
- L'organisation scientifique ý la SociÈtÈ de transbordemnet
au port de Strasbourg (S.T.A.P.S.).
4.8. L'EIS vu par PonthiËre
C'est le chapitre de conclusion de son oeuvre. Passionnant.
LE BURAU SUPREME DE L'ADMINISTRAITON GENERALE
Le principe de l'exception
Par ses enregistrements, ses triturations, ses visualisations, le travail administratif projette ses idÈes motrices ý tous les Èchelons de l'entreprise. Il anime l'atelier, les transports, les fournisseurs, la clientËle, la caisse, par la
vertu directe de ses documents provoquant partout des rÈflexes. Mais, en mÍme temps, ses perceptions et ses idÈes montent d'Èchelons et Èchelons, filtrÈes, ÈpurÈes, simplifiÈes, jusqu'au bureau suprÍme de l'administrateur ou directeur gÈnÈral.
La fonction d'administration gÈnÈrale, nous l'avons ainsi dÈfinie: tracer la politique de l'entreprise, Ètablir les directives gÈnÈrales, examiner les documents de otutes sortes pour arrÍter son atention sur toute affaire exceptionnelle et d'importance capitale.
Tel est du moins l'effet d'une correcte organisation administrative: aprËs qu'il a Ètabli les directives, le bureau suprÍme n'est plus saisi que des faits exceptionnels qui troublent l'exÈcution de ces directives, soit par un dÈsordre
accidentel de l'organisation interne de l'entreprise, soit par une rÈaction imprÈvue de l'ambiance.
Tel est le "principe de l'exception", loi d'une saine direction. Une direction malsaine est hyponcondriaque. L'hypocondre est anxieux. Il Ècoute et compte les battements de son coeur, il palpe son estomac, considËre d'un air navrÈ la
couleur de sa langue; il est inquiet de rester sans nouvelles de ses reins, de son foie, de sa rate; ses poumons n'ont ils pas quelques lÈsions? Il lui faut tout savoir de ce qui se passe en lui-mÍme et ne rien ressentir de f’cheurs qui lui semble le prÈsage d'une maladie qui couve.
La nature prÈvoyante nous a pourtant dispensÈs de ces alarmes. Elle a rÈglÈ une fois pour toutes le fonctionnement de nos organes et nous a enlevÈ l'effroyable souci que nous donnerait chacun d'eux si nous devions prendre sans rel’che conscience de leurs mouvements innombrables. Il nous suffit
d'Ítre informÈs par la douleur ressentie en un point quelconque qu'il y a lý quelque dÈsordre auquel il faut parer.
Beaucoup de chefs d'entreprise et de chefs de service souffrent d'hypocondrie. "C'est un spectacle dommun quoique un triste spectacle, dit F. Taylor, que de voir le directeur d'une importante affaire embourbÈ dans son burau au milieu d'un ocÈan de lettres et de rapports sur chacun desquels il pense que son devoir l'oblige ý poser sa signature ou son cachet. Il a la
sensation que, gr’ce ý ce flot de dÈtails qui coule sur sa table, il se tient en contact Ètroit avec son entreprise entiËre.
"Le principe de l'exception est exactement le contraire de cela. S'il s'en inspire, le directeur recevra seulement des rapports sommaires faisant toujours appara^tre les donnÈes comparatives, mais relatifs nÈammoins ý toutes les activitÈs. Il est mÍme dÈsirable que ces rapports sommaires soient d'abord examinÈs avec soin par un secrÈtires qui souligne les exceptions
aux rÈsultats normaux et aux rËgles Ètablies, aussi bien les exceptions heureuses que les dÈfaillances accidentelles. Ainsi le chef prend en quelques minutes une complËte connaissance des progrËs rÈalisÈs ou des accidents constatÈs et garde son temps libre pour considÈrer les grandes lignes de son administration et pour Ètudier le caractËre et les aptitudes de ses collborateurs principaux."
Le principe de l'exception est le principe supÈrieur du contrÙle. S'il n'st pas toujorus observÈ, cela tient quelquefois ý l'hyponcondrie du chef, ý la mÈfince maladive qui assombrit sa pensÈe, mais bien plus souvent encore ý l'absence d'organisation, de rËgles dÈfinies et de prÈvisions ÈtudiÈes.
Faute de rËgles et de prÈvisions, il est impossible de savoir si un rÈsultat est normal ou s'il est exceptionnel. La rËgle et la prÈvision demeurant confuses dans le cerveau du chef, lui seul est en mesure d'appÈrÈcier le rÈsultat; il est
positivemnt contraint d'examiner personnellement chaque dÈtail pour le comaprer ý la norme flottante qui n'est qu'en son cerveau. Il gaspille ainsi le temps le plus prÈcisux de toute l'entreprise, son propre temps de chef. Il n'est plus qu'un employÈ payÈ trop cher.
Au contraire, si la rËgle et la prÈvision sont fixÈes en forme de document de bureau, la comparaison devient ý la fois possible et facile pour tout le monde, et les employÈs du contrÙle sont en mesure de remplir leur t’che.
S'il s'agit, apr exemple, de contrÙler les crÈdits, il est nÈcessaires de fixer ý la fois le montant du crÈdit qui peut Ítre accordÈ ý chaque client sous peine de dÈpasser sa solvabilitÈ et le pontant total des crÈdits qui peuvent Ítre accordÈs ý l'ensemble de la clientËle en un mÍme moment sous peine de mettre en pÈril la liquiditÈ du capital et les facultÈs de la trÈsorerie. Ces prÈvisions faites, il suffit au chef d'Ítre informÈ des crÈdits individuels qui viendraient ý dÈpasser accidentellement le chiffre fixÈ et il n'a besoin d'Ítre informÈ du montant total des crÈdits que s'il leur arrive de s'approcher
dangereusement du maximum prÈvu.
De mÍme si l'on a pris soin de dÈterminer le rendemnt normal des ouvriers, des machines et des ateliers, le contrÙle personnel du chef ne sera mis en jeu que lorsque les documents font apparaÓtre soit un excÈdent de rendement qui permettra de rectifier les prÈivisons futures, soit une insuffisance qui
rÈvËle un trouble dans le fonctionnemnet.
Si une livraison promise pour une certaine date doit Ítre rÈellemnt faite au jour dit, tout va vien, et le chef n'a que faire d'encombrer son esprit de pareils renseignemnets. au contraire, si un retard dans les approvisionnemnets ou dans les ateliers met en pÈril les fabrications et les assemblages prÈvus
au tableau d'avncemnt du travail, le chef doit en Ítre aussitÙt averti pour mettre en branle les initiatives techniques ou commerciales.
Le principe de l'excption veut donc que le contrÙle soit parlant, car il a pour but de dÈgager une idÈe motrice, de corriger les activitÈs dÈficiatiers. Cette idÈe ne doit pas Ítre sous-entendue, mais formellement exprimÈe.
La comparaison du rÙle des prÈvisions et du rÙle des rÈsultats aboutit toujours ý un plus, ý un moins ou ý une ÈgalitÈ; or les ÈgalitÈs n'ont pas besoin d'Ítre visibles. Il est meme dangereux qu'elles soient apparents, parce qu'els accablent l'esprit de leur multitude intutile, dispersent l'atention et dÈtournent la volontÈ des actions nÈcessaires.
Un contrÙle, pour Ítre efficace, doit mettre en lumiËre les plus et le smoins et mÍme ceux-lý seulement qui s'Ècartent suffisamment de la rnorme pour jusifier une rÈaction.
Les systËmes et les mÈcaniques de bureau s'efforcent de faire parler les contrÙles. C'est ainsi que les appareils de pointage ý la porte des usines marquent en encre d'une couleur spÈciale els entrÈes qui ont lieu aprËs l'heure, les seules qui nÈcessitent une rÈcation. La plupart des systËmes de fiches comporent des cavaliers et des voyants don tla forme, la couleur,
l'emplacemnet, sont autant de signaux d'alarme. Les appareils ý graphiques signalent Ègalemnet les pÈrils par l'emplacement de noeuds ou cordelettes au-dessous et au dessus d'une ligne qui marque la normale. La traduction des travaux de chiffres en graphique a ussi pour but d faire crier les contrÙles au point nÈvralgique.
Le contrÙle parlant et matÈrialisÈ dans le burau du chef c'est la planche de bord.
La planche de bord
Confortablement assis ý l'intÈrieur d'une automobile, il vous est bien difficile, ý partir d'une certaine vitesse, de vous rendre compte de l'allure ý laquelle vous marchez. Faites-vous 40 kilomËtres ý l'heure, 60, 80, davantge, ovus ne sauriez le dire. Avec un peu d'exercice, vous arriveriez peut-Ítre ý des
apprÈciations approximatives, mais vous vous tromperiez encore bien souvent. Et si les conducteurs d'autos devaient se fier ý leur intuititon, les accidents de la route, qui, pourtant, ne chÙment pas, seraient bien plus nombreux.
Mais il y a la planche de bord. Le conducteur a sous les yeux toute une sÈrie de cadrans sur lesquels l lit comme dans un libre les indications essentielles qui lui donnent une exacte conscience, non seulemnet de sa vitesse et de ses relations avec le monde extÈrieur, mais encore du fonctionnemnet interne de sa machine. Ce sont, d'ne part, le compteur kilomÈtrique, l'indicateur de vitesse, la montre, la carte, qui lui disent le passÈ, le rpÈsent et l'avenir de son voyage. D'autre part, c'est le compteur de tours-minute qui marque le rÈgime du moteur, l'indicateur de pressio d'huile, le niveau d'esence qui le
renseignent sur ses approvisionnemnts, les lampes tÈmoins du fonctionemnet Èlectrique. Gr’ce ý la planche de bord, il manoeuvre avec sang-froid les leviers de comande et fanchit l'espace ý des vitessq qu'il y a trente ans on jugeait irrÈalisables. L'organisation e la conscience du concucteur dest
poussÈe trËs loin sur les automobiles, le savions et, en gÈnÈral, sur toutes les mÈcaniques qui mettent en danger la vie de celui qui dirige et de ceux qu'elles emportent. C'est l'application des principes de visualisation et de vision directe.
Le progrËs des entreprises industrielles, commerciales et administratives n'a guËre marchÈ moins vite que celui des instruments de locomotion. les erreurs de direction y sont moins sanglantes. MÍme en cas de faute lourde, il n'y a pas mort d'home, mais seulemnet chÙmage et ruine; c'est l'entreprise qui souffre et qui meurt. C'st pourquoi sans doute on attache moins d'importante cý l'organistion de ses fonctions de conscience.
On ne les nÈglige certes pas. Le dÈveloppemnet considÈrable du travail de burfau depuis une quarantaine d'annÈes correspond pour la plus large part au beoin ÈprouvÈ par l'entreprise de se connaÓtre elle-mÍme et de connaÓtre son milieu. Perfectionnement comptable, multiplication des statistiqeus, servcices de documentation, inventaires permanents, analyuses du travail, analyses du marchÈ, tout cela n'a pour but que de placer des resnsignements certains, rapides et complets osus les yeux de ceux qui tiennent en mins les leviers de commande.
Mais comme il arrive souvent, c'est l'Èovlution naturelle des chosse qui nous domine; nous lui obÈissont sans en comprendre clairement les tendances, car les choss ne parletn pas et nous laissent ý deviner leurs desseins.
Ainsi, la plupart des gens sont sÈduits par des perfectionnemnets partiels dont ils apprÈcient confusÈment les avantages; mais le but central, l'idÈe maÓtrisse qui anime cette Èvolution, ils ne l'aperÁoivent pas.
Tous les systËmes administratifs, tous ces procÈdÈs du travail de bureau qui nous rÈvlËent les phÈnomËunes du monde extÈrieur et les mouvemnets interns de l'organisme travaillant, nous les rÈsumons en des feuilels, en des tableux, que nous rangeons soigneusemnet en des cahiers, en des tirois, en des armoires.
Bien rares sont les entreprises qui mËnent tous ces trvaux jusqu'ý leur objectif final, ý la planche de bord sous les yeux du grand chef.
Feuilles rÈcapitulatives, tableaux, graphiques, osnt Èpars et dissimulÈs. Ils sont tenus ý jour ý intervalles plus ou moins espacÈs.
La planche de bord, elle, est synoptique; elle rassemble tous les ÈlÈments de conscience dans le champ visuel. elle est toujours ÈtalÈe sous le regrade ce celui qui doit la consulter. Enfin, elle est animÈe, vivante; la mise au point est
instantanÈe; les ÈvÈnements et leurs variations s'y incscivent au moment o˜ ils s'accomplissent. L'idÈe de desine. elle se rÈalise mÍme dans les services secondaires. Elle est ý l'origine du dispatachig: dans les chemins de fier, au cenre des zones principales, un dispatcher a devant lui un tableau o˜ s'inscrivent les mouvements rÈels des trains; il eput insi ý tout instant donner les ordrs nÈcessaise pour remÈdier ux irrÈgulraitÈs accidentelles du trafic.
Dans les bureaux d'avancement du travil, c'st ý dire souvent au buefau du chef d'atelier, des tableaux d'avancemnet sont largemnt ÈtalÈs et mis au point au moment o˜ chaque ouvrier, chaque mchine, change de travail.
Les modifications sont transmises au bureau par message oral, Ècrit ou tÈlÈphonique, et portes ausitÙt u tableau. Ce n'est pas encore l'enregistrement automatique d ela planche de bord.
Cet enregistremnt automatique n'est plus ý inventer. Pour contrÙler la marche des machines, des connexioins Èlectriques allument des lampes dans le bureau qund la machine marche, less Èteignent quand elle s'arrÍte, tracent un graphique de marche sur un tambour tournant.
Parfois les signaux lumineux sont actionnÈs par l'ouvrier. Celui-ci, ayant auprËs de lui un clavier, envoie au bufeau ý la fin de chaque travial le numÈro de la piËce terminÈe, et ce numÈro s'inscrit au bureau en chiffres lumineux.
Ces mÈthodse sont ingÈnieuses. C'st la planche de bord qui se dÈveloppe et qui s'orgnise. Elle va son chemin dans les buraux techniques,s'y installe, amÈliore ses procÈdÈs, mais elle n'en est pas encore sortie pour entrer dan sle burau commercial et le burau administratif. Elle y a fait une timide apparition sous forme de gaphiques ý ficelles, de tableaux ý piËces mobiles que l'on rËgle ý la main et plus ou moins rÈguliËrement.
Quant ý la planche de bord du grand chef, au talbeau mouvant largemnet ÈtalÈ devant lui, sur lequel viennetnt s'inscrire ý ahcque instant les chiffres index de l'activitÈ de l'usine, du burau de vente et du bureau d'achat, de la caisse et de la trÈsorerie, o˜ les insuyffisances, les retarnds, les accietn apparaisent aussitÙt qu'ils se produisent, elle n'a pas encore ÈtÈ que nous sachions, clairemnte conÁue ni mÈthodiquemnet organisÈe. De-ci de-lý, on en voit la frÍle Èbauche. Le sytËme de connexions Èlecgriques qui, partant de chaque burau, aboutira au bureau du chef pour y faire apparaÓtre instantanÈment sur un mur les idneces de toutes lesa cdtivitÈs de l'entreprise et singaler
par un feu toute activitÈ dÈfaillnte t toute dÈviation, il ne faudrait pour le construire que bien peu d'ingÈniositÈ mÈcanique.
Ce sera le couronnemnet logique de l'Èvolution la plus caractÈristique du bureau moderne. Le chef de dmain gouvernera son entreprise comme le pilote ocnduit son navire et son avion, les yteux fixÈs sur la planche de bord.
.....
Vous vous souvenez de la caverne de Platon. Des hommes osnt enchaÔnÈs dans une caverne. Ils n'en peuvent voir que le fond, sur lequel se meuvent des ombres. Pour deux, ces ombres sont toute la rÈalitÈ.
mais, parmi eux, Ètait un philosophe, c'est-ý-dire un cultieux. Il s'agitat tant et si bien qu'il brisa ses chaÓnes et vit derriËr elui des personnages rÈels qui se mouvaient; le soleil es Èclairait et projetait leurs obmres sur le fond de la
caverne.
Et Platon expliquait ainsi son apologue: le soleil, c'set le bien suprÍme. les personnagse sont les ides abstraites, seules rÈalitÈs dont les choses ne sont que l'ombre. Un cercle de tonneau n'est que l'ombre dÈformÈe d el'idÈe abstraie de cercle gÈomÈtrique Nous vivons dans un mode d'apprences matÈrielles que nous voyaons trËs mal; c'est l'IdÈe, seule vivante, qui crÈe et
qui recre le monde. La plupart des philosophes pensent aujourd'hui d'autre maniËre. Pour eux, les choses ne sont pas le reflet de l'ide, mais l'idÈe est le reflet des choses. C'est parce que nous vons vu des cercles de tonneaux, des troncs d'arbrfs, des ondes concentriques dans une riviËre, que s'est formÈe dan snotre cerveau l'idÈe abstraite du cercle gÈomÈrtique. Mais c'est ý partir du moment o˜ l'idÈe abstraite s'est sublimÈe dans note esprit pour dÈposer en nous une image simplifiÈe, ujn concept des hcoses, que nous commenÁons ý les domainer et ý les gouverner. D'om˜ nous vient cette fcultÈe d'extarire l'idÈe pure, l norme des choses et des phÈnomËnes divers? Nous ne le savons pas. Mais ce qui semble crtain, c'st que l'IdÈe, si elle ne crÈe par les choses, gouverne les actes des humains. Ils agbissent selon l'iÈde pous ou moins nete, plus ou moins exacte, qu'ils se font du milieu o˜ ils vivent.
Une idÈe se transforme en acte; l'idÈe est force.
Les entrepries ont longtemps vÈcu sans idÈes claires sur les ÈlÈments internes et extgernes de leur activitÈ. Elels vivaient machinementmt engrenÈes sur des rouages dont elles ignoraient le mÈcnisme. C'st la voie de la nature. Tous les Ítre vivants, aussi bien dans l'ordre de l'Èvolution des espËces qu dans l'ordre de lÈvolution individuelle, commencent par exercer l'activitÈ inconsciente de leur systËme nutritif et de leur systËme moteur. ensuite, apparaÓte le systme nerveux qui leur donne conscience de leurs actes et se deÈveloppe en passsant par tous les stades de l sensation simple, des sensations classÈes, des notions confuses et des idÈes claires.
Ainsi se sont dÈveloppÈes les entrprises en gÈnÈral, et ainsi se dzeveloppe chacune d'elles en particulier. elles se rendent de mieux en mieux compte de ce qui se passe en elles et auoutr d'lles. Les avntages qu'elles tirent de ce savoir croissant leur font dÈsirer de xavoir toujours plus; elles augmentent sans cesse les buraux qui leur donnent la science de leur propre activitÈ.
Pour reprendre l'image du vieux Platon, le burau est la averne sur leseuil de laquelle se tient le chef d'entreprise. S'il regarde vers le dehors, il voit un chantier d'activitÈs onfusent ou s'agintt les hommes, les machines et les choses sans qu'il soit possible d'en saisir le principe et la loi. S'il se
retourne pour considÈrer le mur de la caverne, le burau o˜ se projette l'ombre des activitÈs extÈrieures, il voit une imge rÈduire, dmais claire, un talbeau simplifiÈ, dont il peut tudier les ahrmonies, els discordances, et qui provoque en son cerveau lucide la rÈaction efficace et sšre.
5. Les entreprises
Organisation, nouveaux mÈtiers, nouvelles doctrines
"Le systËme industriel mderne... n'est apparu qu'au moment o˜ le monde Ètait prÈparÈ pour cet avËnemnet. Il est apparu lorsqu'on a pu dispoer, en quantitÈs Ènormes, d'argent, de comestibles, de combustibles
5.1. Tendances gÈnÈrales
Depuis 1929, situation de crise.
"Le monde est ÈbranlÈ par un complexe de crises: agricole, industrielle, monÈtaire, financiËre, politique, spirituelle, qui enchevÍtrent leurs ondes, en surface et en profondeur. Notre vieille civilisation, humaine et noble, malgrÈ ses lacunes et ses fautes, semble en pÈril, et des rÈformateurs accourdnet de tous les pÙles de la pensÈe et de l'action". [Dautry]
"... le noeud de la question... cest le dÈvloppement excessif des industries productrices de moyens de proudction" [Dautry]
"Tout a singuliËrment concouru ý dÈvelopper l'esprit de dÈmesure. Communications rapides, tÈlÈphone et T.S.F., exemple de nations mettant brusquement en oeuvre les possibilitÈs immenses de continents neufs" [Dautry]
Aux Etats-Unis, le New Deal, Keynes (affirmant la relation entre le monÈtaire et le rÈel)
1935 (ou 34). Il y a en France 2 160 000 entreprises occpant des salariÈs. Sur ce nombre, 2 150 000 occupent moins de 100 salariÈs. 6500 occupent de 100 ý 500 salariÈs. 1180 plus de 500 salariÈs.
1940 sans doute Sur un total de 9,5 millions de salariÈs, 6,5 sont occupÈs dans ces petites entreprizees.
1933. Agricultural Adjustment act. National Recovery Act.
1935. DÈbut du mouvement stakhanoviste en URSS
1936. GrËves avec occupation d'usine.
. Le commercie mondial est tombÈ ý 37,5% de ce qu'il Ètait
en 1929.
5.2. Les fournisseurs et le marchÈ de l'informatique
Liste d'aprËs le petit annuaire de [Ponthiere], qui donne adresses et tÈlÈphones.
Acker (feuillets mobiles, fiches)
Adrema (machiens ý adresser)
Adressograph-Multigraph (inventeurs de la machien ý adresser plieuses automatiques, duplicateur genre offset ý sec)
Adressopresse (machines ý adresser)
Armor (papier carbone et rubans, encres et stencils)
Berthelot (sorte de chewing-gum pour nettoyer les caractËres de machine ý Ècrire)
Bouffet RenÈ: syncrhonisations Èlectro-mÈcaniques
Bull (machiens ý statistiqus)
Chambre de commerce de Paris. Ecole d'applciation du Centre de prÈparation au xaffaires
Chauvin (rayonnages et meubles de classement, fiches, feuillets mobiles, dossiers, machines ý calculer Metal et SupermÈtal)
ComptabilitÈ Ruf (comptabilitÈ ý dÈcalque)
Comptometer (machines ý calculer)
C.S.M. ComptabilitÈ simplifiÈe moderne (machine comptable permettant l'Ècriture ý palt sur documents posÈs verticalemnt)
Dagron (encres, cires, stencils et carbones)
Delpy (duplicateurs ý stencils)
Dienon (classeurs ý fiches)
Ebstein (machines ý calculer)
Elliott-Fisher (machines comptables
L'Ècriture unique (systËmes MultÈcrit pour emploi de carbones)
Flambo (siËges, bureaux, bureaux dactylo, classeurs et fichiers, graphiques, cartes gÈographiques, Èpingles, trieur (meuble pour trier))
Frane (machine ý copier, avec papiers spÈciaux)
Grandjean (stÈnotypie)
Hemmi (rËgles ý calcul japonaises)
HermËs (machines ý Ècrire, machines ý calculer)
Hollerith (machines Èlectro-comptables ý cartes perforÈes) "Les servcies Hollerith... mettent ý votre disposition des connaisssances pratiques acquises par des milliers de techniciens, habituÈs aux problËmes les plus divers. Seule cette immense expÈrience a permis de rÈaliser des machines atteignant
le plus haut de grÈ de sÈcuritÈ et d'adaptation aux besoins rÈels du commerce et de l'industrie. Une liaison constnte est maintenue entre clients et techniciens par des condÈrences et des Ètudes en commun. Le services Hollerith = MÈthodes + Machines. "
Imprimadresse Emiled AlliÈ (machines ý adresser)
International time recording (horloges pointuses)
Kalamazoo (registres ý courroies et couvertures en mÈtal, imprimÈs)
Le Quick (meubles en bois, classeurs, fichiers, registres ý feuillets mobiles)
Lerat (rayonnages)
MagnÈta (horloges pointeuses)
MÈthodes (revue sur les mÈthodes d'administraiont, organistion, etc)
Map, Manufacture d'armes de Paris (machines ý Ècrire)
M.M.M. Manutention moderne et mÈcanographique (classeurs, machines ý protÈger les chËques, traites et documents, ý ouvrir le couffier, plier, cacheter)
Monotype (appareil comptable ý dÈcalque)
National (machines comptables)
L'organistion (revue d'organisation)
Ormig (duplicateur ý alcool, machines comptables)
O.S.C. Office de statistique et de comptabilitÈ (services)
Picard (papiers de sÈcuritÈ, impressions de sÈcuritÈ)
La revue du bureau (paraÓt tous les mois depuis 29 ans)
RonÈo (rayonnages et classeurs mÈtalliques, copieurs (ý alcool (?), duplicateurs ý stencils et ý caractËres)
Samas-Powers (machiens ý statistiques)
Sancar (classement suspendu, fiches, machines ý Ècrire avec copies multiples sans carbone)
Secam (duplicateurs)
Selector-Organos (sÈlecteur de fiches ý trous)
Sidney Merlin (conseils en organisation)
Scholz (mobilier)
Smith Premier (machines ý Ècrire, machines comptables)
Sors (machines ýa adreseer Adrepost)
Standard (mobilier)
Super (machines ý Ècrire)
Stoll (siËges)
Van Waesberghe (machines ý dicter, machines ý calculer)
Vitadresse-Elliott (machines ý adresser)
Wallace Clark (ingÈnieurs conseils en organisation)
Yac (guides et cavaliers)
1933. Bull devient CMB ý Paris. Selon PonthiËre "Jusqu'en 1934, c'est uniquement ý l'Ètranger que les FranÁais pouvaient demander des machines ý statistiques. Il y avait lý un monopole de fait que ne fut rompu que par l'arrivÈe des machines franÁaises Bull".
1934. Vers. Lancement par Addressograph-Multigraph du procÈdÈ Multilith (duplication par offset ý sec)
1935. IBM emploie 219 personnes
1935, in PonthiËre "Le service Hollerith = MÈthodes + Machines. Une liaison constante est maintenue entre clients et techniciens par des confÈrences et des Ètudes en commun".
1939: IBM emploie 540 personnes
1935. Aux USA, le capital investi en machines de bureau est en moyenne de 9000 F par employÈ.
1935. Selon PonthiËre, il y a quelques centaines d'installations de machines ý cartes perforÈes en usage en France, contre environ 20 000 aux Etats Unis. Une interclasseuse Èlectronique au Capa (bizarre)
5.3. DÈmatÈrialisation
"la diminution des transports lourds et longs" [Dautry]
"Quant ý l'Èvolution technique, son action s'exerce sur les masses ý transporter. Le dÈveloppement des rÈseaux de distribution d'Ènergie Èlectrique, la construction de grandes centrales themriques sur le carreau de la mine et celle d'usines hydro-Èlectriques sont autant de causes d'anÈmie des moyesnd e stransport" [Dautry]
"Dans tous les domaines, l'industrie... une tendance trËs nette ý la lÈgËretÈ" [Dautry]
"La technique, chaque jour plus savante, tend ý l'allËgemnt de toutes choses. Elle tend presque ý la suppression de la matiËre. A l'ancien tÈlÈgraphe et au tÈlÈphone dont les poteaux, les isolateurs, les nappes de fils ou le c’ble sous-marin matÈrialisaient le cheminemnte, elle substitue aujorud'hui l'impalpable frisson de l'invisible. DÈsormais, rien de pesant n'utnit plus deux postes qui se joignent dans l'immatÈriel". [Dautry]
"Un travail bien ÈtudiÈ et bien prÈparÈ est aux trois quarts fait" [Dautry]
5.4. MontÈe des bureaux
montÈe du taux d'employÈs aux USA, vu par [PonthiËre]: "Pour augmenter leur production de 120%, les Etats-Unis ont embauchÈ seulement 65% d'ouvriers en plus, tandis que le personnel des bureaux s'accroissait de 190%. Et, dans l'usine autrichienne, le fait est encore plus patent... le rendement du travail physique d'exÈcution est conditionnÈ par le travail mental du bureau".
"Les grands buraux d'Ètudes et du personnel ont ÈtÈ transformÈs, aÈrÈs, repeints, meublÈs dÈcemment. Un sol hygiÈnique, des murs propres, des fenÍtres nombreuses, un Èclairage Èlectrique parfait, des lavabos et des vestiaires confortables, des tables et des armoires parfaitemnt adaptÈes et
bien tenues ont tÈ rÈalisÈes. Des bureaux d'ateliers et de comptables ont ÈtÈ construits et amÈnagÈs... suivant les mÍmes principes" [Dautry]
Mais:
"... trop souvent les hommes et le mÈtier ont ÈtÈ cachÈs par les papiers" [Dautry]
"Quand la production augmente par le progrËs des sciences et de l'organisation, le pourcentage de travail humain musculaire diminue, tandis que le pourcentage de travil mental augmente". [PonthiËre]
R. DÈsaubliaux (citÈ par PonthiËre): analogie de la montÈe du bureau avec la montÈe du cerveau.
"Il ne suffit plus de salariÈs manuels aux industries concentrÈes de nos jours, il faut ces salariÈs de plume et de tÍte que l'on nomme des "employÈs. ...
Pour arriver ý l'acheteur comme au fournisseur, l'industriel doit avoir des armÈes de collaborateurs: indicateurs, voyageurs, reprÈsentants, dessinateurs, peintres, publicistes, et maintenant aussi: des savants, des hygiÈnistes, des psychologues qui interprËtent le gošt du public, et poussent ý acheter la marchandise. Il doit avoir des armÈes de comptables, qui enregistrent les entrÈes, font les bilans, Ètablissent les prix de revient. Il doit avoir des armÈes d'ingÈnieurs et de chimistes qui ajustent et surveillent ses appareils. [Lombroso]
...
"Pour faire des ingÈnieurs, des chimistes, des employÈs de bureau, des comptables, il faut les Ècoles... On y passe une vingtaine d'annÈes et les ÈlËves ne sotn pas certains de trouver en sortant une place sšre et rÈmunÈratrice; ils doivnet, par consÈquent, ne pas Ítre trop pauvres, afin que leurs parents puissent les entretenir suffisamment longtemps, ni trop richez,
pour que leurs parents dÈsirent quand mÍme en faire des salariÈs". [Lombroso]
"Seuls les sÈminaires, avant le XIXe siËcle, donnaient une culture gÈnÈrale aux gens du peuple avides d'instruction... On donne encore en france le nom de "clerc" aux secrÈtaires; c'est un moine, Fra Luca Paciolo, qui Ècrivit pour la premiËre fois un manuel sur la tenue des livres de commerce...
"Pour qu'un pays fournisse des salariÈs intellectuels ou manuels, il faut qu'il ait une population dense. Il existe des mines trËs riches dans les Andes de l'AmÈrique du Sud, qui n'ont pu jusqu'ici Ítre exploitÈes parce que les habitants sont trop clairsemÈs dans ce pays.
"Et non seulemnet la grande industrie collective par excellence veut une population dense mais elle la veut rÈunie en des centres: villes ou villages. [Lombroso]
"A l'industire et surtout ý l'industrie collective qui produit rapidement, il faut non seulement de larges dÈbouchÈs, mais plus encore la libertÈ: libertÈ de pensÈe pour le savant qui Ètudie les lois de la nature ou qui veut appliquer ces lois ý la technique; libertÈ pour l'industriel de fabriquer ce qu'il juge
profitable et convenable; libertÈ de modifier les instruments de travail, de fixer directement les salaires avec ses ouvriers, de choisir ses collaborateurs et sa clientËle sans tenir compte de leurs idÈes religieuses; libertÈ, enfin de concurrencer les fabricants de produits analogue" [Lombroso]
PonthiËre: diffÈrenciation des bureaux
nouveaux mÈtiers: la dactylo [Roubaud] y voit surtout consÈquence du prestige, gloriole
le mÈcanographe
l'ingÈnieur
nouveaux mÈtiers: la dactylo [Roubaud]. sexisme?
Analyses dÈtaillÈes sur le personnel de bureau dans [PonthiËre], typologie, conseils pour la sÈlection, l'avancement, le chronomÈtrage, les salaires
Liste des mÈtiers du bureau selon Ponthiere
GarÁons de bureau
SecrÈtaires
StÈnographes
Dactylographes
Correspondanciers
Classiers ou archivistes
BibliothÈcaires
OpÈrateurs de machines ý adresser
OpÈrateurs de machines ý polycopier
Caissiers
Teneurs de livres
Comptables
OpÈrateurs de machines ý facturer
OpÈrateurs de machines comptables
Calqueurs
Statisticiens
Conducteurs de machines ý statistiques
Dessinateurs
Graphiqueurs
Etc... etc.
Division du travail [Ponthiere]
- loi de la division du travail ou de la spÈcialisation des t’ches
- loi de division de l'effort ou spÈcialisation de l'individu
- loi de transfert de l'habiletÈ sou spÈcialisation des outils
- loi de spÈcialisation du produit (NDLR: en pratique, des entreprises).
La troisiËme loi mÈrite que nous reprenions le texte de PonthiËre.
"L'attention et l'habiletÈ nÈcessaires pour employer un outil ou conduire une machine sont en raison inverse de l'aptitude tarnsfÈrÈe ý l'outil ou ý la machine.
Ceci veut dire que plus l'outil est Ètroitement adaptÈ ý un travail donnÈ, moins l'homme qui le conduit doit mettre en jeu sa force musculaire, son Ènergie mentale, son attention. Le systËme formÈ par la machine et l'homme qui la conduit peut ainsi profiter de l'Ènergie illimitÈe mise en oeuvre par la machine et marcher ý la vitesse de celle-ci et non ý l'allure plus lente de l'homme.
Des opÈrations statistiques, par exemple, seront trËs lentes si elles sont exÈcutÈes ý la main; elles iront beaucoup plus vitge avec une machine ý calculer, conÁue pour faire toutes sortes de calculs; elles prendront une allure vertigineuse avec la machine ý statistiques proprement dite, le rÙle du bras et du cerveau humain Ètant alors rÈduit au minimum.
Mais c'est une erreur de croire que cette diminution de la fatigue et de l'effort s'accomode d'une diminution des aptitudes intellectuelles de l'employÈ qui conduit la machine. Il faut Ítre plus intelligent et plus instruit pour conduire une charrue Èlectrique qu'uen charrue ý la main et une machine ý Ècrire ou ý
calculer qu'un porte-plume".
Concentration des services (Èconomie d'Èchelle, dirions jous aujourd'hui)
Avancement linÈaire du travail (on dirait, travail ý la chaÓne)
PrÈparation du travail et opÈrations hors-sÈrie.
5.5. La qualitÈ
Il y a une association(?) "La qualitÈ franÁaise, dirigÈe par M. Dalbouze (citÈ par [Dautryƒ
5.6.MontÈe des entreprises de service
"Il n'y a guËre d'entreprises Èconomiques, il n'est peut-Ítre pas audacieux d'affirmer qu'il n'y en a aucune qui soit en mesure d'assurer par ses propres moyens la totalitÈ de ses fonctions administraives. Il s'ste donc crÈÈ des bureaux constituÈs en entrepries indÈpendantges qui assurent telle ou telle ofnction administrative et qui mettent leurs services spÈciaux ý la disposition de toutes les entreprises e parfois du public en gÈnÈral" [PonthiËre], qui liste:
- bureaux financiers autonomes
- bureaus d'assurance
- bureaux de contentieux
- bureaux de comptabilitÈ
- bureaux de personnel
- bureaux d'organisation
- bureaux techniques
- bureaux commerciaux
- bureaux de documentation
- bureaux de secrÈtariat.
"L'importance du matÈriel ý mettre en oeuvre pour l'exÈcution des statistiques et des calculs commerciaux a entraÓnÈ la crÈation d'entreprises spÈcialisÈes pour l'excution ý faÁon de ses travaux"[Ponthiere], qui cite l'OSC Office de statistique et de comptabilitÈ.
5.7. Vitesse et accÈlÈration
"Le chemin de fer, l'automobile, l'aviaton ont permis de rÈduire au minimum le temps nÈcessaire au transport..." [Aisberg]
6. ConsÈquences humaines
"Il me sembla que le machinisme dont on Ètait si fier Ètait comme ces remËdes prÈcieux pour certaines maladies et certains individus, qui sont dÈtestables pour d'autres malgrÈ l'engouement de la mode" [Lombroso]
"L'Ètude des problËmes soulevÈs dans mon esprit par le machinisme absorbÈ la moitiÈ de ma vie, mais les idÈes que je voulais exprimer contrastaient tellemnet avec celles du public que j'hÈsitais ý conclure et confier au monde mes rÈflexions". [Lombroso]
6.0. Danger moral
"Le culte de la raison n'a pas ÈtÈ seulemnet un produit,
mais une cause de la Terreur... La scolastique Ètait une arme ý
deux tranchants. PssÈe entre les mains des laÔques, un jour vint
o˜ elle s'appela le rationalisme et blessa ceux qui l'avaient
imprudemment forgÈe.
"DÈtruire l'illusion au nom de la raison, c'est petu-Ítre se
rapprocher de la vÈritÈ, mais c'est assurÈment supprimer la paix"
[De Launay]
"L'esprit artistique tend ý disparaÓtre de la terre devant
une mentalitÈ d'ingÈnieurs et de commerÁants, comme l'esprit
poÈtique devant le prosaÔsme des intÈrÍts vulgaires" [De Launay]
6.1. DÈshumanisation/taylorisme
"En face du travailleur, deux attitudes sont possible: l'une
ne le considËre que comme une sorte de machine charnelle,
accessoire et servante de la machine de mÈtal, et n'estime en lui
que le rendemnet. L'autre respecte en lui la valeur rÈactrice
l'homme..." Daniel Rops, note liminaire ý [Dautry]
Paul ValÈry, dans prÈface ý [Dautry]
"Combien de mÈtiers se rÈduisent ý un automatisme, et lui
sacrifient peu ý peu ce qu'il y a dans l'homme de plus
prÈcieux... le langage a utilisÈ ce mot dans des locutions dont
l'une en relËve le sens: mÈtier de roi; l'autre le rÈduit ý
dÈsigner une machine: mÈtier ý tisser.
"Mais, quand la machine est humaine, elle se dÈfend
quelquesfois, et quelque temps, contre l'abÍtissement de la t’che
identique et pÈriodique...
"Je crains bien que la transformation moderne des moyens de
produire n'ait, jusqu'ici, accru la part de l'automatisme...
"... la machine a conquis plus d'emplois, au point de faire,
en quelque sorte, reculer l'ouvrier devant elle
"Le dÈveloppement d'entreprises immenses et d'une complexitÈ
extrÍme entraÓne nÈcessairement une diminution rÈciproque de la
personnalitÈ des hommes qu'elles emploient, jsuqu'aux environs du
sommet. Au sommet, l'initiative, l'invention, le vouloir, se
concentrent: en ce point, le trvail redevient oeuvre.
"Ce qu'on nomme aujourd'hui dictature revient ý un essai de
traiter la fabrication continue de "l'ordre social" selon le
modËle qui s'est imposÈ aux vastes exploitations et socitÈs de
proudction dont je parlais. Tous ces mÈcanismes exigent une
prÈcision extrÍme et une surveillance permanente des Ècarts
individuels. Quelles que soient leurs diffÈrences nominales et
idÈales, ils ne peuvent exister que par une simplification des
individus qui permette de les orienter identiquement dans le
champ des forces de l'Etat; et il importe que cette modification
agisse jusque dans la profondeur affective et intellectuelle de
chacun d'eux. Il faut donc que les sentiments, les idÈes, les
impulsions soient oivrÈs, comme tout usins, ý la consommation des
esprits et ý la nutrition des ’mes, par un Ítre central. Le
"psychisme supÈrieur" et la plÈnitude des puissances de l'action
sont rÈservÈs ý celui-ci. Il est l'unique homme complet de sa
nation, et donc, dans notre temps, une matniËre de demi-dieu.
Parfois, il manifeste par un acte symbolique qu'il assume en sa
personne les principes de tous les mÈtiers, prend la pioche,
ensemence, pointe un canon, conduit une machine, paraÓt aussi en
price des athlËtes... (NDLR: rejoint un peu Sismondi)
"Les avantages, les bienfaits, les vices, les dangers de ces
rÈgimes sont Èvidents: il sufit de se rendre sensible ý tel ou
tel autre aspect de ce que l'on observie pour admirer ou abhorrer
passionnÈment..."
"Le FranÁais ne rÈussit vraiment trËs bien que lorsque
l'idÈe jaillit d'un cerveau unique... l'esprit d'Èquipe qui fait
leur force (aux AmÈricains)
"... La conscience... d'un mÈtier que l'on exerce enrichit
l'Ítre entier par la prÈsence d'un modËle d'action, de
coordination et d'accomplissements vÈrifiables...
6.2. Le chomage. Constat et causes
"Trente millions de chÙmeurs dans nous offrent aujourd'hui
le spectacle paradoxal de la mise dans l'abondance et soulignent
la cruautÈ qui rÈsulte du dÈsordre de nos systËmes Èconomiques"
[Dautry]
"... une fonctionnaire dont la principale occupation
paraissait Ítre d'apposer un timbre humide dans une case de la
carte de chomage." [Roubaud]
"Le chÙmage grandit et la misËre gagne en profndeur. la
misËre dans l'abondance" [Duboin 35]
"Quand des hommes manquent du nÈcessaire devant des machines
qui font, en une heure, le travail qui demandait huit jours il y
a cinquante ans.." [Dautry]
"L'on peut concevoir un temps o˜ le rÙle de l'ouvrier se
borenera presque ý surveiller des mÈcaniques comme, dans certains
pays exotiques, les blancs se bornent dÈjý ý contrÙler le labeur
des nËgres" [De Launay)
"Le fait nouveau s'est produit en 1917, mais es consÈquences
n'ont apparu que douze annÈez plus tard, en 1929. On peut le
dÈcrire ainsi: les perfectionnements continues de l'outillage
industriel et agricole, conjuguÈs avec l'emploi de plus en plus
masif des Ènergies capturÈes dans la nature (houille, pÈtrole,
chutes d'eau) font croÓtre la productino de toutes les hcoses
utiles aux hommes jusqu'ý un point o˜ celle-ci peut augmenter en
meme temps que le chÙmage".
"Pour tout observateur impartial, il est incontestable que
c'est le chÙmage des hommes dont le tarvail Ètait devenu inutile
qui provoqua la crise amÈricaine, et non pas la crise qui
provoqua le chÙmage" [Duboin 35]
Henri Comte de Paris. "Machinisme et chomage"
La "machine" ne travaille-t-elle pas contre l'homme au lieu
de travailler pour lui? N'en fait-elle pas un esclave, un
chÙmeur, au lieu de le libÈrer? Quelle set sa part de
responsabilitÈ dans la crise actuelle.
L'appareil Èconomique qui comprend machines, capitaux,
travailleurs, produit, tarnsforme, Èchange des choses et des
services.
Cet appareil fonctionne pour satisfaire les besoins d'un
certain milieu.
L'histoire traduit deux tendances successives et
contraintes. Du XIIe au XXe siËcle, ce milieu s'st Ètendu des
cadres du canton, au monde entier; depuis quarante ans, il s'est
amenuisÈ et il est revenu aux limites de la nation.
On ne peut donc envisger en soi l'Èvolution du machinisme,
ÈlÈment de l'appareil Èconomique; il faut Èlargir le dÈbat et
considÈrer l'Èvolution Èconomique dans son ensemble.
Les phases du machinisme ont variÈ depuis le XVIIIe siËcle.
Certes, la roue est une machine puisqu'elle diminue l'effort ý
fournir par l'homme mais en fait, le machinisme datge de
l'utilisation de la force de la vapeur, car dÈjý des machines
aidaiesn l'homme dans le textile par exemple, mais la force leur
Ètant fournie par le courant des riviËres, leu usage Ètait limitÈ
et leur rendement restreint.
A parler exactement, ce n'est pas le machinisme qui a
apporte bien-Ítre et bonheur matÈriel apparent aux masses; ce fut
la captation des forces inÈpuisables de la houill, puis, plus
tard, de la houille blanche, qui, multipliant le potentiel
producteur de l'humanitÈ, permit de crÈÈer et de satisfaire des
multiples besoins nouveaux: des appareils mÈnagers Èlectriques
aux transports rapides, de la viande ý tous les repas ý
l'appareil de TSF, du cinÈma hebdomadaire au week end ý la
campagne.
Nontons qu les besoins humains se classent en deux
catÈgoriesl les besoins alimentaries quantitativemnt limitÈs et
les uatres besoins pratiquemnt indpfinis.
La machine fut mal accueillie parce qu'elle ÈvinÁiait dËs sa
mise en service une main d'oeuvre de placemnet immÈdiat
difficile. La durÈe de rÈÈducation professionnelle des ouvriers
dÈsaxÈs crÈait un chÙmage ndÈmique qui justifiait en apparence
leurs revendicaions, mais au fond la thËse de l'Èconomie
classique, d'aprËs laquelle la machine, lin de provoquer le
chÙmage, crÈer de la main-d'eoure, se vÈrifiat pendant tout le
XIXe siËcle.
pourquoi les faits vÈrifiËrent-ils cette thËse pendant cent
ans pour la dÈmentir ensuite pendant vingt-cinq ans?
Parce que trois ou quatre pays dans le monde furent d'abord
les euls ý s'industrialiser. L'appareil Èconomique concentrÈ e
Franc, e Angleterre, en Allemagne, disposait alors des dÈbouchÈs
et des ressources du monde entier; les bzsoins nationalux qu'il
statisfaisant ne reprÈpsentaient qu'une faible partie de sa
capacitÈ de procution - prtiquemnt trois ou quatre nations
possÈdaient le monde.
Ce n'est pas les besoins ý satisfaire qui dirigent la pensÈe
des entrepreneurs, mais le dÈsir d'utiliser au mximum le rendemnt
de la machine. Les salaires, ayant une tendance naturelle ý
croÓtre, il fallait, pour abaisser le rpix de revient, rÈduire la
part d'amorissemnt supportÈe par chaque unitÈ produite. D'o˜m la
nÈcessitÈ de farie travailler sans cesse la machine. Il se
dÈmontrÈ que l'expansion productrice de la machine est aussi
spontÈnÈe que celle des gaz. On en vint rapidemnt ý inverser
l'ordre logique: tels besoins, tel travail, telle machines; la
notion des besoins ý satisfaire, point de dÈpart normal du
raisonnemnet, fut remplacÈe par lantion de la capacitÈ
producttice de la machine.
Dans l'industrie, les services commerciaux, obligÈs ý vendre
tout ce que l'intÈnieur daignait leur fournir, en Ètaient rÈduits
ý conquÈrir tous les marchÈs mondiaux, tant que la chose fut
possible.
De plus, 'lemploi de la machine a dÈtures effets qu
renrocetn cette tenance ý la surproduction continue.
La machine aide le tarvailleur, amis elle reprÈsente un
capital ý amortir et ý rÈtribure. Donc, l'introduction de chaque
nouvelle machine dans le mÈcanisme productuer, accroÓt
l'importance du facteur capital dans l'Economie. la dÈcouverte de
Watt, par exemple, donna un eimmense vleur aux mines de houille
et un rÙel prÈpondÈraut aux "nouveaux" capitalistes qui les
possdaient. Les bÈnfices qu'ils ralisaietn dans les affires ne
pouvaient sue les inciter ý dÈvelopper leurs investissments
industriesl.
La machine ý vapeur impliq_ue la concentration autour de ses
foyers de tous les moyens de production (ouvriers, matÈriel,
capitaux). C'est donc un centr d'attraction qui attire vers la
ville, d'autant plus que le machinisme intÈgrle postule, en
rÈgime de librÈ Èchange, la disparition de l'agriculture dans les
pays o˜ il s'st le plus dÈveloppÈ.
En effet, les pouvoirs d'achat s'Èchangent contre des
pouvoir sd'achat; la capacitÈ d'achat de l'agriculture est donc
limitÈe par le montant de ses ventes; celles-ci ne peuvent
dÈpaser un maximum, dÈterminÈ par la capacitÈ d'absorption
alimentaire des hommes,; qui est limitÈe, comme nosu l'avons dit
plus haut.
Cependant, les atuers beoins Ètant presque indÈpfiniment
extensibles, les produits industriels qui les satisfont peuvent
s'Èchanger entre eux. Ceci conduit ý Èlever le niveu de vie des
citadins; la disproportion avec le standard de vie des campagnes
provoque l'exode des ruraux vers les villes.
Cette lui qui joue entre les nations incita les pays
agricoles fournisseurs de maniËres premiËres ý crÈer des
industries chez eux; la machine qui se transprote partout, et les
capitaux europÈens qui cherchaient ý s'investir dans les pays
jeunes, favorisËrent cette nissance d'un nouvel appareil
Èconomique, qui allait concurrencer l'Èconomie de la vieille
Europe.
Jusqu'en 1900, cette Èconomie fonctionna normalement sur le
vieux continent; son accÈlÈration rÈguliËre et sans ý-coup, les
Ènormes bÈnÈfices rÈalisÈs, permettaient d'amortir les capitaux.
Gr’ce ý leur concentration et ý une action de masse
puissamment iadÈe par la mystique socialiste, les ouvriers
organisÈs en syndicats acquirent un rÙle politique suffisant pour
obtenir la diminution des heures de travail et la hausse des
salaires.
A partir de 1860, quatre facteurs nouveaux vont contribuer ý
gÈnÈraliser l'emploi de la machine:
1ƒ Les ouvriers multipliant leurs exigences, on cherche ý
les remplacer par la machine qui est muette;
2ƒ La concurrence naissante des pays d'outre-mer, incite ý
amÈliorer le rendemnt heure pour abaisser le prix de revient (ce
qui donna ý l'appareil Èconomique un eplus grande vitesse);
3ƒ Le machinisme accroissant le rÙel de l'argent dans la
production, les capitalistes (qui disposaient de vastes
bÈnÈfices) facilitent la gÈnÈralisation de l'emploi des machines
par des aports constants;
4ƒ Les dÈcouvertes, l'utilsitaion de nouvelles forces, les
progrËs scientifiques crÈetnt des occations nouvelles de
mÈcaniser l'industrie.
C'est pourquoi la production, sans rËgle ni borne, est toute
l'histoire des XIXe et XXe siËcles.
Avant la guerre, comme on l'a vu prÈcÈdemenbt, la lutte
Ètait dÈjý fortemnt engagÈe entre les vieux pays industriels et
le monde. Les milieux d'expantion des Èconomies nationales
commenÁaient ý s'amenuser.
La guerre, apr ses destructions, accÈlÈra l'Èvolution,
l'Europe n'eut pas torp d etoutes ses forces pour ses propres
besoins; les pays d'outre-mer crÈËrent de puissants instruments
Èconomiques our leurs besoins que l'Europe ne pouvait plus
satisfaire, et pour ceux des belligÈrants.
en 1919, il fallut reconstituer les stockds ÈpuisÈs; la
France, gr’ce uax dommades de guerre, surÈquipa ses industries du
Nord; l'Allemagne, gr’ce aux profis de l'inflation, enfit de
mÍme; de leur cÙtÈ, les Etats-Unis et le Japon Ètaient devenus
des pays industriels; l'AFrique du Sud, l'AmÈrique du Sud,
l'Australie, ne supprimËrent Èvidemment pas leurs industiers
rÈcentes, elles les abritËrent derrËre des barriËres douaniËres.
Ainsi le monde commenÁa de surproduire.
La situation n'Ètait plus saine. Deux expÈdients
dissimulËren,t encore durant plusieurs annÈes la situation
rÈelle: l'inflation des crÈdits et la suppression de
l'amortissemnet.
Dans une Èconomie inorgÈnisÈe (libÈrale disait-on), pour
vaincre les concurrents, il faut abaisser les prix de revinet.
Les ouvriers s'accrochainet aux salaires ÈlevÈs
correspondant ý la pÈriode d'euphorie Èconomique, tandis que la
par du capitl Ètait incompressible, car les oligarchies
financiËres veillaient u respect de taux d'intÈrÍts lÈevÈs.
D'autre part, la guerre ayant transformÈ des centaines de
milliards den fumÈe, les capitaux rÈels, subsistant encore ne
permettaint ps d'agbaisser substantiellemnet les taux d'intÈrÍt.
Il restait trois recours:
1ƒ L'accÈlÈration de la vitesse de l'appareil Èconomique
pour abaisser les prix. Cette mÈthode rÈclamait des machines,
toujours des machines nouvelels, plus rapides, plus
perfectionnÈes et plus chËres. Or, tous les pays s'entouraient de
barriËres douaniËres de plus en plus ÈlevÈes.
2ƒ Le crÈdit. La guerre avait enseignÈ ý jouer de ce nouvel
instrument. Les banqeus construisirent des pyramides de crÈdit
pour dÈvelopper les usines, renouver leur Èquipement et masquer
la perte de substance en capital drÈel.
3ƒ On en vint ý suppirmer l'amortissemnet du matÈriel, car
remplacer un emachine vant qu'elle ne soit hors d'usage, c'est
faire supporter aux prix de vente un double amortissement. Le
remplacemnt est possible quand l'accroissement du rendemnt en
vaut la pien et qund les dÈbouchÈs le justifient. Or, le monde se
compartimentait d eplus enplus. Le crÈdit ý la consomation
entretenait encore artificiellemnet la capacitÈ d'achat.
La concurrence s'exerÁait ý l'intÈrieur de chaque pays entre
les industriesl. On ruinait la petite Èpargne que la sociÈtÈ
anonyme ploraise; ls crÈdits payaietn les jetons de prÈsence et
les dividendes, mais il ešt ÈtÈ difficle de rembourser le
capital.
Cette sitaution contra narue ne pouvait s'Èterniser. Le
crÈdit soutnait l'invrisemblable Èdifice, mais le crÈdit se
contracte avec autant de rapiditÈ et de facilitÈ qu'il
s'Èpanouit.
Une vague de mÈfiance passÈ. Ce fut la dÈb’cle e Wall
Street. Le crÈdit quie est du vent passa aussi vite qu'il avait
souflÈ. Mais ce vent Ètait l'oxygËne d'une Èconomie
artificiellemnt exaltÈe; en disparaissnat, il a condamnait ý
l'Ètouffemnet
La surproduction, latente depuis quinze ans, parut au grand
jour, on vit que partout, els usines Ètaient ÈquipÈes pour des
besoins triples des nÈcedssitÈs rÈels. Ce fut la cries, le
chÙmage de millions d'hommes. %elle provoqua un repliemnet plus
vir encore des pays sur eux-mmems; par la voie des
contingentemtns et des rÈglemntations de devises, le monde a ÈtÈ
conduit rapidemnet vers l'autarchie.
Il est maintenatn aisÈ de rÈponder ý la quetsion posÈ. La
machine a contribuÈ au chÙmage cutel, mais la folie des hommes et
leur appaÓt du gain sont encore qplus qu'elle responsables.
Le machinisme a des consÈquences dans d'autres ordres de
faits:
MÈcanisÈe ý l'excËs, la main-d'oeuvre a ÈtÈ rendue impropre
ý toute autre besogne que celle qu'elle avit l'ahbite d'exÈcuter
automatiques.
MalgrÈ toute son habiletÈ, la machine n,e peut imiter le
travil de l'artisan d'autrefois. Certains mÈtiers artistiqeus ont
souffert de cette mÈcanisation; dans l'ensemble, la production
est devenu eimpersonnelle. Par contre, le trvail a, vavant tout,
une grande fonction Èducative. Sa nÈcessitÈ s'impose ý
l'humanitÈ. Le chÙmage parmi les jeunes gens a des consÈquences
effroyables car, il faut le souligner, la suppression ou la
suspension du travail c'est, pour la lupart des individus,
l'impossibilitÈ de devenir ou de rester des homes.
La chaine est la suivante: machine, concentration Èconomiqe,
conquÍte du monde, mÈcanisation, auto-dÈfense du monde,
surproduction, crise, chÙmage; La machine est ainsi, avec la
bÍtise humaine, la cause dÈterminaute du chÙmage sans en Ítre la
cause antÈcÈdente.
Du machinisme (Chapitre XXXVII de [Simart])
Lorsque des savants dÈsintÈressÈs eurent, par gÈnie
spÈcultif et par expÈrimentations patientes, arrachÈ aux lois
naturelles des bribes de leurs secrets, et qu'ils eurent dotÈ
l'humanitÈ de ces moyens prodigieux que sont les machines
thermiques et la domestication de l'ÈlectricitÈ, l'industrie
s'empara avidement de ces dÈcouvertes. Son rÙle, sinon primordial
du moins Èminent, fut de discipliner les forces nouvelles aux
mille besognes commises depuis des millÈnaires aux mains humains.
En peu d'annÈes, la vie matÈrielle du monde en fut
transforÈme, son potentiel de jouissance multipliÈ. Des objets
d'un cošt jusq'alors ÈlevÈ et dont l'usage Ètait rÈservÈ ý
l'Èlite possÈdante en furent popularisÈs, leur emploi devint
soudain familier ý des centaines de milions d'individus. Le
progrËs dans cette voie alla de telle sorte que le simple
bien-Ítre actuel d'un petit bourgeois ou d'un bon artisan ešt ÈtÈ
un luxe inconnu aux plus grands de la terre d'il y a seulement
quelques siËcles - ces secondes de l'univers.
D'autre part, les fatigantes t’ches corporelles qu'il
fallait bien qu'une portion de l'humanitÈ accomplÔt, depuis le
dÈchargement des bateaux et la manoeuvre des pierres lourdes
jusqu'au travail des mines, s'en trouvËrent adoucies et le bras
de l'homme allÈgÈ par les muscles d'acier des machines.
Tout d'abord, la mise ý la disposition de notre espËce, hier
encore animale, de ces forces mystÈrieuses, l'Ètourdit un peu. On
n'osa s'en servir qu'avec timiditÈ, on fut tout heureux des
moindres rÈsultats. Le tour que l'artisant manoeuvrait au pied
depuis des siËcles, on le pourvut joyeusement d'un volant, d'une
courroie, et l'homme poursuivit la t’che ancestrale.
C'est alors que des individus au cerveaux puissamment
organisÈs, des hommes qui avaient le don de s'abstraire
suffisamment pour qu'ý leurs yeux -tels ces hindous en priËre qui
s'Èvadent de leur corps et pour qui toutes choses terrestres
deviennent d'une mÍme grandeur- le matÈriel humain fšt sur le
mÍme plan que la matÈriel machine, et qu'un ouvrier et outil ne
fussent plus que deux ÈlÈments immatÈriels du problËme ý
rÈsoudre, entreprirent d'augmenter notre puissance par une
rationalisation de l'effort humain, par une spÈcialisation des
besognes, par une fragmentation de la t’che totale rÈduite ý une
suite de t’ches primires que le travailleur parvient ý exÈcuter
en un temps beaucoup plus court.
Brusquement, le monde industriel fut illuminÈ. Les rÈsultats
pratiques donËrent d'ailleurs raison aux formules: le prix de
revient d'un objet se rÈvÈlait bien moindre si chacune de ses
parties Ètait fabriquÈe par par un ouvrier spÈcialisÈ, devenu par
l'habitude extrÍmement adroit aux gestes sommaires qu'on lui
demandait de rÈpÈter incessamment, sans plus. La perte de temps
que constitue le passage de l'esprit d'une opÈration ý l'autre
Ètait annulÈe. La rÈgularitÈ de la t’che simplifiÈe amenait cet
automatisme sans lequel les Èducateurs disent qu'on ne sait pas,
et qui permet seul l'instantanÈÔtÈ du rÈflexe.
Un autre avantage industriel, dËs qu'il ne s'agit plus de
crÈer un objet mais de fabriquer un millier de piËces identiques,
ou de veiller sur le fonctionnemnet toujorus Ègal ý lui-mÍme
d'une machine-outil, c'est qu'il n'est plus nÈcessaire de
recourir ý des ouvriers d'Èlite, ni amoureux de leur mÈtier. Ce
serait plutÙt le contraire. L'automatisme dompte mieux et plus
vite les cerveaux rudimentaires. Des compagnies amÈricaines,
paraÓt-il, ont poussÈ cette constatation ý l'extrÍme, embauchant
de prÈfÈrence des ouvriers idiots pour certaines besoignes; au
moins, la curiositÈ intelligence, le souci du beau travail ne les
troublent pas...
Ces exagÈrations Ècoeurantes mises ý part, il demeure que la
spÈcialiation du travail, cet enchaÓnement de chaque homme ý la
place exacte qui lui convient, devant un acte ÈlÈmentaire qui
correspond ý ses facults, cette normalisation, ce taylorisme, ce
fordisme, comme on voudra le nomer, aboutit ý une fabrication
abondante et bon marchÈ des objets usuels, dont tous les
habitants de la planËte profitent.
Ce n'est pas rien, pour l'humanitÈ, d'avoir des automobiles
telles qu'un contremaÓter peut y prÈtendre, et des appareils de
T.S.F. gr’ce auxquels l'artisan le plus humble peut se distrire ý
Mozart, ý Puccini ou ý des tangos argentins. Ces grandes idÈes
thÈoriques issues d'Ítre rigoureux et vivifiÈes par de grands
capitalistes, par les potentats milliardaires de l'industrie, ont
eu pour rÈsultat une dÈmocratisation du confort et des
jouissances qui fut un des ÈlÈments les plus actifs de
l'Èvolution des moeurs.
Mais dËs lors, du fait de cette rationalisation, le travail
de l'homme cessa d'Ítre une activitÈ joyeuse, presque un bonheur
en soi. Et cela c'est peut-Ítre le plus mortel danger que
l'humanitÈ ait couru depuis la prÈhistoire.
Quand l'ouvrier Ètait attachÈ ý une besogne intÈressante,
quand on le chargeait de produire ý lui seul un objet complet, ce
qui est Èvidemment l'idÈal en cette maiËre, ou mÍme, pour ne pas
remonter ý l'’ge d'or, quand il collaborait avec quelques
compagnons ý une fabrication, ce qui Ètait universel au XIXe
siËcle et periste encore dans maintes usines de nos vieilles
citÈs, son travail Ètait par lui-mÍme un but. L'homme quittait
l'atelier, non pas certes en chantant comme on le voit aux images
d'Epinal, mais avec la sensation que sa journÈe Ètait finie et
qu'il l'avait bien employÈe. Il entendait par lý que sa t’che
humaine Ètait accomplie. Certes il aimait ý retrouver des amis,
et sa famille, et d'autres ditractions, mais, hors quelques
pochards et d'incurables fl’neurs, l'acte principal de s vie
Ètait rÈvolu.
Aujourd'hui, lorsque l'ouvrier est une cellule anonyme de
ces immenses organismes que sont les usines amÈricaines ou
amÈricainsÈes, lorsqu'il frappe huit heures durant sur le
troisiËme boulon gauche d'une piËce Èternellement renouvelÈe qui
se prÈsente ý lui toujours ý la mÍme place ou lorsqu'il guide le
choc d'une machine ý estamper qui crache un epar une des millions
de piËces ÈbauchÈes dont il n'aura jamais une seule terminÈe
entre les mains - l'homme finit par s'adapter sans murmure ý ce
rÙle dÈpuillÈ d'initiative, qui rabat toute vellÈitÈ
d'intelligence et qui annihile peu ý peu l'individualitÈ en ne
lui demandant plus que d'Ítre l'organe visuel et enclancheur du
complexe outil-homme.
Un tel tavail sans saveur perd sa qualitÈ d'ÈlÈment
essentiel d'une vie. Il n'est plus qu'un moment nÈcessaire mais
partiel de l'existence et qui ne saurait prÈtendre ý la remplir.
L'ouvrier s'en dÈsaffecte. Il pense, en travaillant, ý ce qui
l'attend aprËs. La journÈe devient, et les mots mÍmes de la loi
s'y prÍtent, un complexe o˜ l'on dort huit heures, o˜ l'on
travaille huit heures et dont on vit alors les huit autres
heures. Huit heures par jour de loisir et de joie! C'est
littÈralemnet une merveille. Mais je ne puis m'empÍcher de songer
que le sabotier que je voyais naguËre, en Morvan, fabriquer chez
lui des sabots de l'aube au crÈpuscule, partant du fšt de noyer
pour ne quitter la chaussure que polie et poncÈe et ornÈe de sa
bande de duir noir - le sabotier avait toute la journÈe comme
heures de joie.
Qu'on ne se mÈprenne pas sur ma pensÈe. Je ne suis point
jusqu'au bout le Mahatma Gandhi dans sa haine et sa proscription
de nos mÈthodes occidentales; je ne demande point qu'on
recommence dans chaque famille ý tisser ses draps ou son linceul.
Les plus subtils philosophes me dÈmontreraient-ils que lý
seulement est le bonheur qu je leur rÈpondrais qu'il est trop
tard: l'Èvoltion ne saurait faire machine arriËre.
Je dis seulement que nous sommes ý un moment dÈlicat du
monde, et plein d'incertitudes et de dangers.
Cetes, je la vois bien, la sociÈtÈ future, avec ses citoyens
tous instruits et occupant leurs loisirs ý se dÈlasser
judicieusemnt ou mÍme ý se cultiver encore l'esprit et le corps,
et acceptant avec un tranquille sourire les quelques heures
d'insipide besogne machinale dont la CitÈ aura besoin pour
surveiller son mÈcanisme. Comme je les admire et les comprends,
ces hommes complexes, ý la fois manoeuvres et intellectuels, ces
vÈritables hommes libres!
Le mal est que notre sociÈtÈ, trËs loin encore de ce stade
de civilisation, a retirÈ au labeur humain son intÈrÍt de jadis
et le charme qu'il pouvait avoir, sans accorder ý l'homme la
possibilitÈ de reporter et intÈrÍt dÈsaffectÈ sur autre chose.
Elle a donnÈ au travailleur le dÈsir de se distraire, mais ella
oubliÈ de multiplier en consÈquence les bibliothËques et les
lieux de sport.
Alors, dame, les heures de travail rÈvolues, l'ouvrier se
retrouve la tÍte vide, le coeur insatisfait, baillant et
dÈsoeuvrÈ. Il va, ý son chois, au bisto, au cinÈma, au lupanar.
J'aurais tort d'en parler comme d'Èpouvantails. En
eux-mÍmes, et ý doses modÈrÈes, ce ne serait pas la mort des
hommes. Ce qui es grace, c'est cette insatisfaction, ce dÈsir
vabue, cette appÈtence de quelque chose d'ature, ce dÈgošt pour
la vie prÈsente, qui met l'homme au dÈsespoir et le citoyen dans
un Ètat propice aux pires idÈes de subversion. Le petit
commerÁant ni l'artisan en chambre ne ressentent ý ce point la
profonde crise de bonheur qui affecte la classe des ouvriers
d'usines, lentement transformÈs en manoeuvres.
Comment remÈdier au pÈril? Est-ce faire un rÍve trop
hasardeux qu'imaginer le progrËs mÈcanique corrigeant les propres
maux qu'il engendr? En somme, c'est principalemnt l'utilisation
de la vapeur, force intransportable, qui a poussÈ les industriels
ý grouper les artisans dans de vastes usines. Auparavant, de
grandes affaires et de grosses fortunes s'Ètaient ÈdifiÈes, par
exemple en Angleterre et ý Lyon, en distribuatn le travail ý
domicile ý des milliers de familles.
Ce que la vapeur - utilisation somme toute encore grossiËre
des forces naturelles, approximation mÈdiocre d'une rÈcupÈration
thÈorique de l'Ènergie - ce que la vapeur avait inÈvitablement
centralisÈ, pourquoi l'ÈlectricitÈ, qui va partout, ne
pourrait-elle le disperser de nouveau?
Sans rÍver d'une France artisanale, il est certain qu'il est
maintes industries qui s'accomoderaient d'un travail ý la t’che,
sur machines-outils installÈes ý domicile.
Quelques centaines de milliers de foyers pourraient Ítre
ainsi reconstituÈs, rien que dans notre pays. Or, qui dit foyer
Ètabli dit calme, respect de soi, absence ý peu prËs certaine de
folies outranciËres.
Le principe du foyer propriÈtÈ de chaque famille, il n'st
pas niable que nous en avons mÈprisÈ l'importance. Si la
bourgeoisie, au cours des derniers siËcles, avait consacrÈ
quelques milliards ý la construction de maisons ouvriËres,
payables par annuitÈs et acquises ý la veuve en cas d'accident,
la proportion de rÈvolutionnaires, d'aigris et de dÈsaxÈs ne
serait pas ce que nous montrent pÈriodiquemnt les scrutins
politiques. Mais la disparition du toit familial, son
remplacemnet par un campement entre quatre murs louÈs dont pas un
platras ni une ferrure ne vous appartient, a mis au coeur de
l'ouvrir citadin une incertidute de l'avenir, un sentiment de
prÈcaritÈ qui le pousse aux aventures, qui l'incite ý jouer son
va-tout.
Pour ce qui est des hommes occupÈs ý ces t’ches qui
nÈcessiteront toujorus de gigantesques outillages centralisÈs, il
faudra rÈflÈchir s'il ne convient pas de revenir sur le
morcellemnet de l'effort, s'io ne serait pas habile de
recommencer ý donner un objet entier ý fabriquer ý un mÍme
individu, au lieu de la condamner ý la confection Èternelle d'un
epiËce dÈtachÈe. Les thÈoriciens du taylorisme Èclateront de rire
ou d'indignation. Les gros industriels sortiront leurs barÍmes et
dÈclareront qu'ainsi nous augmenterions le coefficient "main
d'eouvre", d'o˜ le prix de revient total. La capaicÈ universelle
serait en consÈquence diminuÈe dns une proportion calculble ý un
dix-milliËme prËs...
C'est possible. Je sais fort bien que si je pouvais
organiser mon travail personnel de telle sorte qu'aucune seconde
ne soit perdue dans ma journÈe, sans un geste inutile ni un
regard distrait, j'augmenterais formidablemnet ma capacit de
production, mon "rendemnet". Mais je sais aussi que je mourrais
de dÈpression nerveuse en peu d'anÈnes, si ce n'est de semaines.
Je ne doute pas non plus que l'humanitÈ ait un rendement
matÈriel optimum avec les mÈthodes rationalisÈes du travail
usinier. Je crains simplemnt que l'Ètat psychique du monde en
p’tisse. [Simart]
6.2.1. InÈgalitÈs
"On dÈsire Ègalemnt (et c'est trËs naturel) Ítre mieux logÈ,
mieux ÈclairÈ, mieux chauffÈ, mieux nourri. Chacun de ces progrËs
a beau se vulgariser trËs vite, il n'en accuse pas moins un peu
plus la diffÈrence que crÈe la richesse et, rendant le contratste
plus vif du riche au paubre, contribue ý dÈvelopper la voracitÈ
des appÈtits qui fait les haines" [De Launay]
6.3. Les solutions et attitudes
6.3.0. Emerveillement/inquiÈtude
"L'Èpoque ý laquelle nous vivons n'est-elle pas merveilleuse? ... nous assistons ý un Èpanouissement inouÔ de la science et de la technique. Des siËcles de travail acharnÈ ont ÈtÈ nÈcessaires jadis pour rÈaliser des progrËs que la science moderne effectue en l'espace de peu d'annÈes et mÍme de mois. ... Nous vons l'impression d'une explosion formidable des Ènergies crÈatrices... pour rendre l'Homme maÓtre de l'univers" [Aisberg]
Mais aussi des inquiÈtudes
"A cÙtÈ de grnds cataclysmes sociaux, ý cÙtÈ d'immenses catastrophes Èconomiques, au moment o˜ toutes nos conceptions habituelles changent de valeur et de contenu..." [Aisberg]
La difficultÈ de la rencontre
"Pour aller chez les Chinois, on peut choisir entre les
gares du Nord ou de Lyon, le TranssibÈrien par Moscou ou le
paquetbot par Marseille et Singapour... Mais pour aller chez les
dactylos? .." [Roubaud]
Contestation du tertiaire comme improductif
[Roubaud] faisant Ècho aux marxistes
"... le grand mÈpris de l'ancÍtre pour le scribe p’lot et
bossu, pour le clerc besogneux qui consume sa vie chÈtive dans
l'ombre des bureaux" [PonthiËre]
"... tous les travailleurs: manuels, techniciens et savants"
[Besnard]
(Le bureau) "n'est pas dans l'entreprise un organisme
parasiraire dont il faut avant tout redouter les vÈgÈtations"
[PontiËre]
"Le chef et ses lieutenants... s'installaient dans le
prestige du fauteuil ý ressords, jouaient du tableau de
commandement Èlectrique, affirmant leur pouvoir d'une brËve
parole au tÈlÈphone intÈrieur, appelan ý eux, d'un geste
distrait, par la simple pression d'un bouton d'ivoire, les jolies
dames empressÈes ý blocs-notes et crayons pointus" [Roubaud]
La recherche de solutions/l'adaptation
L'armÈe de l'air allemande "avait dÈjý sur nous l'avantage
d'une structure conÁue pour l'application d'un plan d'opÈrations
moderne et prÈcis. Entre elle et les formations aÈriennes qui
avaient disparu en 1919, aprËs la dÈfaite, il n'y avait plus de
ressemblance. En France, nous avions assujetti le progrËs
technique ý la prÈparation de la guerre passÈe" [Stehlin]
6.3.1. La foi, le courage
"Vous devez vous dire que votre avenir est entre vos mains.
POur qu'il soit brillant, il faut d'abord que vous ayez foi dans
le travail... Le travail forcenÈ est aujourd'hui notre devoir ý
tous... nous jouissons de le vie, d'autres sont morts pou rnous
la conserver... Il ne faut pas qu'on puisse dire que nos frËres
ne sont morts que pour assurer notre repos". [Dautry]
"Donner ý l'ouvrier la possibilitÈ de vivre, en mÍme temps
que des raisons de vivre" [Dautry]
"... n'Ècouter... ni ceux qui veulent entretenir les
conflits... ni ceux qui veulent dÈvelopper une production
malsaine par un machinisme excessif, ni ceux qui veulent dÈtruire
la machine qui a libÈrÈ l'homme" [Dautry]
"Le scepticisme dissolvant n'est plus de mise" [Dautry]
"Le vieux fonds franÁais de courage, d'altruisme et de
sacrifice..." [Dautry]
"Dans le coeur solidement trempÈ d'un pilote de ligne, il n'existe pas, cet effroi devant la mort qui fait aimer la vie terrestre au point que chacun de nous craigne de la risquer et de la perdre. Qui de nous, au contraire, n'a pas cette secrËte ambition, ce lÈgitime orgueil d'une fin digne de nos efforts, de nos luttes, de nos sacrifices librement et ardemment consentis". Mermos, in [Mortaine]
Dans la mÍme collection, chez Plon en 1935: Jean Mermoz, Lyautey, La reine Astrid, Le roi Georges V, HÈlËne Boucher, Le roi Edouard VIII, Rouget de Lisme et "La Marseillaise", Les cadets de l'Alcazar, La princesse Marina. a paraÓtre : Le comte de Paris et la famille de France.
6.3.2. La rÈvolution
6.3.2.1. La rÈvolution qui se fait, qu'il faut assumer:
"Nous assistons, non sans quelque stupeur, ý la fin d'un monde pÈrimÈ, que commence ý remplacer un monde nouveau. Cette nrÈvolution, dont les gÈnÈrations antÈrieures ý la Grande Guerre sont les victimes et les jeunes gens les tÈmoins indiffÈrents ou satisfaits, n'est pas moin sprofonde que celle qui a marquÈ la fin du XVIIIe siËcle" [De Launay]
6.3.2.2. qu'il faut comprendre:
"Ce qui importe, c'est de fixer dans son Èvolution rpide le monde qui naÓt, le monde nouveau" [De Launay]
RÈvolution: "On abuse pas mal de ce mot, trop souent et trop aisÈment dÈfini comme une utopie. Je ne veux en garder ici que le sens le plus gÈnÈral, celui de changement d'autoritÈ. [Rougement 36]
6.3.2.3. qu'il faut faire
Marx, bien sšr. Mais aussi chez les plus modÈrÈs. Et ý
droite, qui dÈbouchera sur la "rÈvolution nationale" de Vichy.
"Les ignorants qui veulent recommencer la civilisation par
l'’ge de pierre se rencontrent avec les blasÈs qui finissent par
chercher leur satisfaction dans l'excentricitÈ, le cr’ne peint en
vert d'un BAudelarie ou la queue coupÈe du chien d'Alcibiade. La
puÈrilitÈ et le snobisme vont converger vers l'art nËgre" [De
Launay]
"... partout, ý travers le Monde, des courants
rÈvolutionnaires de tendances diverses et souvent opposÈes
essayent de se faire jour et de se dÈvelopper." [Besnard]
"Le salut se trouvera dans cette rÈvolution lente et ample
dont Lucien Romier a montrÈ l'avËnement" [Dautry]
6.3.3. DÈvelopper les machines
Leur destruction est souvent ÈvoquÈe, mais qui est
sÈrieusement pour ý l'Èpoque? Lombroso
"C'est la science qui prolonge et amÈliore la vie humaine.
C'est elle uqi, aprËs avoir libÈrÈ les esclaves, diminue chaque
jour le dur travil des hommes et permet d'ouvrir ý tous le
domaine consolant des joies du loisir, de lapensÈe et de l'art.
InventÈ par l'homme pour servir l'homme, la machine ne peut Ítre
rendue responsable de notre actuelle misËre"[Dautry]
Horloge pointeuse: "Il Ètait nÈcessaire d'assurer un
contrÙle des heures d'arrivÈe et de sortie du personnel qui fÓt
disparaÓtre toute possibilitÈ de contestation sur les heures,
source de conflits etnre contrÙleurs et contrÙlÈs: les
contrÙleurs automatiques disposÈs ý l'entrÈe des ateliers ont
rÈaliser trËs heureusement ce but" [Dautry]
"Augmenter la productdion et surtout le rendement..."
[Dautry]
(baisser les prix de revient)
"... la campagne qui est faite en faveur d'une compression
de nos prix de revient. Elle s'apparente ý la dÈvaluation
monÈtaire qui, dans l'esprit de certains, nos permettrait
d'exporter parce que nous fabriquerions meilleur marchÈ! ... Plus
on comprime les prix de revient, moins on a de chances de vndre
au dehors. ... (car si)... je veux exporter des articles trËs bon
marchÈ, gr’ce ý la compression indÈfinie de mon prix de revient
(c'est ý dire en comprimant les moyens d'existence de mes
ouvriers, car c'est Áa que cela veut dire), mes articles
s'adresseront ý la masse des consommateurs Ètrangers... mon
exportation sera trËs prÈjudiciable aux producteurs qui se sont
installÈs de l'autre cÙtÈ des frontiËres, et ils ne tarderont pas
ý trouver le moyen de refroidir mon zËle" [Duboin 35]
(contre les machines)
"Il Ètait certain pour moi que les excËs de l'industrialisme
Ètaient ý la base de tous les problËmes de notre Èpoque, y
compris ceux de la femme et qu'il Ètait urgent, si l'on voulait
attÈnuer les maux de notre siËcle, de ne plus s'attacher ý des
dÈtails mais de se dÈcider ý combattre l'ennemi dans son centre
vital, le machinisme" [Lombroso]
"Les Grecs, les Romains, les Egyptiens -comme les Chinois
modernes- arrivËrent pour les machines... tellement prËs des
mÈcanismes qui font l'orgueil de notre civilisation actuelle, que
l'on se demande comment et pourquoi ils ne sont pas arrivÈs
vraiment ý la rÈalisation de ces mÈcanismes. Je crois... qu'ils
ne voulurent pas y arriver parce qu'ils Ètaient orientÈs ý
redouter plus qu'ý envier le macines dont nous sommes si fiers".
[Lombroso]
"Nous savons que les prÍtres Ègyptions craignaient tellement
la vulgarisation de leurs dÈcouvertes en physique et en
mÈcanqiue, qu'ils avaietn deux Ècriture pour les fixer: l'une
poru les initiÈs, l'autre pour le public". [Lombroso]... Aristote
s'excuse de parler de physique "science mÈprisÈe des sages et des
philosophes"
"Rome fit un grand nombre de lois non seulement contre la
diffusion de l'or, mais mÍme contre son extraction... Par contre,
aucun effort n'Ètait mÈnagÈ pour diriger les Romains vers
l'agriculture".
"Il s'en fallut de peu que TibËre ne fÓt emprisonner
l'inventeur d'une fabrication de verre mallÈable qui aurait
permis de se passer d'un grand nombre d'ouvriers verriers. Il
s'Èvertuait ý trouver du travail aux citoyens et jugeait
dangereux celui qui inventait la machine ý rÈduire la
main-d'oeuvre".
En Chine, "Le gen qui interdit formellement ý chacun
d'empiÈter sur le bien du voisin... ne peut s'accorder avec le
machinisme, qui pourrait ý bon droit prendre pour lui la devise
"AprËs moi le dÈluge"... il est contraire aux exportations "parce
que celles-ci conduisent tÙt ou tard ý l'emploi de la force", il
s'oppose aux sociÈtÈs anonymes "dans lesquelles chacun est tentÈ
de satisfaire ses intÈrÍts contre deux des autres"
"Les Chinois n'adoptËrent pas nos machines bien que les
EuropÈens aient voulu les leur imposer avec la force parce qu'ils
Ètaient contraires aux immoralitÈs indispensabls au triomphe de
ces machines. Ils les adopteront peut-Ítre le triste jour o˜
triomphera la rÈvolution que nous avos provoquÈe et qui aura
bouleversÈ leur tenace moralitÈ"
"Le Christianisme le fut plus encore (contraire au
machinisme)... Le christianisme - qui conduit l'homme ý un monde
irrÈel - cherche, gr’ce ý cela, ý diffÈrencier l'homme de la
bÍte, ý subjuguer ses sens, ý lui faire trouver de la joie ý les
dominer et du plaisir ý se soumettre ý la faim, ý la soif, ý
l'abstinence, ý la misËre; par le christianisme l'homme peut
transformer sa douleur en allÈgresse, s'exalter et jouir de ses
souffrances comme des biens les plus rÈels"
"L'intelligence, le coeur, la sensibilitÈ, tout est
concentrÈ dans l'adoratino de Dieu, dans la recherche des
desseins de Dieu; il faut arriver ý faire abstractino des joies
et des douleurs rÈeles, en s'imaginant et en goštant d'avance les
joies Èterneles. Les dirigeants chargÈs de conserver cette
orientation Èpient et rÈpriment tout ce qui pourrait rompre la
trame fragile des songes magiques.
...
l'idÈal de la richesse, de la santÈ, du commerce avec les
peuples voisins n'Èveillait aucun Ècho ý cette Èpoque (le moyen
’ge), au contraire de la beautÈ, du patriotisme local, de la
moale... Comment des hommes, ainsi orientÈs, auraient-ils pu
apprÈcier des machines capables de procurer seulement le luxe et
des plaisirs sensuels ou des mthodse de vie qui auraient ÈtouffÈ
l'imagination et n'auraient visÈ qu'aux biens matÈriels?
"Alors que les Romains, les Grecs ou les Chinois ont ÈtÈ
dÈfavorables ý l'industrialisme pour des raisons politiques et
morales, la civilisation mÈdiÈvale l'a ÈtÈ pour des raisons
sentimentales"
"Le moyen ’ge lutte contre toute innovation dans
l'industrie, parce qu'il lutte pour la fixitÈ de la vie"
... "Et comme le dÈsir du martyre n'est pas frÈquent, il
n'est pas Ètonnant de voir que les inventeurs, au lieu de
divulguer leurs dÈcouvertes, cherchaient ý les cacher, et nous
devos les dÈnicher dans le Dictionnaires Infernaux, les livre de
magie du moyen ’ge, dans les machines de thÈ’tre, les Narrische
Weisheiten o˜ elles se trouvent cachÈes aux yeux des profanes
sous le couvert de la folie e de la bizarrerie"
"Il y eut de tout temps des inventeurs, mais l'oreintation
de l'Èpoque ne leur offrait pas souvent la possibilitÈ de
rÈaliser leurs inventions et de les faire adopter par la mase. De
mÍme nous offrons actuellement moins des possibilitÈs aux gÈnies
philosophiqus et politiques qu'ils n'en auraient eu alors"
...
"Je ne m'arrÍte pas ý discuter si le luxe que l'homme se
procure aujourd'hui vaut l'intelligence et la morale qu'il a
perdues. ... Mais il me semble que l'on peut dÈclarer ceci en
toute assurance: qu'une conception de la vie, une orientation
diffÈrente de la nÙtre peut exister, que les Romains, les
Egyptiens, les Chinois, diversement orientÈs, avaient des
aspirations, des rÈpugnances qui -directemnet ou indirectement-
s'opposaient ý l'utilisation de la science dans un but
industriel, ý la multiplication de la production, ý
l'augmentation du gaspillage."
"De mÍme pourtant qu'avec notre orientation, il nous est
impossible d'arriver au degre o˜ Rome, la GrÍce, le moyen ’ge et
la Chine arrivËrent comme perfection esthÈtique, politique,
sociale et morale, perfection qui fut la consÈquance logique de
leur orientation - de mÍme il ne leur Ètait pas possible de
songer aux applications de machines dont le seul avantage est
d'augmenter le luxe, les dÈpenses, les g’chages, l'ostentation,
toutes choses qu'ils dÈdaignaient." [Lombroso]
(origines du machinisme)
"Pour que les machines collectives puissent agir, il faut
qu'un grand nombre d'individus... soient libres et dispoÈs ý
abandonner leur foayer... ý refouler leurs aspirations
individuelles... pour travailer aveuglÈment aux ordres d'un
industriel, et ý ses heures... uniquement en vue d'un certain
salaire plus ou moins librement stipulÈ.
"Or ce n'est ni toujours ni facilemnet, ni patout...
"Ce fut lý la difficultÈ ý laquelle se heurta Sir Beaumont
qui dÈcouvrit la "terre qui bršle". Lorsqu'il voulut exploiter le
vastes gisements de charbon... il ne peut trouver des
"mercenaires"... Aux Etats-Unis, lorsqu'en 1804 le gÈnÈral
Humphrey ouvrit les premiËes fabriques de tissus, les paysans ne
voulurent pas y envoyer leurs filles. Pour dÈcider les indigËres
de l'Afrique, de l'AmÈrique ou de la Chine ý travaialler pour de
l'argent, il fallut recourir ý l'alcoolisme ou ý l'opium... les
villes luttaient pour s'enlever quelques artisans qualifiÈs
6.3.4. RÈduction du temps de travail
Matignon: 40 heures, congÈs payÈs
"la rÈduction de la journÈe de travail... sera peut-Ítre
utile, mais ne sera certainement pas suffisante..." [Dautry]
analyses de Jouvenel
6.3.5. Le protectionnisme/nationalisme
"... le libÈralisme Èconomique absolu est mort. IL ne
pourrait revivre sans ramener le niveau de vie des pays de haute
et vieille civilisation, comme le nÙtre, au niveau de vie de
spopulations le smoins ÈvoluÈes." [Dautry]
"Le nationalisme Èconomique... il ne faut pas prendre
l'importance des Èchanges pour une fin." [Dautry]
"Ne faut-il pas en effet remettre d'abord la maison en ordre
avant de penser ý instaurer l'ordre international" [Henri]
"Ce nouvel Ètat de choses oblige la nation ý se rÈfugier
dans l'autarchie, c'est-ý-dire ý vivre en vase clos, sauf pour
les exportations qu'elle cherche, au contraire, ý dÈvelopper
cošte que cošte". [Duboin 35]
"Cette exaspÈration du nationalisme Èconomique gÈnÈralisÈ
s'est exprimÈ nettement ý la ConfÈrence monÈtaire et Èconomique
de 1933 ý Londres. RÈunis pour rechercher et trouver les bases
d'une collaboration interntionale, les pays y reprÈsentÈs ne
rÈussirent qu'ý faire ressortir leurs particularismes
intransigeants" [Henri]
"Ainsi s'unifient cÙtÈ ý cÙte une sÈrie de barbaries
nationalisÈes qui doivent un jour, faisant explosion, s'opposer
les unes aux autres en d'implacables et mortels conflits" [De
Launay]
"DÈjý, de tous cÙtÈs et malgrÈ tous les grands projets
d'entente douaniËre qui semblent un moment sur le point
d'aboutir, les frontiËres se ferment et se hÈrissent de
prohibitions ou de douanes. En attendant les Etats-Unis d'Europe,
toujours promis et toujours reculant dans les nuages, nous
voyaons les dÈbris de plus en plus fragmentaires des anciens
Etats s'envelopper jalousement de murailles de Chine" [De Launay]
"On compte sur la SociÈtÈ des Nations: pivot d'illusions et
de rÍves, sur lequel, au dire des optimises, doit sans heurts et
sans secousses tourner le monde futur" [De Launay]
La SociÈtÈ des nations "n'a -jusqu'ý prÈsent- que trop
prouvÈ son impuissance. Elle n'a pas su faire oeuvre crÈatrice."
[Henri]
6.3.6. La dÈvaluation et le taux de crÈdit
Keynes, rÈpartir des richesses
DÈvaluation anglaise
33, moratoire des banques aux US, dÈvaluation du dollar,
bandon de l'Ètalon or
37, 38 deuxiËme et troisiËme dÈvaluations franÁaises
"C'est en observant les dÈboires apportÈs par le systËme de
l'Ètalon-or, dans son application entre 1925 et 1930, que
certains en sont benus ý prÈconiser la dÈvaluation, c'est ý dire
la diminution du poids d'or dontenu dans l'Ètalon monÈtaire, ou
la monnaie sans support mÈtallique" [Henri]
"La dÈvaluation n'est pas capable d'Ètablir un nouvel ordre
Èconomique pour quatre raisons
1ƒ La dÈvaluation ne rÈsout pas la crise Èconomique
2ƒ La dÈvaluation ne rÈsout pas le problËme budgÈtaire ý
moins qu'elle soit accompagnÈe d'une trËs sÈvËre dÈflation
fiscale et budgÈtaire
3ƒ Puisque les dÈpenses se multiplietn, la dÈvaluation ne
diminue pas les charges fiscales
4ƒ L'inflation monÈtaire, sous quelque forme qu'on la
reprÈsente, y compris la dÈvaluaiton, ne peut provoquer le
dÈmarrage d'une Èconomie en faillite" [Henri]
Le salariat ne doit pas Ítre le seul ý souffrir des
restrictions qu'impose la situation. Il faut crÈer des conditons
favorables ý un abaissement du taux d'intÈrÍt du capital. Mais il
serait utopique d'espÈrer beaucoup de cette mesure car il faudra,
en mÍme temps, reprendre l'amortissemnet du matÈriel, notion trop
oubliÈe.
6.3.7. La planification
"Le libÈrlisme Èconomique, au moins au sens classique, est
dÈsuet. ... Avec le libÈralisme, nous nous trouvons en face d'un
enchevÍtrement de pignons, de ressors, et de manivelles, dont
aucun ne commande tout le systËme" [Henri]
"... dans une discipline qui s'appliquera ý l'organisation
de la production et de la rÈpartion... Seul un Etat indÈpendant
arbitrant en fin de compte des intÈrÍts incohÈrents... rejoignant
les principes qu'avait conÁus le Moyen Age... limitation du
nombre des maÓtres-artisans..." [Dautry]
URSS
systËmes planifiÈs de type socialistes [Besnard]
"La solution du collectivisme est ý Ècarter nettemnt"
[Henri]
"Le socialisme, quoiqu'il s'en dÈfende, nous conduit, si
l'on ne rÈagit pas contre lui, tout dorit au communisme, c'est ý
dire aux travaux forcÈs" [De Launay]
"L'Ètatisme et le protectionnisme plaisent ý quelques-uns
parce qu'ils permettent de rÈgenter, de surveiller, de dominer et
de constituer l'immense jeu de fiches reprÈsentant nos pensÈes et
nos actes, nos biens, nos revenus et nos dÈpenses..." [De Launay]
"Il est Èvident qu'il fallait couper la chaine au moment o˜
la ocncurrence devenant destructive, en organisant la productionL
"La libre ocncurrenece, sans danger quand les horizons sont
sans limite, devient mortelle en vse clos. Des expÈriencdes
rÈcentes dans l'industrie automobile ont montrÈ les mÈfaits de la
concurrence quand les marchÈs sont saturÈs. L'organisation
corporative pour parer aux consÈquecnes des nationalismes
Èconomiques devenait, vers 1920,, un impÈrtif absolu.
"En fait, plus que de la concentration, le chÙmage est le
fruit du dÈsordre professionnel."[Henri]
(le laisser faire)
"Pendant combien de temps des mÈcaniciens orthodoxes
sont-ils venus nous assurer qu'il ne s'agissait, en somme, que
d'une panne cyclique? Qu'il n'y avait donc lieu que d'attender
que le moteur de l'Èconomie mondiale veuille bien repartir tout
seul. Les partisans du laisser-faire ont-ils dÈsarmÈ?
On leur rÈpondra que les crises d'autrfois Ètaietn des
crises de disettes, provoquÈes prÈcisÈment parc quon manquait de
tout. Qu'il est donc un peu puÈril de les assimiler ý une crise
d'abondance ý laquelle on donne le nom de surproduction.
Que si de crises de surproduction se sont dÈjý produits, on
nen trouve aucune trace avant l'Ëre de l'Ènergie industrielle qui
commence avec l'invention de la machine ý vapeur, c'est ý dire ý
l'instant o˜ le gÈnie de l'hmme lui a permis d'utiliser les
forces naturelles qui dormaient dans les forÍts prÈhistoriques et
avec lesquelles il a dÈcidÈ les machines ý marcher toutes seules.
Et cela remonte ý peine ý 150 ans! Se baser sur une pÈriode aussi
courte pour Èdifier une loi Ètablissant la pÈriodicitÈ des crises
de surproduction, n'est-ce pas un petit peu prÈsomptueux?"
[Duboin 35]
6.3.8. La dÈcentralisation
au sens gÈographique et politique
"La petite vielle ou la ferme n'ont plus d'horizon. On y
Ètouffe. L'horizon idÈal, dont on rÍve, c'est le ciÈma,
Montmartre et les boulevards. Et les t’cezs bureaucratiques, ou
la sinÈcure du fonctionnare, sont prÈfÈrÈes au rude travail de la
campagne" [Henri]
"Administrativement, la monarchie peut dÈcentraliser, car
elle ne crait pas les dissociations qui guettent les rÈpubliques
faibles (exemple de l'Espagne)... une dÈcentralisation
matÈrielle, juridique et morale". [Henri]
"Comme l'a dit BarrËs, "la nationalitÈ franÁaise est faite
de nationalitÈs provinciales. Si l'une de celles-ci fait dÈfaut,
le caractËre franÁais perd un de ses ÈlÈments.
"Les institutions monarchiques permettront aux provinces de
vivre la vie originale et forte qui est leur raison d'Ítre. Elles
se reconstitueront rapidemnt, gr’ce ý la dÈcentraliastion
Èconomique, ý la crÈation d'assemblÈes des intÈrÍts rÈgionaux, ý
la renaissance des universitÈs provinciales, ý la dÈfense de la
littÈrature et des arts locaux.
"Les administrations centrales pourront alors rÈpartir
l'essentiel de leurs attributions entre les diverses provinces.
L'Etat recouvrera la libertÈ d'examiner ýlaoisir les problËmes
gÈnÈraux pour lesquels, ý l'exclusion de tous autres, il a reÁu
sa mission" [Henri]
"L'emploi du moteur Èlectriaue a rendu possible la
dÈconcentration de l'industrie et nous voyons dans cette tendance
un remËde au chÙmage" [Henri]
En 1936, Louis Renault installe sa premiËre usine
dÈcentralisÈe au Sud du Mans.
"LÈnine avait Ècrit: "L'ÈlectricitÈ, c'est le communisme".
Nous pensons qu'il parlait pour la Russie seulemnet, ou alors ils
s'est lourdement trompÈ, car l'emploi du moteur Èlectriaue a
rendu possible la dÈconcentration de l'industrie et nous voyons
dans cette tendance un remËde au chÙmage, donc aux ides
subversives, dont les progrËs sont fonction de la misËre des
hommes.
"Le principal avantage de cet Èparpillemnet des entreprises
rÈside dans le fait qu'il s'accompagne d'une dÈconcentration
bancaire, rendant impossible l'octroi de ces crÈdits inconsidÈrÈs
qui sont ý la base de la crise. Les banques rÈgionales et
locales, qui connaissent personnellemnet les moyens d'action et
les limites des entreprises qu'elles soutienne,nt, sont beaucoup
plus prudents pour accorder des crÈdits que les grandes banques
centralisÈes ý Paris. [Henri]
au sens organisationnel
"Dans l'organisation de votre travail, sachez ý la fois
concenter et dÈcentraliser" [Dautry]
peut se coupler avec le rÈgionalisme, le retour ý la terre
"Aujourdh'ui les dÈbouchÈs de l'industrie reprennent une
grande importance dans l'agriculture nationale; ils osnt fonction
des prix de vente des denrÈes alimentaires.
Il faut donc revaloriser celles-ci; renversant la tendance
des siËcles derniers, pour abaisser le niveau de vie des villes,
il faut Èlever celui des campagnes, ce mouvemnet de bascule
arrÍterait l'exode vers les villes et ý la vÈritÈ, seule une
civilisation nouvelle, plus rurale que citadine apporte un
horizon d'espÈrance." [Henri]
avec le corporatisme des monarchistes "Son programme est le
corporatisme rÈgional et national, avec le contrÙle et la
surveillance de l'Etat".
Ses consÈquences sont terribles pour l'vourirer parce qu'il
n'a que son salaire pour vivre. C'est pourquoi l'agriculture peut
connaÓtre la misËre mais elle ignore le chÙmage. Or, la
corporation, en faisant de l'ouvrier un "multicapitaliste"
participatnat au patrimoine corporatif, familial et personnel,
lui Èvite de compter sur la charitÈ publique dans les pÈriodes de
malheur.
(autarchie individuelle)
"La baisse gÈnÈrale du pouvoir d'achat... fait dÈsirer ý
certains hommes de pratique l'autarchie des individus... Une
petite maison et juste le terrain nÈcessaire pour me permettre de
vivre de mes lÈgumes, de ma base-cour! Ne plus connaÓtre, enfin,
les besoins d'argent qui empoisonnent l'existence"... Faisons lui
remarquer que le genre de vie qu'il rÈclame est prÈcisÈment celui
des BerbËres, au sud de Marrakech. Point n'est donc besoni
d'aller leur vanter les besoins de notre civilisation, si c'est
pour les rejoindre dans leur misËre. Mais, ý l'amateur
d'autarchie individuele, il n'st facile de dÈmonter qu'elle n'est
mÍme pas praticable en France en l'an de gr’ce 1935" [Duboin 35]
6.3.9. SpÈcialisation
"Le dÈfaut commun aux organisateurs et ý la plupart des
mortels, leur pÈchÈ mignon, est de regarder leur ouvrage avec des
oeillËres. L'ingÈnieur et le mÈcanicien ne considËrent que les
techniques, les machines et les procÈdÈs administratifs qui
augmentent une production brute, le psycho-technicien rÈservera
toutes ses faveurs aux problËmes psychologiques, le physiologiste
aux moteurs humains, le comptable ý la comptabilitÈ, etc. Le
difficile est de fire le tour complet d'un systËme travaillant
complexe, d'en examiner les aspects nombreux." [PonthiËre]
"Toute fonction doit avoir son organe"[PonthiËre]
6.3.10. Distinction programmable/non programmable
"Dans le cas o˜ le chef est complËtement informÈ par ses
bureaux, il lui suffit de dÈduire avec certitude une dÈcision
imposÈe par les faits, il fait acte d'administration
expÈrimentale. Dans les autres cas, quand l'incertitude lui
permet un choix ou quand sa passion l'empÍche d'entrendre son
bureau, il fait acte d'administration empirique, intuitive,
passionnÈe, qu'on appelle aussi "poligique" et qui serait le
privilËge du gouvernement." [Ponthiere]^
6.3.11. Le chef. Formation des Èlites
"Je demande aux techniciens de la machine de concevoir leur
rÙle d'une faÁon large, humaine, qui dÈpasse les exigences de
leur profession quotidienne... il faut que l'ingÈnieur soit
humain" [Dautry]
Le "Chef" obÈi et responsable est indispensble dans toute
entreprise, toute organisation de lutte, de travail ou de
production" [Dautry]
6.2.12. Un pacte social
"Pour conclure avec l'ouvrier un accord stable et fructueux
dont tout le monde profitera et pour susciter un nouveau pacte
social, cette atmosphËre de gÈnÈreuse allÈgresse... il ne
faudrait a-t-on dit, qu'un peu de bonheur et de propagande..."
[Dautry]
la croyance ý des solutions qui rÈsolvent tout, des systËmes
"Ce systËme... aura pour but de rÈaliser la synthËse des
intÈrÍts particuliers et tendra, par lý-mÍme, ý l'Ètablissemnet
d'un intÈrÍt gÈnÈral sur la base de la plus grande ÈgalitÈ
sociale." [Besnard]
"Tous les remËdes, tous les plans proposÈs pour ressusciter
le passÈ sont autant de devis de rÈparation ý effectuer sur
moteur qui est bon pour la ferraille.. Que manque-t-il donc aux
FranÁais pour Ítre, tous, plus riches qu'ils ne l'ont jamais ÈtÈ
Une lÈgislation de l'abondance remplaÁant toute la lÈgislation de
la raretÈ" [Duboin 35]
6.2.13. La guerre
Hitler
"... cet Ètat de malaise chronique o˜ l'on ne redoute plus,
o˜ l'on attend avec rÈsigantion une guerre devenue inÈvitable,
comme le soulagemnet d'un abcËs qui crËve" [De Launay]
"Combien de gens, avant 1914, dÈclaraient: "La guerre est
impossible, parce que les banques de tous les pays ont des
intÈr^ts trop enchevÍtrÈs... La finance ne pourrait pas arrÍter
la guerre, mÍme si elle le voulait. Elle a beau faÁonner
l'opinion Èlectorale par sa domination despotique sur la
presse... Ce qui l'intÈresse, ce sont les affires nouvelels, les
fournitures de guerre, les Èmissions, le jeu sur les variations
des changes, les spÈculations sur ces larges dÈplacements de
cours qu'amËnetn dans toutes les Bourses les pÈriodes critiques.
La solidaritÈ internationale joue pour s'en partager les profits,
non pour rÈduire ces profits en en tarissant la meilleure
source... Les assurances ne suppriment pas les sinistres. Quand
le commerce va mal, il arrive qu'elles les multiplient." [De
Launay]
"Les Bulgares, les Roumains, les Serbes et les Grecs ne sont
sortis du joug turc que pour se battre entre eux... La mode
chirurgicale n'est pas aux greffes, mais aux sÈparations de
frËres siamois, sauf ý ce que chacun des amputÈs occupe ensuite
un siËge ý GenËve" [De Launay]
6.2.14. L'humour
Diverses BD sur le machinisme (dÈjý, Robida)
Charlot
le film o˜ tout le monde ý l fin pÍche ý la ligne
Le refus et le passÈÔsme. Georges Duhamel.
La culure
"Pour reprendre les termes de Sorel, disons qu'on en est arrivÈ ý considÈrer la culture comme un produit de consommation, et non comme une activitÈ de production" [Rougemont 36] ... "SÈparation du peuple et des "gens cultivÈs", sÈparation de l'esprit et des pouvoirs rÈels, voilý le terme d'une Èvolution, ou miux d'une dÈcomposition dont nous sommes les victimes, par surcroÓt de malheur inconscientes. On peut rÈsumer dun seul mot les effets de cette dÈcadence: c'est un dÈsaisissement de la culture" [Rougemont 36]
"On voit maintenant l'importance dÈcisie de ce que j'appelle la commune mesure de la pensÈe et de l'action. On voit que cette commune mesure est l'essence mÍme de toute culture" (Rougemont 36]
6.2.15. Sublimation religieuse
bonne santÈ des couvents, Jeanne d'Arc
"Le rel’chemnet spirituel de l'individu, le dÈsir
d'accroÓtre le bien Ítre, de jouir un peu de la vie de la citÈ"
[Henri]
"L'homme moderne a perdu jusq'uý la notion, jusqu'au gošt de
la solitude et du silence" [De Launay]
"Il est un remËde d'un autre ordre (au chÙmage) dont
l'importance n'est pas moindre: il faut refaire l'Èducation
spirituelle de l'humanitÈ.
Le vrai responsable, c'est l'homme. C'est le capitaliste qui
voulait des dividendes et des intÈrÍts ÈlevÈs, c'est le financier
qui, pour toucher des commissions, envoyait l'industriel ý
l'abÓme, c'est l'industriel qui n'a pas su prÈvoir un destin
pourtant clair, c'est l'ouvrier qui voulait travailler toujours
en touchant toujours davantage. Est-il logique d'avoir tentÈ
d'exploiter le monde entier et de s'indigner en voyant les autres
se dÈfendre.
La machine est une invention humaine, c'est une chose, c'est
la chose de l'homme, celui-ci ayant un esprit, s'il n'avait pas
prostituÈ cet esprit, s'il n'Ètait pas devenu matÈrialiste, la
machine ne l'aurait pas asservi.
Les paroles du Testametn :"ConquÈrez la Terre" ne
signifiaietn pas que l'homme pourvait Ítre remplacÈ par
l'instrumetn qu'il arracherait ý la terre, mais qu'il devait s'en
servir pour allÈger sa t’che.
Demandons aux fauterus de ces dÈsordres un grand acte de
courage, qu'ils renoncent aux chimËres qui justifient leur
paresse, leurs gošts du lucre et leurs besoins de jouissance
exaspÈrÈs.
Devant les faits inÈluctables comme la restriction du rythme
Èconomique par la limitation des besoins alimentaires, l'homme,
sans renoncer aux avantages matÈriels, doit mÈditer et rechercher
un nouvel ordre donnant la suprÈmatie aux valeurs morales"
[Henri]
6.3.16. AutoritÈ, dictature, fascisme
"... chez les plus agissants de ces tout jeunes, un besoin
assez gÈnÈral de discipline qui contraste avec l'individualisme
et le libÈralisme des gÈnÈrations antÈrieures" [De Launay]
"C'est un dilemme: ou bien la RÈpublique reste dÈmocratique,
c'est la faillite; ou bien elle se rÈsout ý la dictature d'un
homme ou de quelqus uns, et ce n'est plus la DÈmocratie" [Henri]
"L'Anglais, qui garde comme nous la tradition surannÈe du
parlementarisme" [De Launay]
"Les rois subissaient jadis parfois des remontrances de
leurs parlements, tandis qu'aujourd'hui les parlements devenus
rois ne songent plus ý se morigÈner eux-mÍmes" [De Launay]
"De tous cÙtÈs on aspire vers l'autoritÈ, vers la
discipline, vers la dictature: que celle-ci doive Ítre d'ailleurs
exercÈe par un Mussolini, un Staline, un Mustapha Demal, un
Hitler, un Roosevelt, beaucoup moins diffÈrents dans el fond que
dans la forme" [De Launay]
"Puisque nous sommes vouÈs au despotisme, mieux vnt encore
la forme de Mussolini que celle de LÈnine" [De Launay]
Variante monarchiste: "FidËles hÈritiers d'une tradition
millÈnaire qui nous fut transmise de pËre den fils, nous voulons
forger, avec le peuple, le destin de la France" [Henri]
"C'est du cÙtÈ de la constitution mÍme de la sociÈtÈ qu'il
faut chercher la solution" [Henri]
"La dÈmocratie vit au jour le jour. La dictature ne pense
qu'au lendemain. La monarchie rËgle le prÈsent et prÈvoit
l'avenir" [Henri]
"L'Eglise, dont la doctrine a toujours ÈtÈ de rendre ý CÈsar
ce qui appartient ý CÈsar, c'est ý dire de servir, quels qu'ils
soient, tous les gouvernemnts Ètablis, a comrpis que le peuple
Ètait aujourd'hui le souverain et s'st appplique un peu
bruyamment ý encenser les dÈmocraties" [De Launay]
6.3.17. RÈduction du nombre des fonctionnaires
"La monarchie n'a pas besoin d'un corps de plus d'un million
de fonctionnaires pour assurer les Èlections" [Henri]
"L'Etat fort n'est pas et ne peut Ítre l'Etat apte ý toutes
les t’ches. La force ne lui vient que lorsqu'on l'a rÈintÈgrÈ
dans ses foncions propres et rendu compÈtent sans parage dans son
ordre.
Un pays ne saurait se prÈtendre rÈellemnet libre que si la
puissance publique y est rÈduite au minimum indispensable;
sÈcuritÈ intÈreirue et extÈrieure, justice impariale, finances
publiques saines" [Henri]
6.3.18. Minimum vital et action sur les bas salaires
"L'avenir du pays exige que tout FranÁais puisse fonder et
lever une famille. La richesse naturelle de notre pays, lorsqu'il
sera bien gÈrÈ, doi tpermettre d'amÈliorer la condition de
l'ouvrier. De mÍme, la garantie d'un minimum vital ý chaque
famille est la plus essentielle des rÈformes." [Henri]
Pour rÈsorber le chÙmage, il est visible que l'on est obligÈ
d'Èvaluer les salaires sur de nouvelles baes.
Il faut Ègaliser les conditions, reviser le standard de vie
gÈÈnral, en soulageant, avec les bÈnÈfices obtenus, la misËre des
chÙmeurs, non pas en leur accordant des secours, mais en leur
procurant n travail rentable. [Henri]
"Aujourd'hui mÍme, malgrÈ les expÈriences si nettes de
l'Allemagne et de l'Angleterre, un parti puissant ne veut-il pas
nous imposer l'assurance-chÙmage?
.
6.3.19. Politique nataliste
La production sans cesse dÈveloppÈe, il faut concevoir une
augemntation du nombre des consommateurs. Or l'enfant est un
consaommateur de premier ordre, car c'est un destructeur qu ne
produit rien jusqu'ý quinze ans.
"Vous croyez ý la surproduction, s'Ècriait Mussolinie. Il
n'y a pas de surproduction. Il y a une sous-consommation. La
dÈnatalitÈ est une des causes de la crise. Il faut avoir des
enfants, beaucoup d'enfatns. Moi, j'en ai cinq. L'enfant est un
consommateur remarquable car il dÈtruit tout: ses livres, ses
jouets, ses vÍtements: il mange! La vie Èconomique d'un pays
dÈpend de sa population. Croire qu'un peuple nombreux devient un
peuple pauvre est une erreur. Quand j'Ètais jeune, j'ai vÈcu dans
une province dÈpeuplÈe et misÈrable; aujourd'hui, elle est trËs
habitÈe, aussi la vie y est-elle plus facile. Les nations doivent
avoir beaucoup d'enfants si elles ne veulent pas mourir..."
Les paroles de l'Ancien testament: Croissez et multipliez,
reprennent une saisissante actualitÈ.
6.4. Femmes/fÈminisme
"L'Èmancipation fÈminine est un autre trait caractÈristique
du monde nouveau. Aux garÁons affirmatifs et imberbes se mÍlent
partout des jeunes filles aux jupes courtes et aux idÈes
longues...
"L'attitude que vont prendre les femmes dans les questions
politiques et sociales o˜ elles commencent ý intervenir
directemnet peut produire une rÈvolution comparable ý celle qui a
anÈanti le monde antique le jour jour o˜ le christianisme les a
fait sortir du gynÈcÈe. Le bulletin de vote n'st pour elles qu'un
moyen d'influence ajoutÈ ý beaucoup d'autres. Mais qui sant dans
quelle direction cette influence va s'exercesr? Ce ne sera pas, ý
coup sšr, dans le sens du calcul impartial et abstrait. Ne
va-t-il pas en rÈsulter un ÈlÈment de nervositÈ, de
sentimentalitÈ, ajoutÈ ý la la fÈbrilitÈ que les heures
angoissÈes de la guerre ont trop souvent introudites dans les
tempÈraments, au physique comme au moral" [De Launay]
"On verra sans doute se rÈaliser... cette Ègalisation, cette
identification de la femme ave c l'homme que l'on appelle
solennellemnet l'Èmancipation de la femme. Les femmes feront
alors de la politique, ni plus ni moins mauvaise que celle des
hommes, peut-Ítre seulemnt un peu plus impulsive, fÈbrile et
sentimentale. Mais, si l'on veut parler histoire naturelle,
l'Èvolution des Ítres semble plutÙt tendre ý leur spÈcialisation
qu'ý leur confusion et la diffÈrenciation des sexes dut
apparaÓtre ý son premier jour un progrËs quand ne connaissait
encore que des hermaphrodites. Il n'est donc pas ^sur que, dans
l'ensemble, l'humanitÈ gagne au dveloppement actuel des
androgynes". [De Launay]
"La culture intellectuelle que l'homme n'a plus le temps
d'acquÈrr, Ètant dÈsormÈs vouÈ ý la mÈcanique appliquÈe et aux
affaires, c'est la femme qui se l'assimile ý sa place...
Peut-Ítre ainsi saveront-elles quelque chose de notre histoire, de notre langue et de notre orthographe" [De Launay]^
7. Arts, lettres, jeux.
Sport. Jeux olympiques ý Los Angeles (32) et Berlin (36)
Musique
En 1937, disparaissent Ravel , Vierne et Gerschwin.
Jazz. Conferencia: classiques, surtout Chopin
Olivier Messiaen: le groupe de la Jeune France.
Peinture
Picasso (Guernica), Braque: cubisme, collage
Dali (surrÈalisme)
Marquet?
CinÈma.
Dr Jekyll et Mr Hyde (le livre date de 1885), Frankenstein,
L'homme invisible
Chaplin: Les lumiËres de la ville. Les temps modernes
W.C. Menzies: La vie future (cinÈma)
J. Renoir: La grande illusion.
CarnÈ: Quai des brumes
Philosophie.
ValÈry: Regards sur le monde actuel.
Bergson. Les deux sources de la morale et de la religion.
L'Èvolution crÈatrice
Carrel: L'homme cet inconnu. Aspect original que cette vue d'une Èlite d'hommes de 50 ans. Aujourd'hui fait peur par son Èlitisme et son eugÈnisme.
Encycliques Quadragesimo Anno, Divini Redemptoris, "Mit brennender sorge" (1937, aux Allemands)
1937. CatÈchisme ý l'usage de tous les diocËses
Le catholicisme
"Sous une apparence immuable et universelle qui constitue sa caractÈristique, le catholicisme poursuit une lente Èvolution, gr’ce ý laquelle il adapte peu ý peu sa forme extÈrieur, sinon son fond, ý la mentalitÈ des temps nouveaux.
"Il rÈpond, pour ceux que la politique seule ne satisfait pas, au besoin d'une discipline, d'une orthodoxie... Je ne crois pas qu'au moyen ’ge mÍme le mot d'ordre parti du Vatican ait ÈtÈ accueilli avec une soumission aussi docile qu'aujourd'hui. En tout cas, il n'en Ètait pas ainsi du seiziËme au dix-huitiËme
siËcle.
"En mÍme temps qu'elle st devenue plus rigide et plsu intransigeante sur les textes, l'Eglise a acquis dns les appliations une souplesse inusitÈe, o˜ on peut Ítre tentÈ de voire l'influence de l'esprit communÈment attribuÈ aux jÈsuites.
"L'Eglise se plie aux exigences nouvelles de la science et, convaincue avec raison q'ue, puisqu'elle reprÈpsente la VÈritÈ, elle doit en me^me temps enbloger toutes les vÈritÈs, elle se fait gloire aujourd'hui d'avoir des observatoires, des laboratoires, des Ècoles de langues orientales. Il n'est plujs question depuis longtemps de condamner GalilÈe, et je ne sis si
l'Èvolution darwinienne elle-mÍme, rigidement proscrite par le protestantisme amÈricain, n'est pas aujourd'hui tolÈrÈe ý Rome. L'enseignemnet de la chaire ne tonne plus guËre contre des doctinre mÍme trËs audacieuses; l'ÈlectricitÈ, la T.S.F. et les haut-parleurs ont pris leur place dans les cathÈdrales. La morale joue un rÙle de plus en plus important dans l'enseignemnet
courant au lieu de la thÈologie et du dogme. [De Launay]
"Mais le changemnet le plus manifeste... est relatif aux doctrines sociales, dont la place tend chaque jour ý envahir davantage l'activitÈ des prÍtres et des fidËles. [De Launay]
LittÈrature
Bernanos: Les grands cimetiËres sous la lune
CÈline: Voyage au bout de la nuit
Chokolov: Terres dÈfrichÈes
T.S. Eliot: Meurtre dans la cathÈdrale
Eluard: Chanson complËte
Gide: Retour d'URSS, Journal
Hemingway: Pour qui sonne le glas
Huxley: Brave Hew World. Discussion:
- il a raison en ce sens que l'hÈdonisme, l'hygiene, a gagnÈ, et les hÈros comme son sauvage inspirent moins la sympathie qu'ý l'Èpoque
- par contre erreur sÈrieuse sur le besoin d'epsilonnes; nous en avons eu besoin ý une certaine Èpoque, et nous l'avons rÈsolu par l'immigration, mais maintenant les choses vont en sens inverse
J¸nger: Les falaises de marbre
Llorca: La maison de Bernarda Alba
Malraux: La condition humaine, L'espoir (guerre d'Espagne)
Mauriac: Le noeud e vipËres
Giraudoux: La guerre de Troie n'aura pas lieu.
Romains: les hommes de bonne volontÈ (Premier volume).
Salarcrou: Histoire, La terre est ronde
Sartre: La nausÈe, Le mur
Steinbeck: Des souris et des hommes, Les raisons de la colËre
Les Tharaud
Toynbee: DÈbut de la Study of History
Jeux
Le Trente et Quarante ý nouveau autorisÈ en France
Pierre Albarran, progrËs du bridge
Doctrines politiques
La science, inspiratrice de modËles philosophiques (notamment de l'histoire)
"Les ÈvÈnements ne sont pas poussÈs en ligne droite par un piston, mais entraÓnÈs dans des courbes comliquÈes par un jeu d'engrenages auxquels commande la perforation d'un carton invisible" [De Launay]
"Il ne faut pas trop reprocher au monde moderne un mouvement perpÈtuel qui manifeste sa vie. D'ailleurs le monde moderne ne se compare pas, lui, ý un pendule, mais ý un projectile. Ils est bien trop convaincu que sa trajectoire, pourvu qu'elle soit suffisamment tendue, doit l'emporter vers le progrËs. [De Launay]
"Dans l'ahurissemnet causÈ par le perpÈtuel dÈfilÈ de toutes ces formes changeantes que prennent et aboandonnent nos conceptions, nos dogmes, nos principes, nos illusions, cette nouvelle forme de crÈdulitÈ ý base d'algËre ou de physique a simplement pris la place des anciennes" [De Launay]
Marxisme/capitalisme
J.H. Keynes: ThÈorie gÈnÈrale de l'emploi, de l'intÈrÍt et de la monnaie.
DÈsirs de solutions de synthËse
(les valeurs) "ne permettent pas plus de condamner en bloc le capitalisme ou le libÈralisme... que ce qu'il y ade genÈreux dans les lois sociales, de juste dans le syndicalisme, de raisonnable dan sla dÈfintion par la puissance publique des bases harmonieuses de l'Èconomie nationale" [Dautry]
Pour une science de l'homme [Dautry], faisant Ècho ý Carrel et ý ValÈry:
"Cette science de l'homme et cette organisation de la vie de l'homme... Science qui permettra de dÈfinir, non plus seulement ý quelles conditions physiques, mais ý quelles conditions mentales, spirituelles, morales, Èconomiques, civiques, l'homme peut s'adapter harmonieusement au monde moderne, c'zets ý dire y vivre heureux, ÈquilibrÈ, dÈsireux de s'y reproduire. Organisation qui rÈalisera pour l'homme un milieu en harmonie avec ses
potentialitÈs.
9. Politique gÈnÈrale
International
Une sociÈtÈ des nations
1932. Ouverture de la confÈrence du dÈsarmement. Abandon des rÈparations ý la confÈrence de Lausanne.
ConfÈrence de Stresa. Pacte de non-agression franco-soviÈtique. La France refuse de rembourser ses dettes aux Etats-Unis.
France, Allemagne, Italie, Angleterre signent un pacte ý quatre. Entrevue Hitler-Mussolini ý Venise. Echec de la confÈrence du dÈsarmement. L'URSS admise ý la SDN.
"On voit, dËs aujourd'hui, les Etats-Unis exercer leur action sur la politique europÈenne et le Japon tenir sa place ý cÙtÈ des grandes puissances". L'Europe, prise dans un Ètau, est mnacÈe ý la fois par les Yankees et par les Scythes, en attendant que les noirs d'Afrique s'arment ý leur tour". [De Launay]
"... la vapeur, en changeant les conditons de la navigation, a fait sortir la civilisation de l'orbite europÈenne et rÈduit l'Atlantique aux proportions d'un vaste fossÈ pareil ý celui que constituait prÈcÈdement, pour les navires ý voile, la MÈditerranÈe entre l'Europe et l'Afrique. L'Atlantique ayant pris
la place de la MÈditerranÈe avec son orienation nord-sud et non plus est-oues, on a assistÈ alors l'intervention croissante des Septentrionaux, anglais et allemnants, intervention facilitÈ par la richesse exceptionnelle en houille que le hasard des temps primaires avait attribuÈe ý ces mÍmes pays" [De Launay]
1935. Accord franco-italien de Stresa. TraitÈ d'assistance mutuelle entre l'URSS et la France. Entre l'URSS et la TchÈcoslovquie. Accord naval anglo-allemand.
France
Assassinat de Doumer. Albert Lebrun, prÈsident de la RÈpublique
34. En France, ministËre Daladier. Manifestation et fusillade place de la concorde. MinistËre Doumergue.
36. Victorie du front populaire aux Èlections franÁaises. GrËves avec occupation d'usines. MinistËre Blum.
Allemagne Faillite du Kreditanstalt de Vienne. L'Allemagne suspend ses paiements internationaux.
RÈÈlection de Hindenbourg, mais Hitler obtietn 36,8% des voix. MinistËre Papen. Entrevue Hindenburgh-Hitler. MinistËre Sleicher.
Dollfuss, chancelier d'AutricheHitler liquide par l'assassinat Roehm et les opposants internes. Shacht ministre de l'Èconomie du Reich. Mort de Hindenburgh. Hitler maÓtre absolu du Reich.
Emeutes socialistes de Linz et Vienne. Assassinat de Dollfuss.
34. Hitler opte pour l'alliance du grand capitalisme. Il devient chancelier du Reich. Incendie du Reichstag. Ouverture des camps de concentration. Hitler se fait donner les pleins pouvoirs. PremiËre journÈe officielle antisÈmite. Le parti nazi, parti unique. L'Allemagne quitte la confÈrence du dÈsarmement et
la SDN. PlÈbiscite massif en faveur de Hitler.
35. PlÈbiscite en Sarre, qui retourne ý l'Allemagne. Hitler rÈtablit le service militaire obligatoire. Lois racistes de Nurenberg
Dollfuss interdit le parti communis te et le parti nazi en Autriche.
Grande famine en URSS
36.Hitler dÈnonce le traitÈ de Locarno et fait occuper la RhÈnanie. signature du pacte anti-Komintern nippo-allemand. Les Italiens prennent Addis-Abeba. Abrogation des sanctions contre l'Italie.
38. Hitler, chef suprËme de la Reichswehr. Schussnigg chancelier d'Autriche, sommÈ ý Berlin. L'Anschluss. Hitler ý Vienne.
Angleterre
36. Mort de George V. Edouard VIII, il abdique. George VI.
L'Angleterre abandonne l'Ètalon-or, puis le libre-Èchange
"L'Angleterre, avec ses millions de chÙmeurs dont ni la faillite de la livre sterling ni l'abandon du libre Èchange n'ont jusqu'ici rÈussi ý rÈduire sensiblement le nombre, arrive ý une Ètape douloureuse de don histoire que l'orgueil britannique s'obstine ý croire momentanÈe. Elle a trouvÈ, depuis un siËcle, trËs habile de faire bande ý part en Europe pour soutenir tantÙt
l'un, tantÙt l'autre, suivant son intÈrÍt du jour. De mÍme elle abandonne aujourd'hui l'Europe pour coqueter avec les Etats-Unis, c'est ý dire pour s'incliner devant ses anciens sujets rebelles. Mais elle pourrait bien un jour assez prochain s'apercevoir qu'elle n'est plus assez grande ni assez riche et que le fossÈ de la Manche n'est plus assez large pour lui permettre de continuer ce jeu de bascule ÈgoÔste impunÈment" [De Launay]
Italie
35. L'Italie attaque l'Ethiopie. La SDN vote des sanctions contre l'Italie.
Espagne-Portugal. Elections rÈpublicaines et Èmeutes anticlÈricales en 1931. Abdication et exil d'Alphonse XIII. Zamora, prÈsident de la RÈpublique. Salazar, prÈsident du conseil portugais. SoulËvement de Sajurjo ý SÈville.
1936. Victoire contre le Frente Popular aux Èlections espagnoles. Asana prÈsident de la rÈpublique. SoulËvemnet du gÈnÈral Franco. La nationalistes prennent Badajoz et massacrent les gouvernementaux, enlËvent Irun, mais Èchouent devand Madrid. RÈunion d'une commission de non intervention ý Londres.
ExtrÍme-orient
Les Japonais occupent la Mandchourie
Les Japonais crÈent le Mandchoukouo, dÈbarquent provisoirement ý Changhai, occupent le Jehol, le Ho-Pei, quitte la SDN
Chang Kai Chek prÈsident de la rÈpublique chinoise.
37. Les Japonais occupent PÈkin. Pacte sino-soviÈtique. Les Japonais
occupent Changhai, Nankin.
"Le Japon, lui trËs civilisÈ, trËs au courant de nos industries, peut diriger et pousser en avant une partie de la masse chinoise" [De Launay]
AmÈrique du Nord
Election de FD Roosevelt ý la Pce des USA
"Le premier signe de vieillissement qui frappe aux Etats-Unis est l'exclusivisme de plus en plus marquÈ qui leur fait ý la fois fermer leurs frontiËres devant les immigrants comme devant les marchandiss et s'efforcer de les franchir Èconomiquemnt ou militairemnet pour envahir les pays voisins" [De Launay]
"D'o˜ vient, pour eux, la meenace dont la rÈalisation ser l'affaire du XXe siËcle? En partie des anciens peuples qu'ils voudraient outrageusement piller et qui n'ont pas renoncÈ ý vire: de l'Europe qui finira bien par se grouper conre eux, mais surtout des peuples nouveaux dont l'appÈtit s'aiguise et dont les dens posussent" [De Launay]
(nots sur les noirs amÈricains [De Launay] p. 100=
AmÈrique du Sud
Guerre du Chaco entre la Bolivie et le Paraguay
$$$
Premier des grands procËs de Moscou: exÈcution de Zinoviev e de Kamenev.
"La mesure effective ý quoi s'ordonne toute la construction russe n'est plus la doctrine orthodoxe, dont les marxistes d'Occident se sont faits les conservateurs. C'est un plan beaucoup plus opportuniste que doctrinal, plus "russe" et plus lÈniniste que marxiste, et qui comporte mÍme une nÈgatio prÈcise de la croyance originee en l'Èvolution "mÈcanique" " [Rougemont 36]
RÈÈlection de FD Roosevvlet ý la prÈsidence des Etats Unis.
1937. Condamnation de Radek et des accusÈs du second procËs de Moscou.
Pacte italo-yougoslave. Nouvelle constitution indienne. amendement casth and carry au Neutrality act. Bombardement d'Almeria par l'armÈe allemande. ExÈcution du marchÈal Toukhatechvsky. Prise de Bilbao par les franquistes. L'allemagne et l'Italie quittent la confention de non intervention. Les
franquistes prennent Jihon.
AdhÈsion de l'Italie au pacte anti-Komintern. 1938.
TroisiËme procËs de Moscou. condamnation et exÈcution de Boukharine.
Mobilisation tchËque contre les menaces hitlÈriennes. Mission de lord Runciman en TchÈcoslovaquie. Rupture entre le parti nazi des SudËtes et Prague. Entreveus Chamberlain-Hitler de Berchtesgaden et de Godesberg. Entrevue et accords de M¸nich.
Les Japonais ý Canton. La Hongrie occupe une partie la Slovaquie.
Mort de KÈmal Ata Turk. Ismet Inonu lui sucËs.
DÈclaration franco-allemnde de Paris. Musslini dÈnonce des accords franco-italiens de Rome.
1939. Franco prend Barcelone. Mgr Tiso proclame l'indÈpendance de la Slovaquie. Hitler occupe la TchÈcoslovaquie.
Garantie anglaise ý la Roumanie. La Lithuanie doit cÈder Memel au Reich. Franco prend Madrid. Garantie anglaise ý la Pologne. et ý la GrÍce.
Hitler dÈnonce l'accord naval anglo-allemand et l'accord germano-polonais. Garantie anglaise ý la Turquie. alliance militaire germano-italienne dite pacte d'acier.
Les Etats-Unis dÈnoncent leur traitÈ de commerce avec le Japon.
Wang Tsing Wei constitue ý Nankin un gouvernemnt pro-japonis.
Mission militaire franco-britannique ý Moscou. Pacte de nonagression germano-soviÈtique.
Invasion de la Pologne par l'armÈe alleamdne. DÈclaration de non-belligÈrance italienne. La France et l'Angleterre dÈclarent la guerre ýl'Allemagne. NeutralitÈ amÈricaine. EntrÈ de Chrchill et D'Eden dans le gouvernemnte britannique. Invasion de la Pologne par l'armÈe rouge. Capitulation de la Pologne. Son partage, le cinquiËre de l'histoire, enre le Rich et l'URSS.
Atatque de la Finland par les Russes. L'URSS exclue de la SDN. A l'Ouest, la "drÙle de guerre".
1940. TraitÈ russo-finlandais. Invasion du Danemark et de la NorvËge par les Allemands. Gouvernement Quizling en NorvËge. Invasion de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg par le sAllemands. PercÈe alemande ý Sedan. Capitulation hollandaise. Capitulation belge. Bataille de Dunierque. EntrÈe en guerre de l'Italie.
Les Allemands ý Paris. PÈtain, chef du gouvernement franaÁs. Appel du gÈnÈral de Gaulle. Armistice franco-allemand et franco-italien. L'URSS occupe la Bessarabie et la Bukovine Affaire de Mers el Kebir. PÈtain invsti du pouvoir constituant.
Estonie, Lettonie et Lithanie annexÈes ý l'URSS.
Bataille aÈrienne d'Angleterre.
L'AEF, sous EbouÈ, se rallie ý de Gaulle
Service militaire obligatoire aux Etats-Unis.
Offensive italiene en Libye. Ultimatum japonais ý la France sur l'Indochiene. Entrevue Hitler-PÈtain ý Montoire.
DÈfense de Saumur
Pacte tripartite. attque italienne contre la Grece. Attaque thaÔlandaaise contre l'Indochine franÁaise. l'armÈe allemande occupe la Roumanie. RÈÈlection de FD Roosevelt.
ANNEXE 2. Bibliographie
BDIC. 47 21 40 22
lundi de 12H30 18H
mardi-vendredi 10H 18H
Samedi 9H 18H
Conferencia
L'Illustration
article Marcel PrÈvost
The Ignorance of Bourbaki. A.R.D. Mathias. The mathematical intelligencer, vol 14 no 3 1992 Springer Verlag
...
AISBERG Eug. : La transmission des images. TÈlÈvision et phototÈlÈgraphie. Principes fondamentaux. Chiron, Paris, 1930.
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